JTA – Les politiciens israéliens ont tous passé les trois derniers mois à tenter de convaincre les électeurs qu’ils sont le meilleur choix pour servir Israël. Mais l’issue du scrutin dépend aussi du nombre de votants.

Depuis 2001, la participation électorale en Israël a oscillé autour de 65 %, et la droite a remporté toutes les élections. Mais cette année, selon la Deuxième chaîne israélienne, environ 80 % des près de 6 millions d’électeurs d’Israël auraient l’intention de remplir leur devoir civique.

Cette hausse du taux de participation pourrait être de bonnes augure pour la gauche. Les deux dernières fois que les travaillistes ont remporté les élections, en 1992 et 1999, le taux de participation était respectivement de 77 et 78 %.

Nimrod Dweck, le directeur exécutif de V15 – qui vise à faire voter les électeurs de centre-gauche – a dit à JTA qu’une hausse de seulement 5 % de plus par rapport au taux de participation de 67 % (de la dernière élection) pourrait faire la différence pour Isaac Herzog, le meneur de l’Union sioniste.

Cela n’a pas échappé à l’attention du Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui a exhorté les dizaines de milliers de personnes venues assister dimanche soir à un rassemblement de soutien à la droite à combattre V15 (il l’a cité à plusieurs reprises par son nom) en se rendant de « maison en maison, de rue en rue, de quartier à quartier » pour faire « venir les électeurs massivement aux urnes ».

Mais le public majoritairement religieux de Netanyahu, vêtu de grandes kippot crochetées et de robes longues, n’a pas besoin d’être convaincu.

Les résidents des implantations, les Israéliens religieux et leurs partisans votent généralement plus que la moyenne, en raison d’une forte imprégnation idéologique ou par crainte qu’un gouvernement de gauche négocierait l’abandon de leurs maisons.

En 2013, trois des quatre plus grandes villes ayant le plus fort taux de participation étaient des implantations – avec une participation supérieure à 84 %.

Beaucoup de quartiers ultra-orthodoxes de Jérusalem avaient aussi un taux de participation supérieur à la moyenne, de l’ordre de 70 ou 80 %, donnant au parti haredi Yahadout HaTorah une majorité relative dans la capitale.

D’un autre côté, les électeurs israéliens arabes, et ceux qui vivent dans la périphérie souvent économiquement défavorisée d’Israël, ne votent généralement pas autant que l’Israélien moyen.

La participation arabe était de 10 % inferieure à la moyenne, en partie à cause du peu d’influence que les partis arabes ont à la Knesset. Les villes périphériques comme Ashkelon, Sderot et Beersheva, dont les habitants se plaignent souvent d’être négligés par les gouvernements, ont aussi affiché une faible participation électorale.

Dans une vidéo exhortant les Israéliens à voter, le président Reuven Rivlin dit que « l’apathie et le désespoir ne sont pas une option », tout en refusant de dire à un (faux) agent de police pour qui il allait voter

Parmi les Arabes, l’appel à aller voter semble fonctionner. Galvanisée par un nouveau parti arabe uni – la Liste arabe commune – et son leader charismatique, la participation des électeurs arabes devrait dépasser les 60 % cette année.

Nous saurons dans quelques heures si une participation plus élevée  – chez les Arabes israéliens et chez les Israéliens en général – aura un impact décisif sur les résultats.