L’ancienne secrétaire d’Etat américaine et probablement la future candidate à la présidentielle de 2016, Hillary Clinton, a déclaré vendredi que les Etats-Unis devaient intensifier et approfondir la coopération avec ses partenaires du Moyen-Orient, notamment Israël.

Ecartant la couverture négative de la presse au sujet des tensions entre le gouvernement de Netanyahu et l’administration Obama, Clinton a affirmé que la coopération entre Israël et les Etats-Unis a été, au cours de ces six dernières années, « tout à fait extraordinaire ».

« Le financement du Dôme de fer, le financement des autres équipements militaires nécessaires, la consultation stratégique continue sur laquelle nous avons toujours été engagée, personne ne peut remettre en question l’engagement de cette administration envers la sécurité d’Israël », a affirmé Clinton au forum annuel Saban à Washington, vendredi soir.

Le gouvernement israélien dirigé par Netanyahu et l’administration Obama se sont souvent affrontés dans le passé, et parfois publiquement, sur une variété de questions, y compris au sujet de leurs désaccords sur les pourparlers en cours avec l’Iran sur son programme nucléaire, l’activité continue d’implantations israéliennes et l’intransigeance, tout du moins perçue comme telle, israélienne sur les pourparlers de paix.

Certaines de ces différences ont dégénéré en des échanges d’injures entre les fonctionnaires, des articles rapportant des actes méprisants et d’autres comportements rares entre alliés.

Cela inclut les accusations du gouvernement israélien au cours de cet été, qui a accusé le secrétaire d’Etat américain John Kerry de se livrer à une attaque « terroriste » contre Israël en soutenant un accord de cessez-le-feu avec le Hamas qui avait été rédigé et proposé par le Qatar, connu pour son soutien au Hamas. Le ministre de la Défense Moshe Yaalon a qualifié les tentatives de Kerry pour mener à bien le processus de paix d’ « obsessionnelles » et de « messianiques » ; et un fonctionnaire anonyme de l’administration d’Obama a déclaré au journaliste Jeffrey Goldberg que le comportement de Netanyahu au sujet du processus de paix et sur l’Iran était l’attitude d’une « poule mouillée ».

« En dépit de cette rhétorique houleuse entre deux démocratie », insiste Clinton, Israël et les Etats-Unis doivent coopérer plus étroitement.

Ses remarques interviennent après l’annonce jeudi que le Congrès avait adopté une loi visant à approfondir les liens entre les deux pays dans les domaines de la défense, de l’énergie, de la recherche et du développement, des relations commerciales et universitaires.

En ce qui concerne les pourparlers de paix entre Israël et les Palestiniens qui se sont effondrés en avril après neuf mois de négociations sous l’égide américaine. Clinton a déclaré que les Etats-Unis et les pays du Moyen-Orient ne pouvaient pas baisser les bras et arrêter de tenter d’amener les deux parties à négocier un accord « parce que vous laissez un vide ».

« Il y a un besoin impératif de continuer à essayer de parvenir à une solution au problème entre Israël et les Palestiniens », insiste Clinton. Elle ajoute que les paramètres de Clinton présentés par son mari, l’ancien président Bill Clinton, étaient toujours d’actualité.

Mettant à nouveau en garde contre « l’absence de négociations qui laisserait un vide » que les extrémistes et d’autres peuvent remplir, elle a affirmé que « la solution à deux Etats reste un concept important et essentiel ».

« Les efforts qui ont été entrepris au cours de ces dernières années ont été faits dans l’intérêt d’Israël et des Palestiniens », assure-t-elle.

En ce qui concerne les négociations en cours avec l’Iran sur son programme nucléaire controversé, Clinton a exprimé son approbation des sanctions internationales qui ont été imposées à Téhéran pour son refus de coopérer.

Les pourparlers entre l’Iran et les P5 + 1 ont été étendues jusqu’au mois de juillet prochain.

« Les sanctions internationales ont eu l’effet escompté sur l’Iran. L’extension des pourparlers sera probablement une période au cours de laquelle les sanctions tiendront [jusqu’à ce qu’un accord soit signé] », indique-t-elle.

Elle affirme qu’elle préfère qu’il n’y ait aucun accord plutôt qu’un mauvais accord, mais insiste : « un accord qui ferme de manière vérifiable toutes les voies de l’Iran vers l’arme nucléaire (…) C’est-ce qui est au centre de ces négociations. »

Elle a ajouté que, bien que les pourparlers nucléaires étaient la question la plus importante aux États-Unis au regard de l’Iran, Washington était également préoccupé par le soutien de Téhéran au terrorisme international ainsi que par son soutien envers Bashar el-Assad dans la guerre civile qui fait rage en Syrie et de son travail avec ses alliés sur ces questions.