Claude Sarraute, journaliste et multi-chroniqueuse à la radio et à la télévision, est venue, dans l’émission de Laurent Ruquier, faire la promotion de son dernier livre, le treizième, « Encore un instant »(Ed. Flammarion) dans lequel elle évoque la vieillesse, sa vieillesse, avec une grande franchise et auto-dérision.

Yann Moix lui rappelle alors un passage de son livre : « c’est quand vous apprenez votre judaïté. Vous dîtes du mal des juifs à table, et tout à coup votre grand-père vous dit, stop ! Je suis juif et toi aussi ma fille. C’est inouï d’apprendre que l’on est juif en disant du mal d’eux ! ».

« C’était un milieu intellectuel juif de Russie, raconte-t-elle. Il n’était pas question de parler de notre judaïté. Je ne savais pas ce qu’était Yom Kippour… »

« A l’école alsacienne on ne parlait que de ça des ‘youpins’, des ‘youtres’ radins qui ne prêtent pas leurs gommes » raconte-t-elle.

Et puis un jour, elle disait du mal de la nourriture de la cantine préparée par un juif, son grand-père lui demande : « qu’est-ce qu’un juif pour toi ? »

Elle lui énumère alors toutes les tares supposées des juifs, nez, doigt, oreilles, entendues à l’école.

« Et il me dit : je suis juif, tu es juive et Jésus-Christ était juif !. Vous pensez bien qu’à ce moment là, savoir que Jésus était juif ne m’intéressait pas ! ».

Le lendemain, quand elle interdit à ses copains de prononcer le mot youpin devant elle, parce qu’elle est juive, ils lui répondent : « ma pauvre… ».