Le ministre de l’Intérieur Aryeh Deri est arrivé lundi aux bureaux de l’unité de police anti-corruption Lahav 433, à Lod, convoqué pour une cinquième série d’interrogatoires dans le cadre d’une enquête en cours sur des soupçons de corruption nourris à son encontre.

Deri est soupçonné d’avoir détourné des centaines de milliers de shekels de fonds publics qui étaient destinés à des ONG dirigées par des membres de sa famille immédiate, ainsi que de fraude fiscale présumée en liaison avec des ventes d’appartements à son frère.

Lors de précédents interrogatoires au mois de juillet et au mois d’août, les enquêteurs ont posé des questions à Deri et à son épouse, Yaffa, qui dirige deux organisations incriminées – Mifalot Simcha et Yehudia Yaale – qui ont bénéficié de fonds publics.

Le couple pourrait être accusé de vol, de fraude et d’évasion fiscale.

Yaffa Deri est soupçonné d’avoir utilisé de l’argent qui aurait été donné à ces organisations non-gouvernementales pour acheter des biens immobiliers. Elle s’était jointe à son mari lors de deux des trois séries précédentes d’interrogatoires.

Cette enquête est menée conjointement par la police israélienne, la division chargée du contrôle fiscal sur les revenus de Tel Aviv – qui dépend de l’Autorité fiscale – et par l’Autorité en charge du blanchiment d’argent et de l’interdiction du financement du terrorisme au sein du ministère de la Justice, sous le contrôle du procureur général.

La résidence secondaire du ministre de l'Intérieur Aryeh Deri à Safsufa, dans le nord d'Israël. (Crédit : capture d'écran Deuxième chaîne)

La résidence secondaire du ministre de l’Intérieur Aryeh Deri à Safsufa, dans le nord d’Israël. (Crédit : capture d’écran Deuxième chaîne)

Le couple a été interrogé après lecture de ses droits.

Aryeh Deri a nié toute malversation de sa part ou de celle de son épouse et a indiqué que tous deux « donneraient des réponses à toutes les questions » et coopéreraient pleinement avec l’enquête.

« Nous n’avons aucun doute sur le fait que tout ira bien et se finira bien avec l’aide de Dieu », avait écrit Deri avant la dernière série d’interrogatoires, le 8 août.

Au mois de juin, le procureur de l’Etat Shai Nitzan avait promis que l’enquête de police « serait supervisée jusqu’à la fin ».

Deri a déjà effectué 22 mois de prison de 2000 à 2002, après qu’il a été reconnu coupable d’avoir accepté des pots-de-vins dans les années 1990 alors qu’il était ministre de l’Intérieur.

Il avait reconquis la direction du parti Shas peu avant les élections de 2015 à la Knesset, remplaçant Eli Yishai. Il avait repris le portefeuille du ministère de l’Intérieur début 2016 après qu’un jugement du tribunal a statué que sa condamnation antérieure ne le disqualifiait pas à ce poste.

L’enquête menée par police et l’Autorité fiscale sur ces allégations a débuté au mois d’avril 2016, se concentrant dans un premier temps sur des biens immobiliers appartenant à Deri et à des membres de sa famille qui n’avaient pas été signalés, notamment une maison de vacances dans le nord d’Israël et des appartements qui étaient la propriété de chacun de ses neufs enfants.

Mikhael Mirilashvili, homme d'affaires et philanthrope israélo-géorgien. (Crédit : capture d'écran YouTube)

Mikhael Mirilashvili, homme d’affaires et philanthrope israélo-géorgien. (Crédit : capture d’écran YouTube)

En plus d’interroger le couple Deri, la police a placé en détention 14 personnes en liaison avec cette enquête. Parmi elles, l’homme d’affaires et philanthrope israélo-géorgien Mikhael Mirilashvili et plusieurs hauts-responsables du ministère du Développement du Negev et de Galilée, qui est aussi dirigé par Deri.

Au centre de l’investigation, Mifalot Simcha, une ONG dont la directrice depuis 18 ans est Yaffa Deri. L’organisation s’occupe des institutions d’éducation pour les filles et, selon des informations, emploie également trois filles du couple.