Le jeune lycéen français d’origine kurdo-turque, qui a agressé un professeur juif à Marseille avec une machette le 11 janvier 2016, dit qu’il a changé.

Selon des interrogatoires et des expertises que Le Monde a pu consulter, le jeune agresseur qui sera jugé par un tribunal pour mineurs dit qu’il « regrette ».

On se rappelle que lors de sa garde à vue dans les heures suivant l’agression les seuls regrets qu’ils avaient exprimés concernaient le fait de ne pas avoir « réussi à tuer » Benjamin Amsellem.

Aujourd’hui il dit que « ce n’est pas bien de tuer des gens » qu’ avant il « ne réfléchissai[t] que religieusement ». « Maintenant je sais qu’on est d’abord humain et puis ensuite musulman, » a-t-il déclaré selon les documents consultés par le quotidien du soir.

Il raconte sa radicalisation par « l’imam Google »: « pendant des semaines je n’ai regardé que des vidéos de l’Etat islamique, j’ai fait des recherches sur comment tuer avec des couteaux ». Des recherches pour tuer un « yahoudi » un juif.

De son côté Benjamin Amsellem, subit toujours, selon les dires de son avocat un fort stress post-traumatique, lui qui a toujours refusé de voir dans son agresseur autre chose qu’un gamin un peu paumé.

Comme tous les jours, Benjamin Amsellem sortait dans la rue portant sa kippa, quand un adolescent l’a attaqué avec une machette. On se souvient du professeur racontant s’être protégé avec ses bras et la Torah qu’il tenait dans la main. Mais aussi de la polémique qui avait suivi la déclaration de Tsvi Ammar, président du Consistoire de Marseille, conseillant de ne plus porter la kippa dans la rue.

C’était le 11 janvier 2016. Un an et un jour plus tard, rapporte le Point, l’adolescent, qui avait déclaré à la police agir au nom de l’Etat islamique, vient d’être renvoyé devant le tribunal pour enfant, pour tentative d’assassinat « en raison de la religion » et « en relation avec une entreprise terroriste, » a précisé une source judiciaire au Point.

La peine de ce jeune Kurdo-turc, qualifié de bon élève, sera plafonnée à 20 ans puisqu’il n’avait pas 16 ans au moment de l’agression. Un adulte aurait risqué jusqu’à la perpétuité.

Benjamin Amsellem, qui porte désormais la casquette sur sa kippa, a déclaré à la Provence qu’il espérait que le jeune a « changé et qu’il s’est rendu de compte de qu’il a fait ». Au lendemain de son agression, le professeur refusait déjà les discours vengeurs.