Le Premier ministre Benjamin Netanyahu devrait être interrogé par la police jeudi, dans le cadre de l’élargissement des enquêtes portant sur des allégations de corruption à son encontre, qui incluent l’acceptation de cadeaux illégaux d’hommes d’affaires étrangers.

Le Premier ministre a nié avoir commis tout acte répréhensible.

Les interrogateurs de l’unité anti-corruption Lahav 433 l’interrogeront à la résidence du Premier ministre à Jérusalem. Ce sera son premier interrogatoire depuis mars et sa cinquième session depuis qu’il a été désigné comme un suspect à la fin de l’année dernière.

Netanyahu doit faire face à deux enquêtes criminelles distinctes, appelées l’Affaire 1 000 et l’Affaire 2 000.

L’affaire 1 000 tourne autour de prétendus cadeaux illicites offerts à Netanyahu et à sa famille par des bienfaiteurs milliardaires, notamment l’équivalent de milliers de shekels en cigares et en champagne qu’ils ont acceptés de la part du producteur hollywoodien d’origine israélienne Arnon Milchan.

Netanyahu et sa femme, Sara, ont nié que le fait d’accepter ces cadeaux constituait une infraction criminelle, affirmant que la valeur de ces cadeaux était significativement inférieure à ce qui avait été annoncé. Ils ont affirmé que ces cadeaux n’étaient que de simples « bagatelles » échangées entre amis proches.

Benjamin Netanyahu, Shimon Peres et le producteur Arnon Milchan lors d’une conférence de presse, en 2005 (Crédit photo: Flash90)

Plus tôt cette semaine, l’ambassadeur d’Israël aux États-Unis, Ron Dermer, aurait été interrogé par la police dans le cadre de cette enquête.

Dermer, considéré comme un proche collaborateur de Netanyahu, a confirmé à la police qu’à la demande du Premier ministre, il a demandé au secrétaire d’Etat de l’époque John Kerry de l’aide pour obtenir un visa pour Milchan, selon la chaîne Hadashot.

La chaîne de télévision a également signalé que le Département d’Etat américain empêchait les enquêteurs israéliens de recueillir le témoignage de l’ancien ambassadeur des Etats-Unis en Israël, Dan Shapiro, au sujet de la demande de visa.

L’affaire 2 000 est centrée sur un prétendu accord illégal entre Netanyahu et l’éditeur et propriétaire du Yedioth Ahronoth Arnon « Noni » Mozes. Le Premier ministre aurait promis à Mozes qu’il ferait avancer une législation pour réduire la distribution du journal gratuit Israel Hayom, l’un des principaux concurrents du Yedioth, en échange d’une couverture plus favorable du Yedioth envers Netanyahu.

Mercredi, dans le cadre d’efforts législatifs, qui selon ses critiques sont liés à l’enquête sur Netanyahu, les législateurs ont fait avancer un projet de loi qui interdirait à la police de donner aux procureurs leur avis sur le dépôt des requêtes d’accusations criminelles contre des suspects à la fin d’une enquête.

La proposition controversée du député du Likud, David Amsalem — dénoncée par la police, le procureur général et le procureur général — a fait l’objet d’une lecture préliminaire à la séance plénière de la Knesset avec 52 législateurs qui ont voté pour et 42 députés qui ont voté contre.

David Amsalem, à gauche, député du Likud, et Alsheich, chef de la police israélienne, à la Knesset,le 11 juillet 2017.(Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Bien que la police ne recommande pas expressément de déposer des actes d’accusation contre un suspect, elle fournit aux procureurs un résumé qui indique s’il existe des preuves suffisantes pour établir qu’un crime a été commis.

Le projet de loi est considéré comme faisant partie d’une série d’efforts législatifs menée par des politiciens de la coalition qui vise à rendre plus difficile pour les procureurs la mise en accusation de fonctionnaires et pour faire pression sur la police à propos des enquêtes sur Netanyahu.

Les enquêteurs de la police devraient également fixer une date pour que Netanyahu témoigne comme témoin dans l’affaire 3 000, une enquête sur des faits de corruption présumés de hauts fonctionnaires, parmi lesquels plusieurs associés du Premier ministre, dans la décision d’Israël d’acheter des sous-marins allemands.

Dans une tentative apparente d’empêcher la police de faire de Netanyahu un suspect dans l’affaire 3 000, et potentiellement aussi mettre fin aux cas 1000 et 2000, Amsalem avait initialement proposé un projet de loi qui accorderait aux Premiers ministres l’immunité contre les enquêtes pour corruption.

Malgré les menaces des législateurs du Likud de faire tomber le gouvernement si ce projet de loi ne passait pas, la proposition a été mise en suspens après des désaccords au sein de la coalition.

Marissa Newman et Raoul Wootliff ont contribué à cet article.