Condamnations après la célébration d’un mariage juif au mont du Temple
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Condamnations après la célébration d’un mariage juif au mont du Temple

La députée Gal-on condamne l’action et appelle Netanyahu à choisir entre les “illuminés” et la sécurité publique

Photo du mariage juif ayant eu lieu au mont du Temple, à Jérusalem, le 12 avril 2016. Illustration. (Crédit : Facebook)
Photo du mariage juif ayant eu lieu au mont du Temple, à Jérusalem, le 12 avril 2016. Illustration. (Crédit : Facebook)

Le mariage furtif d’un couple juif sur le mont du Temple à Jérusalem a entraîné la dirigeante d’un parti à appeler mercredi le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, à choisir entre « l’organisation illuminée » qui a mené la cérémonie et la sécurité publique.

L’annonce du mariage est intervenue quelques heures avant que des dirigeants palestiniens, qui ne semblaient pas informés de celui-ci, ne préviennent que la visite de Juifs sur le complexe pendant Pessah enflammerait les tensions.

Dans un post, qui a ensuite été supprimé, publié mardi sur sa page Facebook, l’institut du Temple a annoncé qu’un couple avait demandé au rabbin Chaïm Richman de les marier sur le mont du Temple, le lieu saint de Jérusalem qui est un point de grandes tensions du conflit entre Israéliens et Palestiniens.

L’institut, une association qui se décrit comme « dédiée à chaque aspect du commandement biblique de construire le Saint Temple de Dieu sur le mont Moriah [le mont du Temple] à Jérusalem », a déclaré qu’une partie de la cérémonie avait eu lieu avant, au siège de l’organisation, après quoi la noce, dont les deux témoins officiels demandés par la loi juive, s’est dirigée vers le mont du Temple.

Le couple juif qui s'est marié au mont du Temple, à Jérusalem, le 12 avril 2016. (Crédit : Facebook)
Le couple juif qui s’est marié au mont du Temple, à Jérusalem, le 12 avril 2016. (Crédit : Facebook)

« Tout en marchant le long du périmètre oriental du mont du Temple, le rabbin Richman a donné un signal tacite, a écrit l’institut. Les deux témoins se sont rapprochés du marié qui, bague à la main, a doucement dit à la mariée [en hébreu] : ‘Voici, tu m’es consacrée par cette bague, selon la loi de Moïse et d’Israël’, et a rapidement glissé la bague au doigt de la mariée. »

Prononcer la phrase et placer la bague au doigt de la mariée « est l’acte d’alliance du mariage dans chaque cérémonie de mariage juif. Le couple est à présent marié. »

Le groupe a ensuite quitté les lieux pour achever la cérémonie de mariage dans un autre endroit.

Selon l’institut, les rapides noces ont été enregistrées en vidéo mais, à la demande du couple, seules deux photos ont été publiées.

Dans une photo, on voit le marié mettre la bague au doigt de la mariée, et dans la seconde, elle montre sa main avec la bague. Les deux photos ont été retouchées pour masquer les visages des personnes présentes. A part Richman, l’institut n’a pas identifié les participants.

La police de Jérusalem n’a pas répondu publiquement à cet incident.

Photo du mariage juif ayant eu lieu au mont du Temple, à Jérusalem, le 12 avril 2016. (Crédit : Facebook)
Photo du mariage juif ayant eu lieu au mont du Temple, à Jérusalem, le 12 avril 2016. (Crédit : Facebook)

Le site d’information hébraïque Ynet, citant l’un des participants, a annoncé qu’il y avait 13 personnes présentes, dont l’une a agi comme appât pour distraire l’attention de la police et des officiels du Waqf pendant que la brève cérémonie avait lieu.

Dans un post publié sur Facebook, la députée Zehava Gal-on, du parti de gauche Meretz, était furieuse contre l’institut du Temple, déclarant qu’il menaçait le délicat statu quo au mont du Temple.

« Non seulement les personnes de l’institut du Temple décident de faire un pied de nez au délicat accord du mont du Temple, mais elles ont aussi décidé de le faire juste sous nos yeux », a-t-elle écrit.

Zahava Galon during a Knesset meeting (photo credit: Miriam Alster/Flash90)
Zahava Galon à la Knesset. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

« Je ne sais pas si le gouvernement pense que notre sang n’a pas de valeur, ou que les vies des citoyens israéliens sont moins importantes qu’une querelle avec un groupe d’illuminés qui veut mettre en place le troisième Temple et, en chemin, faire passer le conflit d’un conflit nationaliste à un conflit religieux. »

« Le temps est vraiment venu pour que le Premier ministre prenne ses responsabilités et décide de ce qu’il veut : le calme dans les rues ou continuer à transférer des centaines de milliers [de shekels] aux organisations qui veulent construire un troisième Temple et une troisième Guerre Mondiale. »

Gal-on a souligné que bien qu’elle soutienne la liberté de culte pour les Juifs au mont du Temple, « il y a un besoin de faire la différence entre le droit, et la possibilité d’exercer ce droit au moment présent ».

Mercredi, Adnan Gaith, directeur de la branche armée du Fatah, Tanzim, à Jérusalem, a déclaré à la radio publique israélienne que tout appel de dirigeants religieux ou politiques juifs à se rendre sur l’explosif complexe, qui accueille aujourd’hui la mosquée Al-Asqa et le Dôme du Rocher, connu en arabe comme Haram al-Sharif, le Sanctuaire Saint, « n’apportera pas la paix ou le calme ».

Le mufti de Jérusalem, le Sheikh Muhammad Ahmad Hussein, responsable de la mosquée Al-Aqsa, a également prévenu contre des « provocations » juives accrues sur le complexe pendant la fête juive, qui commence vendredi soir prochain.

Geith et Hussein, qui n’ont pas semblé faire référence au mariage sur le mont du Temple, ont accusé le Premier ministre Benjamin Netanyahu d’y exacerber les tensions.

Les Musulmans considèrent le complexe comme le troisième site saint de l’islam.

Dans le judaïsme, le mont du Temple est si saint que les Juifs se sont traditionnellement empêchés de prier là-bas, se rassemblant à la place au mur Occidental adjacent, un mur de soutien de l’ancien complexe du Temple, qui est devenu le premier site saint pour les prières juives. Mais pendant Pessah, certains Juifs pratiquants cherchent à visiter le mont en hommage aux pèlerinages que faisaient les Juifs aux temps bibliques.

Dans le cadre d’un accord entre le gouvernement israélien et les autorités islamiques sur le site, les Juifs ont le droit de visiter mais pas de prier sur le site, qui est révéré comme l’emplacement des deux anciens Temples juifs.

Des visiteurs juifs suspectés de violer la restriction de prière au mont du temple sont arrêtés régulièrement par la police.

Des affrontements entre de jeunes Palestiniens et les forces de sécurité israéliennes ont éclaté sur le complexe en septembre 2015, les Musulmans craignant qu’Israël ne prévoie de modifier les règles gouvernant le site. Israël a démenti avoir un tel projet.

Tamar Pileggi a contribué à cet article.

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