Citant son désir d’éviter de nuire aux intérêts des relations diplomatiques de la Suisse, le ministère des Affaires étrangères du pays retient des informations sur le financement suisse des promoteurs du boycott d’Israël.

Un responsable du département fédéral des Affaires étrangères a transmis ce refus inhabituel et ses explications ce mois-ci à NGO Monitor, une association israélienne qui collecte et publie des informations sur le financement des organisations qui se décrivent comme des associations de défense des droits de l’Homme ou d’autres ONG actives en Israël et dans les territoires palestiniens.

NGO Monitor avait demandé en octobre au ministère suisse des Affaires étrangères de remettre des informations sur son allocation de financements à NIRAS Nature AB, une firme suédoise qui gère les financements du ministère au Secrétariat des droits de l’Homme et de l’humanitaire international. Mis en place par la Suisse et trois autres pays européens, ce secrétariat finance des associations palestiniennes, y compris celles qui promeuvent le boycott.

Le ministère suisse des Affaires étrangères a cependant refusé de transmettre ces informations à NGO Monitor et à une autre partie qui s’était déclaré intéressée par le financement.

« Nous devons rejeter cette demande », a écrit un conseiller juridique du ministère dans un e-mail adressé à NGO Monitor le 11 janvier, en accord avec une disposition qui établit que « le droit d’accès doit être limité, retardé ou refusé si un tel accès à un document officiel peut affecter les intérêts de la Suisse en matière de politique étrangère et de relations internationales », a écrit le conseiller juridique.

Le refus du ministère de remettre les documents fait l’objet d’un recours. Plusieurs gouvernements européens ont été réticents à donner des informations détaillées sur leur financement du militantisme palestinien. Cependant, un refus citant des intérêts diplomatiques est inhabituel pour des gouvernements européens qui s’engagent à la transparence.

Les financements du secrétariat, dont les dépenses sont couvertes par la Suisse, les Pays-Bas, la Suède et le Danemark, ont permis de produire une propagande anti-Israël, selon NGO Monitor.

Une manifestation du BDS devant l'université de Wits à Johannesburg, en Afrique du Sud. Illustration. (Crédit : Twitter/Power987)

Une manifestation du BDS devant l’université de Wits à Johannesburg, en Afrique du Sud. Illustration. (Crédit : Twitter/Power987)

L’un des bénéficiaires de ce financement est l’association palestinienne Badil, qui organise tous les ans un « concours du droit au retour » palestinien et a publié des caricatures antisémites sur son site internet, ainsi que des images promouvant l’élimination d’Israël, ce qui est largement reconnu comme une forme d’antisémitisme.

Le dessin qui a remporté le second prix du concours de caricature Al-Awda Nakba 2010 de Badil, et la somme d’argent allant avec, montre un homme juif, portant des vêtements hassidiques traditionnels, avec un nez crochu et des papillotes. Il se tient au-dessus d’un enfant mort et de crânes, avec une fourche ensanglantée.

« Ceux qui sont les plus touchés par les financements, notamment les Israéliens, les Palestiniens et les contribuables suisses, devraient pouvoir voir comment ces décisions cruciales sont prises, et combien d’argent est dépensé », a déclaré Shaun Sacks, chercheur du département Europe de NGO Monitor, dans un communiqué.

L’année dernière, 41 députés sur les 200 du parlement fédéral ont soutenu une demande au gouvernement pour ajuster les régulations de financement pour que l’argent des contribuables suisses ne soit pas distribué directement ou indirectement pour aider des associations « racistes et antisémites », ou impliquées dans la promotion du boycott et de discours raciste.