Le Likud a signé mercredi des accords de coalition avec le parti Koulanou (à vocation sociale) et avec le parti ultra-orthodoxe Yahadout HaTorah, offrant au Premier ministre Benjamin Netanyahu ses premiers partenaires pour former un gouvernement avant la date butoir du 7 mai.

Le chef du gouvernement sortant, vainqueur des législatives du 17 mars, est ainsi assuré, avec les voix de son parti, le Likud, de 46 votes au Parlement, ce qui signifie qu’il a encore besoin d’au moins 15 sièges supplémentaires pour former un gouvernement.

Selon l’accord avec Yahadout HaTorah, plusieurs grandes réformes élaborées par le gouvernement précédent, visant à intégrer la communauté ultra-orthodoxe dans la société israélienne, seront apparemment abrogées, en particulier une loi prévoyant des sanctions pénales contre ceux qui refuseraient de faire leur service militaire.

Votée l’an dernier, la loi abolissant l’exemption de service militaire pour les juifs ultra-orthodoxes étudiant dans les yechivot, devait entrer en vigueur en 2017. Elle stipulait notamment que les étudiants des écoles talmudiques, jusque-là exemptés, devaient effectuer un service militaire ou un service civil et prévoyait notamment des peines de prison pour ceux qui refuseraient de le faire.

Koulanou, dirigé par l’ancien ministre du Likud Moshé Kahlon, recevra, en vertu de l’accord signé, les portefeuilles des Finances, de la Protection de l’environnement et du Logement et de la Construction, ainsi que la direction de l’Administration des Terres d’Israël.

Après la signature de l’accord, les responsables de Yahadout HaTorah ont déclaré au quotidien Haaretz qu’ils espèrent reprendre la coopération avec Netanyahu, qui, selon eux, est un partenariat « plein de réalisations pour tous les citoyens d’Israël » avant qu’elles aient été mises de côté par le gouvernement précédent.

L’entrée du parti dans le gouvernement a été conditionnée à l’abandon d’un certain nombre de réformes adoptées dans le dernier gouvernement, dont beaucoup ont été défendues par le parti Yesh Atid.

Celles-ci incluaient une réduction des allocations familiales en fonction du nombre d’enfants et des revenus de la famille, qui est entrée en vigueur en août 2013, ainsi que des coupes dans les subventions au système éducatif ultra-orthodoxe.

Le chef de file du parti Yahadout HaTorah, Yaakov Litzman, recevra le ministère de la Santé où il sera nommé vice-ministre. (Les membres de son parti n’occupent pas des postes de ministres pour des raisons idéologico-religieuses.)

En outre, le député Meir Porush sera nommé vice-ministre de l’Éducation.

Le député Moshe Gafni sera à la tête de la puissante commission des Finances de la Knesset, que Kahlon avait exigée lors des négociations avec le Likud.

Le parti va également diriger la commission des Sciences et de l’Espace.

Litzman a déclaré à Haaretz que le système de santé israélien a besoin d’être « secoué » et qu’il a l’intention de « créer un tremblement de terre qui permettra d’améliorer les conditions dans les hôpitaux et les caisses d’assurance maladie ».

Il a également invité Yair Lapid, le chef de Yesh Atid, à faire un bilan et « à rendre compte pour ce qu’il a fait avec l’argent qu’il [leur] a pris ».

Les responsables du Parti ont dit à Haaretz qu’un plan pour la gratuité des soins dentaires pour les enfants jusqu’à l’âge de 14 ans a également été inclus dans l’accord, et sera élargi dans l’avenir jusqu’à l’âge de 18 ans.

Le chef de file du parti Koulanou Moshe Kahlon et le Premier ministre Benjamin Netanyahu se serrent la main après avoir signé un accord de coalition le 29 avril 2015. (Crédit photo: autorisation/ Likud)

Le chef de file du parti Koulanou Moshe Kahlon et le Premier ministre Benjamin Netanyahu se serrent la main après avoir signé un accord de coalition, le 29 avril 2015. (Crédit photo: autorisation/ Likud)

Selon l’accord avec Koulanou, le Likud a accepté d’augmenter la solde des soldats, d’accorder une assurance-chômage aux travailleurs indépendants et de définir un budget biennal d’ici octobre, selon Ynet.

Lapid a critiqué l’accord avec Yahadout HaTorah comme une capitulation de Netanyahu devant les exigences du parti ultra-orthodoxe.

« Le Premier ministre, qui prétend être à la tête d’un parti sioniste, a vendu aujourd’hui les valeurs d’égalité et s’allie avec un parti non-sioniste », a déclaré Lapid, en faisant référence à la concession de Netanyahu concernant les sanctions pénales pour les jeunes qui ne font pas de service militaire.

« Netanyahu fait à nouveau porter le coût au public qui sert dans l’armée et qui travaille, à ces mêmes soldats et réservistes qui viennent de défendre avec courage les habitants du Sud l’été dernier », a-t-il dit. « Yesh Atid ne cédera pas et se battra pour cette loi historique. »

Une pierre d’achoppement dans les pourparlers de coalition avec d’autres partenaires potentiels du Likud reste le ministère des Affaires religieuses, qui aurait été offert au parti séfarade ultra-orthodoxe Shas, malgré les vives objections des partis HaBayit HaYehudi et Yisrael Beytenu.

Le président de HaBayit HaYehudi Naftali Bennett salue ses partisans après les élections le 17 mars 2015. (Crédit : Avi Lewis/Times of Israel, Jon Weidberg)

Le leader de HaBayit HaYehudi, Naftali Bennett, salue ses partisans après les élections, le 17 mars 2015. (Crédit : Avi Lewis/Times of Israel, Jon Weidberg)

HaBayit HaYehudi a occupé ce poste dans le gouvernement sortant, mais la promesse que l’on prête à Netanyahu de confier maintenant le ministère au Shas d’Aryeh Deri a rendu furieux Naftali Bennett.

La radio israélienne a cru savoir la semaine dernière que le Likud avait proposé un compromis selon lequel le ministre des Affaires religieuses serait un homme de Shas, et qu’un adjoint sera nommé par Bennett.

La radio israélienne a annoncé mercredi que Netanyahu avait accepté de confier à Bennett le portefeuille de l’Education, tout en rejetant sa demande d’augmenter le budget du ministère.

En vertu de la loi israélienne, si Netanyahu ne parvient pas à former une coalition d’ici le 7 mai, le président Reuven Rivlin peut assigner à quelqu’un d’autre le soin de le faire.