« Nous voulons une intervention sur le plan logistique avant tout et en particulier une intervention par des moyens militaires », a déclaré Massoum à la radio Europe 1, avant de se rendre au ministère français des Affaires étrangères, où doit se tenir la réunion

« Militairement nous n’avons pas besoin de soldats qui se battent sur le terrain en Irak. Nous avons besoin d’une intervention aérienne, d’une couverture aérienne (…) Il est nécessaire qu’ils interviennent rapidement parce que s’ils tardent, si cette intervention et ce soutien à l’Irak tardent, peut-être que Daesh (acronyme arabe de l’EI) va occuper d’autres territoires et leur menace sera plus grande », a exhorté le président irakien.

La conférence sur la sécurité en Irak, à laquelle participe une trentaine de pays arabes et occidentaux pour définir la stratégie internationale face à l’EI, s’ouvre dans un contexte dramatique, alors qu’un otage britannique, David Haines, a été décapité samedi par les djihadistes de l’EI. Il est le troisième otage occidental, après les journalistes américains James Foley et Steven Sotloff, à être exécuté sommairement en moins d’un mois.

« Nous somme face à une menace terroriste qui concerne l’ensemble de nos pays, et donc notre tâche est de nous défendre », a résumé le chef de la diplomatie française Laurent Fabius à la radio France inter.

« Quand on est un politique responsable, il faut mesurer bien sûr le coût de l’action mais aussi le coût de l’inaction, et le coût de l’inaction c’est de dire à ces terroristes, à ces égorgeurs : ‘allez-y vous avez le champ libre' ».

La France, poids lourd européen dans la coalition internationale emmenée par les Etats-Unis pour combattre Daesh, et qui a déjà annoncé sa disponibilité à participer à une intervention aérienne en Irak, où les Etats Unis mènent des frappes depuis le 8 août, a annoncé que les premiers vols de reconnaissance militaire auraient lieu dès le lundi 15 septembre.

« Dès ce matin (lundi), les premiers vols de reconnaissance auront lieu avec l’accord et des autorités irakiennes et des autorités émiraties », a dit le ministre francais de la Défense Jean-Yves Le Drian, en visite sur la base d’Al-Dhafra, aux Emirats arabes unis. « Soyez prêts à intervenir », a-t-il lancé à quelque 200 militaires français dont des pilotes d’avion de combat Rafale.

Coalition « en ordre de marche »

« Nous sommes désormais en ordre de marche », a dit à la chaîne CBS le secrétaire d’Etat américain John Kerry, arrivé samedi à Paris après un marathon diplomatique au Moyen-Orient et en Turquie, où il a obtenu le ralliement de 10 pays arabes à la coalition.

Selon les Etats-Unis, plus de 40 pays sont prêts à participer, d’une manière ou d’une autre, à cette alliance. L’Australie a notamment annoncé dimanche sa participation avec le déploiement de 600 militaires aux Emirats.

Désormais en première ligne après l’exécution de son ressortissant, la Grande-Bretagne a assuré, par la voix de son Premier ministre David Cameron, qu’elle « traquerait les responsables quel que soit le temps nécessaire ».

Cameron s’est cependant gardé de lever les incertitudes concernant l’éventuelle association de son pays aux frappes aériennes américaines en Irak et en Syrie, base arrière de l’Etat islamique.

David Haines, 44 ans, avait été enlevé en Syrie en mars 2013 au moment où il effectuait sa première mission pour l’ONG française Acted.

Dans sa vidéo intitulée « Un message aux alliés de l’Amérique », l’EI menace maintenant d’exécuter sommairement un autre Britannique, Alan Henning.

Le bourreau, visage dissimulé et fort accent britannique, s’adresse à M. Cameron et reproche au Royaume-Uni d’avoir rejoint les États-Unis dans leur combat contre l’EI.

La conférence de Paris, qui devait s’ouvrir à 07H30 GMT en présence notamment du chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov et de M. Kerry, devrait « permettre à chacun d’être beaucoup plus précis sur ce qu’il peut ou veut faire », a indiqué une source diplomatique, soulignant que les décisions prises n’auront pas forcément vocation à être toutes rendues publiques.

Face aux agissements de l’EI, Barack Obama a annoncé mercredi une extension de la campagne aérienne des Etats-Unis en Irak, où 1 600 militaires américains seront déployés pour appuyer les forces irakiennes en matière d’équipements, de formation et de renseignement.

Obama s’est aussi dit prêt à frapper l’EI en Syrie et s’est engagé à doper l’aide militaire aux rebelles syriens modérés, qui combattent à la fois les Djihadistes et le régime de Damas.

John Kerry a précisé que les frappes ne seraient pas coordonnées avec le régime syrien, malgré une demande de Damas.