En Amérique, les experts et les politiciens se demandent ce que le discours de Netanyahu va signifier sur les relations americano-israéliennes et les relations américano-iraniennes pour les prochains mois, années, voire décennies.

En Israël, tout le monde se concentre sur les deux prochaines semaines.

Depuis que le discours a été annoncé en janvier, les critiques de Netanyahu l’ont accusé d’utiliser la scène du Capitole pour faire monter sa cote dans les sondages avant les élections du 17 mars en Israël. Ses partisans disent que sa seule intention est de défendre son pays contre une menace imminente.

Et en Israël, où il n’y a pas beaucoup de débat politique sur la nécessité de prévenir d’une arme nucléaire iranienne, les réactions au discours traitent tous une seule question : Quelles en seront les conséquences dans les urnes ?

« Il ne fait aucun doute que les images du Congrès montrant une standing ovation peuvent avoir une influence positive sur les électeurs », a déclaré Efraim Inbar, directeur du Centre Begin-Sadat pour les études stratégiques. « Les Israéliens comprennent que la critique qui lui est faite était politique. Les Israéliens comprennent que les relations israélo-américaines sont solides. »

Dans les journaux en Israël, les réactions au discours suivent, comme toujours, les lignes idéologiques.

Dans le quotidien pro-Netanyahu Israel Hayom, Boaz Bismuth écrit, sous le titre « Le discours d’un moment historique », que Netanyahu a réussi à transcender la politique, parce que « il y a des moments où un dirigeant fait ce qu’il fait, pas pour les votes, mais pour les enfants … Il y a des moments historiques créés par un leader. »

Ailleurs, les experts sont plus sceptiques quant aux objectifs du Premier ministre. Nahum Barnea, un critique ardent de Netanyahu au Yediot Aharonot, écrit que Netanyahu a utilisé « une occasion en or de laisser une impression sur les électeurs en Israël, et l’a utilisée au maximum. »

Netanyahu a mis l’accent sur la menace iranienne pendant toute la campagne, en dépit des sondages montrant que les électeurs se soucient cette fois davantage de l’économie. Oded Eran, un chercheur à l’Institut d’études de sécurité nationale, a déclaré à la lumière de cela, que le discours de Netanyahu n’influencera pas les votes, puisque « il y a des problèmes de logement et du coût de la vie et des soins de santé, et il n’a pas changé quoi que ce soit à cet égard ».

Mais dans le journal de gauche Haaretz, Yossi Verter écrit que le recentrage de la campagne était la clé du succès du discours. Maintenant, les Israéliens vont tous parler de la question favorite de Netanyahu : l’Iran.

« Il est trop tôt pour dire si la prestation de Bibi au Capitole, deux semaines avant les élections pourra endiguer la baisse constante de son parti, le Likud, dans les sondages et le maintenir à son poste pour un nouveau mandat, écrit Verter. Ce qui est certain, c’est que cette semaine sera dominée par les trois questions que Netanyahu et son personnel de campagne veulent mettre en avant : la sécurité, la sécurité et la sécurité. »