Assises dans le hall d’un hôtel à Tel Aviv la semaine dernière, Marcia Almaida raconte comment elle a réussi à échapper à une attaque au couteau. Mais elle n’évoquait pas les récentes attaques au couteau menées par des terroristes palestiniens contre des citoyens israéliens en Israël et en Cisjordanie. Elle parlait de Rio de Janeiro, où elle vit.

« Il y a beaucoup de crimes au Brésil. On est plus en sécurité en Israël », assure Almaida, une adepte de Krav Maga qui finissait son séjour de 10 jours en Israël avec 45 autres individus aussi amateurs de ce système d’auto-défense initialement développé par l’armée israélienne.

Almaida, 31 ans, affirme que c’est sa formation physique et mentale acquise grâce au Krav Maga qui lui a permis d’avoir conscience de son environnement et d’être prête à fuir rapidement lorsqu’elle a été en face de son agresseur qui tenait un couteau à la main, dans sa ville natale.

Le Krav maga se concentre sur des situations qui pourraient survenir dans le monde réel et met l’accent sur la neutralisation des menaces grâce à des manœuvres défensives et offensives agressives.

Bien qu’il se fonde sur des techniques d’une variété de sports et d’arts martiaux, tels que la boxe, la lutte et le judo, son origine se situe dans les techniques de combat de rue que le créateur du Krav Maga, Imi Lichtenfeld, a utilisé lorsqu’il défendait le quartier juif de Bratislava en Tchécoslovaquie de voyous fascistes dans les années 1930.

Après son immigration en Israël à la fin des années 1940, Lichtenfeld a introduit le Krav Maga dans l’armée israélienne, et en 1964 il a commencé à former des civils.

Almaida et ses acolytes, âgés de 14 à 82 ans, se sont rendus en Israël pour découvrir le peuple et l’histoire du pays à l’origine du Krav Maga. En règle générale, Israël reçoit souvent de la mauvaise publicité des médias brésiliens.

Kobi Lichtenstein, maître de Krav Maga (Crédit : Renee Ghert-Zand/Times of Israel)

Kobi Lichtenstein, maître de Krav Maga (Crédit : Renee Ghert-Zand/Times of Israel)

« Ces voyages des étudiants en Krav Maga sont l’une des choses les plus importantes pour le Krav Maga et pour Israël », explique le maître de Krav Maga, Kobi Lichtenstein, qui a fait découvrir le système d’auto-défense israélien à l’Amérique du Sud.

« Ils découvrent l’histoire du pays et du Krav maga. Ils peuvent voir Israël tel qu’il est, voir ce qui se passe réellement ici, ils peuvent ainsi rentrer chez eux et devenir les ambassadeurs d’Israël qui s’élèvent contre les préjugés anti-Israël véhiculés dans les médias », confie-t-il.

Lichtenstein, un prodige du Krav Maga qui a commencé avec Lichtenfeld à l’âge de trois ans et a enseigné à d’autres à l’âge de quinze, a apporté le Krav Maga au Brésil lorsqu’il a quitté Israël pour Rio de Janeiro il y a 25 ans.

Avec le soutien et les conseils de Lichtenfeld, Lichtenstein, maintenant âgé de 50 ans, a créé une fédération d’Amérique du Sud de Krav Maga et commencé à enseigner le système sur tout le continent, y compris à l’armée et aux unités de police. Aujourd’hui, il y a plus de 150 centres d’entraînement avec 10 000 pratiquants en Amérique du Sud, la plupart au brésil, au Pérou ou en Argentine.

Sur les vingt dernières années, mais tout spécialement depuis 2011, Lichtentein a fair venir environ
1 000 instructeurs et pratiquants sud-américains de Krav Maga de tous niveaux. Il leur fait découvrir le pays à travers un itinéraire de voyage qui combine les sites touristiques typiques avec des activités concentrées sur le Krav Maga comme la visite de la tombe d’Imi Lichtenfeld à Netanya et l’entraînement avec des experts israéliens de Krav Maga à l’Institut Wingate.

« Notre entraînement à Wingate, c’était la première fois où j’ai appris comment faire face à plus d’un agresseur à la fois », a déclaré le participant au voyage Carlos Silva, âgé de 31 ans, de Florianopolis, une île au sud-est du Brésil.

‘Israël se défend lui-même, tout comme le Krav Maga t’aide à te défendre toi-même ».

Silva explique que le voyage lui a donné une nouvelle perspective d’Israël.

‘Israël se défend lui-même, tout comme le Krav Maga t’aide à te défendre toi-même »

« J’ai changé mon état d’esprit à propos d’Israël, explique-t-il. Israël n’attaque personne comme notre gouvernement nous le disait pendant la guerre de Gaza l’été dernier. Israël se défend lui-même, tout comme le Krav Maga t’aide à te défendre toi-même. »

« Avec ce que l’on entend dans les média brésiliens, on pourrait penser qu’Israël veut dominer les autres dans la région, mais ce n’est pas le cas, explique Diogo Fonseca, âgé de 29 ans, originaire de Brasilia, la capitale du Brésil.

« Il y a beaucoup de tolérance sociale et d’expression libre de la religion ici. Nous avons vu cela à Jérusalem qui a beaucoup de Lieux Saints, explique-t-il. Dieu merci, Israël s’occupe des sites religieux ici, car si d’autres étaient au pouvoir… »

Si les participants au voyage ont eu une vision positive d’Israël pour leur première rencontre du pays, ils reconnaissent qu’assomer l’opposition à l’État juif parmi leurs amis et famille une fois de retour chez eux, ne sera peut-être pas aussi facile.

Le groupe de Krav Maga du Brésil au Mur occidental en janvier 2015 (Crédit : Autorisation)

Le groupe de Krav Maga du Brésil au Mur occidental en janvier 2015 (Crédit : Autorisation)

Eduardo Amorim, âgé de 40 ans et originaire de Sao Paulo, pense que les réseaux sociaux ont porté un véritable coup à Israël.

« On répand tellement de désinformation sur Facebook. L’été dernier, il y a eu toutes ces vidéos qui ont été partagées mais dont personne n’a vérifié la véracité, dit-il. Les réseaux sociaux travaillent vraiment contre Israël ».

Pour Silva, voir c’est croire. Il est confiant que tout comme il a changé sa vision d’Israël en le visitant lui-même, cela peut en être de même avec les membres de sa famille.

« Quand tu dis ‘Israël’ à ma famille, la première chose qui leur vient à l’esprit, c’est la peur. Ils ont très peur de venir ici. Ils sont très catholiques, donc je vais les encourager à venir visiter la Terre Sainte », explique-t-il.