La start-up israélienne Innovative Assesments (IA) explique que les bailleurs de fonds financiers comme les banques ratent un nombre important de clients parce que leurs critères pour accorder un crédit sont trop restrictifs, et ne prennent pas en compte l’idée complète du client.

Dans le cadre de quasiment tous les processus d’approbation de prêts, les banques évaluent la solvabilité du candidat en se basant sur ses prêts et ses paiements antérieurs. Cependant, des millions, si ce n’est des milliards, de personnes dans le monde n’ont pas cet historique, parce qu’ils sont trop jeunes, n’utilisent pas de cartes de crédit, ou n’ont simplement pas de comptes en banque.

Dans ce cas, les banques considèrent presque toujours que ces clients présentent un risque trop important, et rejettent leur demande, ou bien appliquent des taux exorbitants. En conséquence, les banques s’empêchent dans les faits de prêter de l’argent à une grande partie de la population, et beaucoup d’emprunteurs se voient refuser un accès à un crédit abordable.

IA veut aider à résoudre ce problème. Les banques ne devraient pas seulement étudier les informations financières pour évaluer la solvabilité, dit IA, mais aussi le caractère personnel, ce qui est une toute nouvelle dimension de données aujourd’hui absentes des cotes de crédit. IA a donc présenté une idée pour aider les bailleurs de fonds.

« Les bailleurs de fonds cherchent au final des emprunteurs responsables qui vont honorer leurs traites. Et beaucoup de cela dépend du caractère de l’emprunteur, mais simplement de sa cote de crédit financière », a expliqué le PDG cofondateur de l’entreprise, le Dr Saul Fine, psychologue organisationnel et conférencier. « Après tout, les emprunteurs sont simplement des personnes comme vous et moi. »

Saul Fine, fondateur et PDG d'Innovative Assessments (IA), dans l'accélérateur de Citi à Tel Aviv. (Crédit :Shoshanna Solomon/Times of Israël)

Saul Fine, fondateur et PDG d’Innovative Assessments (IA), dans l’accélérateur de Citi à Tel Aviv. (Crédit :Shoshanna Solomon/Times of Israël)

IA a développé un logiciel, en cours d’homologation, qui utilise des données psychométriques perfectionnées pour évaluer la solvabilité. La psychométrie mesure les dispositions et les attitudes des individus.

La solution d’IA se présente sous la forme d’un court questionnaire à remplir en ligne de trois à cinq minutes, qui mesure des caractères cruciaux. « Notre algorithme étudie les préférences des personnes pour certains comportements financiers, explique Fine. Et, même s’il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse, nous pouvons aussi identifier les personnes qui ne répondent pas de manière sincère. »

La start-up est déjà active dans dix pays. Sa plateforme est en plusieurs langues et tient compte des différences culturelles, et vante certains « résultats impressionnants », a dit Fine. Par exemple, ceux qui réalisent les scores les plus élevés d’IA ont eu au moins 70 % d’incidents de paiements de moins que ceux qui ont obtenu un score plus bas, même après avoir pris en compte les cotes de crédit des bailleurs de fonds.

IA a été choisie parmi 50 start-ups émergentes de technologie financière – fintech – par KPMG dans son rapport de 2016. La start-up de cinq personnes est située dans le parc scientifique de Rehovot, et a récemment rejoint le septième programme d’accélérateur de fintech de Citi, à Tel Aviv.

Un important marché local pour les fintechs

Au total, 68 start-ups, dont neuf arrivées lors de la dernière tournée, ont participé au programme d’accélérateur de Citi Israël depuis son lancement en novembre 2013 à Tel Aviv. Le projet dure quatre mois, et vise à promouvoir la technologie dans le secteur financier.

Ornit Shinar, directrice des investissements e capital-risque de Citi en Israël. (Crédit : autorisation)

Ornit Shinar, directrice des investissements e capital-risque de Citi en Israël. (Crédit : autorisation)

« Quand l’accélérateur a été fondé, il y avait très peu d’industrie de la fintech en Israël, et l’objectif était de s’associer avec des acteurs locaux et des banques, et d’aider au développement d’une industrie », a expliqué Ornit Shinar, qui dirige la branche d’investissement en capital-risque de Citi en Israël. Aujourd’hui, a-t-elle indiqué, il existe un important marché de la fintech en Israël, qui mélange l’entreprenariat et les connaissances académiques et bancaires.

« Nous avons à la fois la quantité et la qualité sur la scène fintech en Israël, a dit Shinar. Le déficit de connaissance a significativement baissé. »

L’accélérateur, qui appartient au centre fintech de Citi à Tel Aviv, a été le premier à être mis en place par le géant mondial de la finance. Il cherche à identifier et à faire croître les technologies cruciales qui pourraient jouer un rôle essentiel dans la dynamique mouvante de l’industrie financière mondiale.

Citi fournit aux entrepreneurs un accès à des experts de l’entreprise pour affûter leurs idées, et l’opportunité d’utiliser l’immense infrastructure de la banque pour leurs tests. Le géant bancaire propose ce programme gratuitement, sans prendre aucune action des entreprises qu’elle encourage. Les activités des start-ups vont des méthodes de paiements à la détection des fraudes, en passant par la cyber-sécurité.

Des banques internationales comme Citi, Barclays Bank Plc., HSBG et Banco Santander ont toutes installées des centres fintech à Tel Aviv, à un moment où les nouvelles technologies changent le monde de la finance, et particulièrement la façon dont travaillent les banques grand public.

Les banques ont d’immenses bases de données de clients, mais les nouveaux arrivants ont généralement un avantage technologique, a indiqué Citi dans son rapport de mars 2016 sur le secteur.

Au deuxième trimestre 2017, les investissements mondiaux dans le domaine de la fintech ont plus que doublé par rapport à la même période de 2016, en hausse de 8,4 milliards de dollars, selon un rapport de KPMG. Les entreprises de fintech soutenues par des investisseurs ont levé 12,7 milliards de dollars au total, dans 836 accords passés en 2016, selon un rapport de l’entreprise new-yorkaise CBInsights.

« Le rôle de l’accélérateur est d’énoncer les défis de l’industrie financière, et de travailler avec les entrepreneurs pour mettre en place de nouveaux moyens de progresser, dans les règles du jeu », a dit Shinar.

Des start-ups heureuses

Les start-ups qui participent au programme de Citi, comme Paykey, Paybox et Vatbox, ont levé pour l’instant 300 millions de dollars, selon les données fournies par Citi, et il y a déjà eu deux sorties, avec les acquisitions de Sling et de SeerGate.

SeerGate, une entreprise de paiements en temps réel, a été achetée par MyCheck en mai 2015, et Sling, basée à Ramat Gan et dont la plateforme permet aux micro-marchands d’accepter des services de paiements électroniques des consommateurs par téléphone portable, a été acquise par Avante en juillet 2016.

La branche d’investissement en capital-risque de Citi a également investi dans trois start-ups israéliennes : l’entreprise de cyber-sécurité Illusive Networks, Dyadic Security et BlueVine, un bailleur de fonds en ligne. Citi n’a pas dévoilé les montants investis dans ces entreprises, mais a pris une part minoritaire dans chacune. Suite aux investissements, Citi a décidé de mettre en place une branche locale d’investissement, dirigée par Shinar, pour chercher de nouvelles opportunités.

« Nous travaillons en permanence pour acheter plus et faire venir plus d’entreprises », a-t-elle dit.

« Israël est le 5e ou 6e pays au monde en termes de fintech, a-t-elle ajouté, et est l’un des trois premiers pour la cyber-sécurité du monde financier. La forte position d’Israël dans le domaine de l’intelligence artificielle et le développement de processus d’image le met au premier plan de l’endroit où l’industrie de la fintech cherchera des réponses dans les prochaines années. »

NSKnox est une autre start-up qui fait partie du nouveau programme de l’accélérateur. Fondée par Alon Cohen, ancien président et directeur exécutif de CyberArk, entreprise de cyber-sécurité cotée au Nasdaq, NSKnox crée un nouveau moyen pour que les banques et les corporations puissent assurer la sécurité de leurs transactions financières : une plateforme dite de « cyber-sécurité coopérative. »

Une vérification notariée numérique

NSKnox a créé un notaire numérique basé sur un logiciel coopératif qui permet une approbation sécurisée des transactions pour les banques et les entreprises, a dit l’entreprise. Le logiciel, qui utilise des algorithmes, permet à deux ou plus témoins aveugles – qui sont en fait des organisations, financières ou pas – d’aider à authentifier, autoriser et détecter la fraude indépendante, en vérifiant les transactions commerciales.

Nir Tenzer, le PDG de NSKnox, dans l'accélérateur de Citi à Tel Aviv. (Crédit : Shoshanna Solomon/Times of Israël)

Nir Tenzer, le PDG de NSKnox, dans l’accélérateur de Citi à Tel Aviv. (Crédit : Shoshanna Solomon/Times of Israël)

« Nous pensons que chaque transaction devrait être notariée, a dit Nir Tenzer, le PDG de NSKnox. Nous prenons l’information de la transaction et la divisons entre nos notaires numériques, qui deviennent une sorte de bouclier de cyber-sécurité pour sécuriser les services financiers. »

Chacun des notaires reçoit un morceau d’information sur la transaction. Et aucun des notaires ne connaît les autres. Donc, si quelqu’un tente de pénétrer dans une corporation, cela ne suffira pas pour entraîner une fraude ou des dégâts, puisque l’information réside aussi chez le notaire pour être vérifiée. Et si quelqu’un tente de pénétrer chez le notaire, il n’obtiendra pas suffisamment d’information pour entraîner des dégâts. Les pirates peuvent obtenir un bout de l’information, mais ne sauront pas où aller chercher le reste ni comment rassembler ces morceaux.

Le logiciel de NSKnox est cependant capable de diviser l’information entre les parties et de la rassembler, pour que toute la transaction soit préservée.

« Normalement, il faut plus de 100 jours pour trouver une faille sécuritaire dans une entreprise », a dit Tenzer, qui a été cadre dirigeant pendant 11 ans chez Microsoft. « Avec notre système, nous pouvons trouver une brèche immédiatement, parce que nous pouvons vérifier les détails précis de la transaction avec les notaires numériques grâce à notre processus de réconciliation, réalisé à chaque transaction. »

Le logiciel est déjà utilisé par certaines banques israéliennes, et l’entreprise travaille aussi avec la Banque d’Israël pour intégrer le logiciel à l’écosystème bancaire israélien, a dit Tenzer. Les bailleurs de fonds étranger commenceront aussi bientôt à utiliser le système, a-t-il précisé.

« Nous voyons Citi comme un partenaire stratégique et nous espérons utiliser leurs connaissances et leur expérience pour pénétrer les marchés internationaux. »

Des outils d’écriture

Articoolo, qui est elle aussi présente dans l’accélérateur de Citi, utilise un processus de langage naturel et des méthodologies d’intelligence artificielle pour développer un algorithme qui imite la manière de penser humaine pour écrire des textes, a expliqué Doron Tal, PDG et cofondateur de la start-up.

Doron Tal, cofondateur et PDG d'Articoolo, dans l'accélérateur de Citi à Tel Aviv. (Crédit : Shoshanna Solomon/Times of Israël)

Doron Tal, cofondateur et PDG d’Articoolo, dans l’accélérateur de Citi à Tel Aviv. (Crédit : Shoshanna Solomon/Times of Israël)

« Nous ne voulons pas remplacer les auteurs humains, a-t-il dit. Faire cela prendrait des années puisque l’algorithme n’a pas de point de vue, pas d’opinion, et pas d’humour. Mais ce que nous pouvons faire, c’est aider les auteurs à rendre leur travail plus rapide et plus efficace en leur fournissant un outil qui choisit les meilleures sources d’information et organise des paragraphes en créant un texte original et nouveau. »

Cet outil aidera les organisations qui utilisent un contenu important à accélérer la création de textes de qualité bien nécessaires, a-t-il dit.

« Citi est l’un des plus grands éditeurs financiers au monde, a dit Tal. Nous personnalisons nos outils pour les aider à créer et éditer leur contenu qu’ils produisent. »