Environ un tiers des membres de la Knesset qui entreront en fonction lors d’une cérémonie spéciale, mardi, sont des nouveaux venus au Parlement israélien.

Parmi eux, cinq ont dû renoncer à leur citoyennetés non-israéliennes avant de faire le serment de servir le peuple d’Israël.

La nécessité d’abandonner une citoyenneté non israélienne n’a pas pris par surprise Rachel Azaria (Koulanou) Ksenia Svetlova (Union Sioniste), Haim Yalin (Yesh Atid), Adbullahd Abu Maaruf (la Liste arabe unie) et Yoav Kisch (Likud).

Tandis que les Israéliens peuvent être des binationaux, une Loi fondamentale adoptée en 1958 stipule que les membres de la Knesset ne peuvent pas faire serment d’allégeance en tant que parlementaires si leur citoyenneté étrangère n’a pas été révoquée selon les lois du pays en question.

Sveltova et Abu Maaruf ont renoncé à leur citoyenneté russe. Svetlova, 37 ans, journaliste en charge des affaires arabes et doctorante de l’Université Hébraïque, a immigré en Israël, de Russie, à l’âge de 14 ans. Abu Maaruf, âgé de 50 ans, un membre de la communauté druze, a étudié la médecine en Union Soviétique et est l’un des premiers médecins à pratiquer la médecine dans le village de Yarka.

Hayim Yalin, le chef du Conseil régional d’Eshkol, à la frontière de Gaza depuis 2007, était un visage connu sur les programmes télévisuels d’information, l’été dernier, lors de l’opération Bordure protectrice. Yalin, 56 ans, a abandonné sa citoyenneté argentine. Il s’était installé en Israël à l’âge de 18 ans.

Kisch, un pilote de 46 ans et petit-fils du brigadier Frederick Hermann Kisch, le plus haut gradé juif à avoir servi dans l’armée britannique, a abandonné son passeport britannique. Frederick Kisch était aussi un important dirigeant sioniste, ayant rejoint l’Organisation sioniste mondiale en 1922, il dirigeait le département politique de l’exécutif sioniste jusqu’à ce que Haim Arlosoroff lui succède.

Azaria, une assistante du maire de Jérusalem, âgée de 38 ans, a renoncé à sa citoyenneté américaine qu’elle avait obtenue parce que sa mère était née aux Etats-Unis.

Rachel Azaria (Crédit : Autorisation de Rachel Azaria/Facebook)

Rachel Azaria (Crédit : Autorisation de Rachel Azaria/Facebook)

« Ma mère avait fait son alyah à 18 ans. Après ma naissance, elle m’avait obtenue la citoyenneté américaine. Même si je n’ai jamais vécu aux Etats-Unis, j’y ai voyagé régulièrement pour rendre visite à ma famille », a déclaré Azaria au Times of Israel lundi.

Malgré le fait qu’elle se qualifie elle-même de « sioniste fière » et veut servir comme une parlementaire israélienne, Azaria admet qu’avoir renoncé à sa citoyenneté américaine et abandonné son passeport américain (qu’elle avait toujours conservé valide) l’a fait réfléchir.

« C’était émouvant, a-t-elle déclaré. J’ai toujours la part anglo-américaine de mon identité. Le renoncement officiel était juste une formalité. »

Azaria a dû participer à deux entretiens au consulat américain de Jérusalem et payer une pénalité de renoncement de 2 350 dollars.

« Ils ont été très gentils, mais ils voulaient s’assurer que je comprenais totalement les conséquences », a déclaré Azaria qui ne pourra pas obtenir à nouveau sa citoyenneté américaine. Azaria peut toujours visiter le pays, mais elle aura besoin d’un visa pour le faire.

Il y a deux ans, avec la 19e Knesset, ils étaient aussi cinq nouveaux députés à avoir dû abandonner des citoyennetés étrangères afin d’entrer en fonction. Comme Azaria, deux d’entre eux, le chef d’HaBayit HaYehudi Naphtali Benett et le rabbin Dov Lipman de Yesh Atid ont abandonné leurs passeports américains.

A l’époque, Lipman, né dans le Maryland, avait écrit sur sa page Facebook « Je remercie les Etats-Unis d’Amérique pour mes 41 ans de citoyenneté et pour tout ce qu’ils ont fait pour ma famille et pour m’avoir aidé à me préparer pour l’élection de la Knesset et pour mon remarquable nouveau statut, exclusivement israélien, qui semble si bon. »

Lipman, que beaucoup d’Israéliens anglophones considéraient comme leur représentant à la Knesset, n’a pas remporté de siège aux dernières élections. Il a cependant promis de continuer à suivre les questions importantes sur lesquelles il a travaillé en tant que député, dorénavant hors du Parlement.

The rabbi and the rock: Dov Lipman in his Knesset office (photo credit: Courtesy)

Dov Lipman (Crédit : autorisation)

Michael Oren, un autre député de Koulanou, sait ce par quoi vient de passer sa collègue Azaria. Il a dû renoncer à sa citoyenneté américaine en 2009, lorsqu’il est devenu ambassadeur d’Israël aux Etats-Unis. Il est resté en fonction jusqu’en 2013.

Contrairement à Azaria qui n’a jamais vécu aux Etats-Unis, Oren a grandi dans la banlieue du New Jersey et a étudié aux universités de Columbia et de Princeton. Bien qu’il ait passé la plus grande partie de sa vie d’adulte en Israël, il a déclaré se considérer profondément américain.

En 2009, Oren a déclaré au New York Times que la chose la plus dure pour devenir un ambassadeur israélien a été d’abandonner sa citoyenneté américaine.

Il a déclaré que c’est grâce au soutien d’amis à l’ambassade américaine de Tel- Aviv qui « sont restés avec moi et m’ont pris dans leurs bras quand c’était fini » qu’il est parvenu à assister à la cérémonie.