Un jour d’automne en 2008, je me suis assis et j’ai écrit une lettre passionnée à ma sœur. Je savais qu’elle n’avait aucune opinion sur le jeune sénateur de l’Illinois qui se présentait à la présidentielle. Il y avait eu des débats dans la famille, et au moins à une occasion pendant les années Bush, elle avait voté pour les républicains.

Nous avons mis ce choix sur le compte de sa décision, prise pendant sa première année de fac, d’épouser un jeune étudiant en médecine, qui adorait le Michigan et les voitures. Il conduisait une Chevy Grand Am – rouge bonbon, il me semble – et était originaire du Détroit – qu’il prononçait Dee-troit.

Bien sûr, nous nous sommes rendu compte que c’était un père génial et un homme bien, mais il se méfiait de tout ce qui provenait de l’agriculture biologique – il avait l’habitude de laver les pommes que ma sœur achetait chez un agriculteur avec de l’eau chaude et du savon – et portait des jeans lorsqu’il skiait. Il adorait la mayonnaise et la laitue iceberg et avait une passion pour les véhicules automatiques et les souffleuses de feuilles.

En résumé, nous ne lui avons pas demandé pour qui il votait – on espérait un peu qu’il soit au moins libertaire – mais à l’automne 2008, les choses étaient claires : il allait voter pour John McCain et Sarah Palin. Ma sœur, je le redoutais, allait faire de même.

Je me suis donc assis devant mon ordinateur. Dans un email que j’ai intitulé « Politiques » – et que j’ai relu pour la première fois après la signature de l’accord-cadre de Lausanne le 2 avril dernier, un accord qui m’a laissé le goût amer de la trahison que j’avais pressenti – je lui ai parlé de l’horreur qu’est le système de prison américaine et du fléau du racisme qui pourrit l’Amérique de l’intérieur ; j’ai évoqué la drogue et comment seules les personnes de couleur étaient incarcérées pour en avoir consommé ou vendu, alors que les personnes comme George W. Bush et toutes les autres personnes que j’avais connu à la fac jouissaient d’un passe-droit et qu’ils pouvaient tiré sur un bong, prendre de l’acide ou des champis à volonté.

Il me semble que j’ai également abordé les thèmes des Afro-américains qui ont été des modèles pour tous, de l’éducation et des droits des homosexuels. Je lui ai même écrit que j’avais lu Frederick Douglas.

Le Sénateur américain John McCain en visite à Jérusalem, 4 janvier 2014 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le Sénateur américain John McCain en visite à Jérusalem, 4 janvier 2014 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

J’ai ensuite critiqué McCain qui n’avait jamais envoyé d’email et qui avait mentionné son âge. « McCain a 72 ans », écrivis-je. Il a eu quatre ou cinq mélanomes. Il a passé cinq ans et demi dans un camp de prisonniers de guerre. Il a l’âge de papa. Papa est en forme pour son âge. Il n’a pas été au Hilton d’Hanoi. Et pourtant il s’endort régulièrement pendant le dîner. Quelque chose qui pourrait arriver à McCain. En chemin, chasseur d’élan ».

Et pour Israël, ai-je affirmé avec toute l’autorité que j’ai pu mobilisée, cela n’a pas de conséquences. Aucun président n’a reconnu Jérusalem comme étant la capitale d’Israël. Les Etats-Unis croient en la solution à deux Etats. ‘L’occupation’ de la Cisjordanie et les implantations ultérieures des civils ont un sens d’un point de vue historique, émotionnel, mais il y a une horrible ironie : la nation qui avait vécu sous la persécution pendant deux mille ans en raison de son caractère apatride a, dans un moment sublime, taillé un Etat dans son ancienne patrie et revivifié sa langue moribonde pour sacrifier ensuite cet événement historique sur l’autel – entre toutes choses ! – de l’expansion territoriale.

Un accord avec les Palestiniens était dans l’intérêt d’Israël, lui ai-je expliqué.

Sans une solution à deux Etats mise en place par quelqu’un comme Barack Obama, « les Palestiniens seront plus nombreux que nous et ne tiendront plus compte de la date de 1967. La bataille concernera l’ensemble d’Israël et ils vont gagner. Tout le monde crierait à ‘l’apartheid’. Dans deux générations, nous verrons la destruction du Troisième Temple ».

En outre, ai-je noté, Bush, avec son amour pour Sion, avait été un désastre, qui a rendu par inadvertance, l’Iran, puissant. Obama, avec son détachement à la cool, était juste ce qu’il nous fallait.

Enfin, je l’ai encouragée à voter démocrate maintenant, avant que son Alex P. Keaton qui ressemble tellement à son père obtienne le droit de vote et que le sien soit du coup annulé.

Et elle l’a fait (je le pense, peut-être). Elle m’a même écrit pour me parler de la beauté de ce jour froid de janvier 2009 quand il a prêté serment.

D’Al-Azhar à Tahrir

Le discours du Caire, le troisième voyage d’Obama dans la région – après la Turquie et l’Irak et l’Arabie saoudite et des années avant Israël – ne m’a pas fait changé d’avis ni éteint les étoiles dans mes yeux.

Sa visite à Buchenwald plutôt qu’à Jérusalem. J’avais, en l’occurrence le sentiment que c’était une maladresse, due non pas à de la malveillance, mais à la centralité de ce lieu de la Shoah vis-à-vis de tant de Juifs américains dans l’évolution de leur identité. Rahm Emmanuel, David Axelrod et le reste lui avaient donné de mauvais conseils, selon moi.

Puis, juin 2009, le Mouvement vert en Iran. Tous mes amis israéliens se moquaient d’Obama et de sa nonchalance. J’ai rétorqué que c’était mieux – le soutien américain était la dernière chose dont les étudiants descendus dans la rue avaient besoin.

L’Iran – l’un des quatre États-nations du Moyen-Orient – a été marqué par la chute, orchestrée par la CIA, de Mohammad Mussadeq en 1953 ; la révolution contre les ayatollahs devait venir du peuple, pour le peuple. Rester à l’écart, ai-je expliqué à mes amis, était, certes, une politique douloureuse mais astucieuse.

Les soulèvements arabes ont débuté en décembre 2010. Mes amis, comme la plupart des Israéliens, étaient pour la chute d’Hosni Moubarak. Je n’étais pas pour. Moubarak était horrible. L’Egypte était un Etat en faillite. Il ne pouvait même pas nourrir sa propre population.

Dans une oreille, j’écoutais l’éloge de Tahrir des médias anglophones que je lisais : « En 40 ans d’écrits sur le Moyen-Orient, je n’ai jamais vu quelque chose comme ce qui se passe sur la place Tahrir », a déclaré Thomas Friedman en février 2011.

« Dans une région où la vérité et les diseurs de vérité ont été si longtemps étouffés sous le poids écrasant du pétrole, de l’autocratie et de l’obscurantisme religieux, tout à coup le monde arabe dispose d’un espace vraiment libre – un espace que les Egyptiens eux-mêmes, pas une armée étrangère, ont libéré – et la vérité a maintenant jailli d’ici comme un torrent [jaillissant] d’une digue rompue ».

Et de l’autre oreille, j’écoutais le Jérémie de notre génération, le Premier ministre Benjamin Netanyahu : « La promesse d’un jour nouveau », a-t-il déclaré dans un discours prononcé plusieurs jours avant l’arrivée triomphale de Friedman sur la place du Caire, « ne réside pas dans son aube mais dans l’obscurité qu’il peut apporter ».

Je voulais croire en Obama mais je savais que Netanyahu n’avait pas aveuglément banni l’espoir. Il reste peu de choses de la voie du leadership national dans ce pays fier et ancien, au-delà de l’option des Frères musulmans et de la dictature soutenue par les militaires.

En juin 2012, lors des premières élections libres de l’Egypte, Mohammed Morsi, le deuxième candidat des Frères musulmans, a remporté les élections.

Pour ceux d’entre nous qui vivent à proximité et qui ont vu les 1,5 milliard de dollars d’aide américaine donnés à l’armée égyptienne, c’était la première étape vers un scénario cauchemardesque. Nous avions déjà vu cela se produire, au sein d’une population moins hostile, en Iran en 1979, et plus récemment en Turquie.

Tayyip Erdogan, le dirigeant de la Turquie depuis 2003, a expliqué élégamment le processus : la démocratie est comme un trajet en bus, a-t-il indiqué, selon le roi Abdallah de Jordanie, qui a relayé ce petit bout de phrase à Jeffrey Goldberg de l’Atlantic en 2013. « Une fois que je suis à mon arrêt, je descends ». Et comme nous le savons bien, en 12 ans de régime autocratique, Erdogan est depuis longtemps arrivé à son arrêt.

L’administration Obama a publié une déclaration saluant « le rôle de l’Egypte comme un pilier de la paix, la sécurité et la stabilité régionales », et a déclaré que les
Etats-Unis « seront aux côtés du peuple égyptien dans la poursuite de leurs aspirations à la démocratie, de la dignité et des opportunités, et qu’il réalise la pleine promesse de leur révolution ».

C’était la première fissure. Cependant, je me suis dit que le président des États-Unis d’Amérique ne pouvait croire que l’islam politique, tel qu’il est pratiqué par les Frères musulmans, était une étape nécessaire sur la voie de la vraie démocratie.

En novembre, sans fanfare et sans lettres, avec des convictions qui s’amenuisaient, j’ai de nouveau voté pour lui. Je croyais Obama quand il a affirmé à Goldberg que, en ce qui concernait l’option militaire contre l’Iran, « en tant que président des États-Unis, je ne bluffe pas ».

Netanyahu, ai-je pensé alors, est hanté par l’histoire. Obama s’était montré audacieux lorsqu’il a ordonné le raid qui a tué Oussama ben Laden au fin fond du Pakistan. Il en ferait de même, si la situation s’y prêtait, avec l’Iran.

De ‘Eretz Nehederet’ à Lausanne

J’étais heureux et rempli d’espoir quand il est arrivé en ville, avec sa veste jetée nonchalamment sur son épaule, et nous a déclaré en mars 2013, peu de temps après sa réélection, que « toutes les disputes entre moi et mon ami Bibi au fil des années, c’était juste un complot visant à alimenter le contenu pour [l’émission satirique] ‘Eretz Nehederet’ ». C’est tout ce qui se passait. Nous voulions juste nous assurer que les auteurs avaient de quoi faire ».

Et puis, en l’espace de quelques mois, une série d’événements a transformé mon soutien déclinant et plutôt solitaire envers le président en un sentiment glaçant et ahurissant de trahison.

Le président américain Barack Obama et le Premier ministre Benjamin Netanyahu  à l'aéroport Ben Gurion, mercredi (Crédit : Avi Ohayon / GPO / Flash90)

Le président américain Barack Obama et le Premier ministre Benjamin Netanyahu à l’aéroport Ben Gurion, mercredi (Crédit : Avi Ohayon / GPO / Flash90)

Tout d’abord, en avril, j’avais écouté en direct l’un des meilleurs analystes des renseignements d’Israël, le brigadier général Itai Brun, annoncé lors d’une conférence sur la sécurité à Tel Aviv que « le régime [d’Assad] a utilisé et utilise des armes chimiques ».

Il a donné une date précise – le 19 mars – et a ajouté que les preuves pointaient vers l’utilisation d’un gaz neurotoxique appelé sarin.

Les acrobaties, qui ont suivi, afin d’éviter le fait que le dictateur syrien Bashar el-Assad avait effrontément franchi la ligne rouge d’Obama, m’a fait comprendre que la politique d’Obama en Syrie consistait à éviter les conflits.

Au Moyen-Orient, tout le monde, Ryad, Téhéran et Jérusalem en ont pris note. Pour la première fois de ma vie d’adulte, je me sentais comme ces Israéliens que j’avais rencontrés dans ma jeunesse, ceux qui vous disent que vous ne pouvez pas comprendre parce que vous ne vivez pas dans la région.

Juin 2013, des millions d’Egyptiens sont revenus sur la place Tahrir et d’autres lieux publics en Egypte ; Abdel-Fattah el-Sissi, le chef des forces armées égyptiennes de l’époque, a accédé au pouvoir. Obama, qui n’avait pas annulé l’aide militaire pendant l’année au pouvoir de Morsi, a mis un terme à l’aide accordée à l’Egypte d’el-Sissi et à la livraison des hélicoptères d’attaque Apache et envoyait de l’argent au lance-pierre comme s’il s’agissait d’une récompense pour bonne conduite.

Peu importe qu’el-Sissi, pour la première fois depuis des années, avait lancé une véritable guerre contre le mini-Afghanistan qui s’était développé dans le désert de la péninsule du Sinaï ; qu’il considérait le Hamas comme un ennemi d’Etat et que lui, pour la première fois depuis des années, a fermé les tunnels du Hamas dans et hors de Rafah et a coupé la route d’approvisionnement militaire de l’organisation islamiste.

La Maison Blanche l’a exhorté lui, « à agir rapidement et de manière responsable pour faire revenir la pleine autorité d’un gouvernement civil démocratiquement élu », tout en sachant très bien ce que cela signifiait.

J’ai commencé à craindre au cours de cette première année de son second mandat qu’Obama voyait l’élection des Frères musulmans comme la volonté authentique du peuple de la région, et, par conséquent, dans le cadre de « la longue arche de l’univers moral », qui, comme son héros Martin Luther King Jr. l’a dit, « se penche vers la
justice ».

J’aime cette citation. J’adore le sentiment qu’elle provoque. Elle me paraît vraiment américaine. Remplie d’un merveilleux optimisme. Et noble, en particulier, lorsque ces mots sortent de la bouche d’un homme qui représentait des gens si injustement traités.

Mais en tant que membre d’un peuple qui a réussi à fonder un Etat après un très long et déprimant pan de l’histoire, qui vient seulement de prendre un virage abrupt loin de l’injustice après les années sombres du génocide, je n’ai pas souscrit à cette attitude ‘cela aussi est pour le mieux’.

Cela me semblait être un pari risqué pris froidement, nonchalamment et sans sentimentalisme par le dirigeant d’un pays lointain, qui, j’allais bientôt l’apprendre, était en train de rééquilibrer les puissances du Moyen-Orient et qui quittait la région.

Enfin l’accord avec l’Iran a commencé à prendre forme. Et avec lui, plusieurs vérités ont commencé à pointer le bout de leur nez : les États-Unis ne considèrent pas la révolution islamique iranienne comme une catastrophe qui devait être contenue et combattue à l’échelle mondiale, sans relâche, comme le communisme. Washington a considéré l’Iran, sous le régime des ayatollahs, comme un acteur légitime dans la région, en dépit de sa rhétorique d’annihilation.

Les États-Unis ne considèrent pas la révolution islamique iranienne comme une catastrophe qui devait être contenue et combattue à l’échelle mondiale, sans relâche, comme le communisme. Washington a considéré l’Iran, sous le régime des ayatollahs, comme un acteur légitime dans la région, en dépit de sa rhétorique d’annihilation.

Il n’a pas cru l’ancien chef des renseignements militaires israélien, Amos Yadlin, quand il a affirmé qu’une frappe américaine contre l’Iran serait, si on comparait l’invasion de l’Irak de 2003 et la frappe de 1981 contre le réacteur nucléaire Osirak, beaucoup plus semblable à ce dernier.

« C’est le travail d’une nuit », a déclaré à plusieurs reprises Yadlin, notant que le régime ne risquerait pas une guerre avec les États-Unis, qui mettrait en péril sa survie.

Au lieu de cela, l’administration Obama a considéré l’option militaire comme une catastrophe ; une voie qu’elle n’avait pas la force de poursuivre.

Et donc, après que les sanctions aient poussé le régime à rejoindre la table des négociations, le manque d’option militaire crédible a donné naissance à l’accord-cadre conclu la semaine dernière à Lausanne.

D’un point de vue américain et isolationniste, l’entente a beaucoup de sens.

Cette semaine, le président Obama a expliqué son raisonnement à Thomas Friedman du New York Times. Il a expliqué que la taille et la force de l’Amérique lui a permis de prendre des risques, à engager des discussions avec le Cuba de Castro et l’Iran de Khamenei.

« Nous sommes assez puissant pour être en mesure de tester ces propositions sans nous mettre en danger », a-t-il précisé. Les dépenses militaires de l’Iran est de 30 milliards de dollars ; celles des États-Unis s’élèvent à 600 milliards. « L’Iran sait qu’il ne peut pas lutter contre nous ».

Le président Barack Obama (à droite) s'adressant à Steve Inskeep de NPR le 6 avril 2015 (Crédit : Capture d'écran NPR)

Le président Barack Obama (à droite) s’adressant à Steve Inskeep de NPR le 6 avril 2015 (Crédit : Capture d’écran NPR)

L’accord, a-t-il insisté lors d’une interview accordée à NPR, est mieux que de ne pas avoir d’accord parce que même si l’entente ne produit pas de changement dans l’attitude des gens et ses dirigeants envers la démocratie occidentale, il retarde le programme nucléaire et le place sous un régime de vérification pour les 10-15 ans à venir. Si dans 13 ans, l’Iran tourne le dos à l’accord et emploie des centrifugeuses modernes, admet le président, « le temps que mettrait l’Iran à obtenir la capacité [nucléaire] serait presque nul ».

C’est, de mon point vue de Jérusalem, un instant ressemblant au mois de mai 2000 pour l’Amérique : à l’époque le Premier ministre Ehud Barak, après seulement quelques mois au pouvoir, avait retiré Israël du Liban du sud et a obtenu du Conseil de sécurité des Nations unies qu’il reconnaisse qu’Israël avait agi « conformément à la résolution 425 (1978) du Conseil de sécurité », en remplissant les exigences de la communauté internationale à la lettre.

Les généraux de Tsahal étaient contre cette mesure. Mais étant une personne qui avait combattu et perdu des amis là-bas, j’étais résolument pour.

Ce retrait a dépouillé le Hezbollah de ses munitions – il ne pouvait plus prétendre être la force qui combattait pour protéger le Liban d’Israël – et Israël était beaucoup plus puissant que la milice chiite : si le Hezbollah avait violé la souveraineté d’Israël, Barak avait assuré aux Israéliens qu’il l’aurait payé.

Mais le Hezbollah, après des années d’une guerre sanglante contre Israël dans la zone de sécurité dans le sud du Liban, a considéré ce retrait comme une capitulation. Son appétit en a été augmenté.

Cinq mois plus tard, au moment venu – alors que la Cisjordanie s’enflammait avec la Seconde Intifada – le Hezbollah avait encore frappé, en traversant la frontière, tuant trois soldats et en enlevant d’autres sur le sol israélien. Il n’y avait plus rien à payer.

Cela ne veut pas dire qu’il n’y aurait pas dû ne pas avoir de retrait du Liban ou, plus tard, de Gaza. Et cela ne signifie pas non plus que tout accord avec l’Iran est, par définition, une erreur. Mais simplement que l’entente repose trop sur l’optimisme et est trop profondément enracinée dans une sorte de défaitisme vis-à-vis de la République islamique d’Iran. Et surtout que cet accord n’est pas soutenu avec un muscle et une volonté manifeste de l’utiliser.

L’accord-cadre avec l’Iran, comme le retrait unilatéral de Barak du Liban, est transparent au sujet de l’absence de cette volonté. De plus, il survient après son dénigrement public par le Premier ministre d’Israël [qui problématique, mais cela est une autre histoire], qui a lu les vents changeants avec une précision inquiétante, et s’est retrouvé menotté, suite à cet accord, en terme d’action militaire.

Cet accord ne comprend pas une garantie crédible du président qu’il sera prêt, ou qu’Israël sera autorisé, à utiliser une action militaire en cas de transgression.

Au lieu de cela, Obama a expliqué à Friedman : « ce que je suis prêt à faire est de prendre différents types d’engagements qui donneraient à tout le monde dans la région, y compris l’Iran, que si Israël devait être attaqué par n’importe quel État, nous nous tiendrons auprès d’eux ».

Et pour quoi faire ? Soigner nos blessures causées par les armes nucléaires ?

L’accord n’est pas encore signé. Mais quand octobre 2016 arrivera, une chose est sure : ma chère sœur et son gentil petit mari peuvent être surs d’une chose, à moins qu’ils ne commencent à opter pour Rand Paul, c’est certain qu’ils ne recevront aucun courrier implorant de ma part.