Le parti travailliste avait organisé ses primaires. Mercredi, c’était au tour de HaBayit HaYehudi. La différence entre les deux partis devrait inquiéter les supporters du parti travailliste – et ceux du Likud aussi.

Les primaires avec 49 000 votants possibles, avaient un électorat le plus bas de l’histoire du parti. HaBayit Hayehudi, avec 77 000 votants possibles, réunissaient le plus grand nombre de votants de l’histoire du parti.

Les députés travaillistes ont passé la journée à mettre en ligne des montages de leurs supporters sur Facebook – sans même rogner précisément les photos, pour utiliser un terme technique.

Le dirigeant du parti travailliste, Isaac Herzog, a même tourné et publié une vidéo – dans laquelle il demande les membres du parti travailliste à venir voter.

HaBayit HaYehudi, pendant ce temps, a profité des dates proches des primaires des deux partis pour révéler deux vidéos mordantes au sujet des travaillistes.

Dans la première vidéo, Yinon Magal, ancien rédacteur en chef du site d’informations Walla et un candidat célèbre des primaires de HaBayit Hayehudi, mène des entretiens avec les Israéliens en leur posant des questions sur la Maarach, ou « Alignement », le nom que portait la liste de la Knesset des travaillistes jusqu’en 1991.

Les personnes interrogées – du moins ceux qui apparaissent dans la version finale de la vidéo – ne semblent pas conscientes que l’alignement n’existe plus, et sont sceptiques quant aux chances des travaillistes dans les élections à venir.

Dans la deuxième vidéo, on voit Herzog délivré un discours sur un ancien téléviseur. Mais le signal de la télévision est mauvaise, et la voix d’Herzog est constamment remplacée par celle de Shimon Peres qui déclare que « cette occupation est mauvaise pour Israël… il y a un besoin immédiat de parvenir à un accord… avec le soutien des superpuissances et de la Ligue arabe… et [revenir] aux frontières convenues, les frontières de 1967, avec des blocs d’implantations et des échanges de terres ».

L’écran devient alors noir et un texte blanc et rose explique que « Peres représente les années 1980… Boujie [Herzog] les années 1990 ».

C’est un message de campagne puissant.

Les travaillistes n’ont pas gagné d’élection depuis l’effondrement désastreux des négociations de paix et la deuxième Intifada en 2000.

L’affirmation que les travaillistes sont « des années 1990 » équivaut à l’affirmation que le parti n’a rien appris des leçons sanglantes des années écoulées, et qu’aveuglé par son idéologie, il va encore mener Israël vers de nouvelles vagues de terreur.

Les deux vidéos de HaBayit Hayehudi ont été vues plus de 90 000 fois à la mi-journée mardi. La vidéo d’Herzog a été vue moins de 20 000 fois en près de 40 heures entre le lundi et le mercredi après-midi.

Plus important encore, le niveau de planification et la qualité de production dont HaBayit HaYehudi a fait preuve lors de la mise en ligne de es vidéos, le jour des primaires des travaillistes, devrait inquiéter à la fois les travailliste et ses concurrents de droite. Il est encore tôt dans la campagne, mais la campagne de HaBayit Hayehudi se révèle être une opération agile, intelligente et professionnelle.

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Mais malgré le talent dont fait preuve HaBayit Hayehudi, lorsqu’il s’agit d’être agile et doué en informatique dans le cadre de la campagne, qui ne fait que débuter, le premier prix doit être décerné au parti Green Leaf [Feuille verte] dont la promesse principale est la légalisation du cannabis.

« Cette fois-ci, nous aporterons un réel changement. Nous devons mettre les Green Leaf à la Knesset », déclare Oren Leibovich, le nouveau dirigeant du part, dans une vidéo YouTube sur un son de funk.

« Nous sommes 500 000 consommateurs de cannabis en Israël », explique-t-il.

« Si un quart d’entre nous mettions mettaient Green Leaf dans l’urne, le changement arrivera. Il est temps de s’unir ».

Non, Green Leaf ne remporte pas le prix de la « campagne la plus cool » pour ses vidéos brillantes mais pour avoir trouvé une idée, euh… comment dire…, novatrice pour financer sa campagne en vendant, devinez quoi, des contrats à terme de marijuana.

« En échange de vos donations », poursuit Leibovich, « vous recevrez un reçu qui sera échangeable contre du vrai cannabis le jour où la loi [qui légalise le cannabis] passera ».

Et oui. Green Leaf vend des reçus pour du ‘shit’.

Est-ce que cela fonctionnera ? Mercredi, juste trois jours après que la vidéo ait été mise en ligne, la page du parti sur un site de financement communautaire, Headstart, avait déjà réuni 121 011 shekels.

Donc oui, c’est une bonne stratégie.