Alors que les médias révèlent la confusion qui règne au sujet de la facturation de l’enterrement des quatre Juifs tués la semaine à Paris, le ministre des Services religieux, Naftali Bennett, a renversé la décision des pompes funèbres de facturer 50 000 shekels par famille.

Bennett et le ministre-adjoint Eli Ben-Dahan ont annoncé que le ministère couvrirait le coût de ces obsèques.

La société funéraire Hevra Kadisha a exigé, mardi, que les familles des quatre hommes juifs tués dans une attaque terroriste à Paris et enterrés à Jérusalem paient chacune 50 000 shekels (10 750 euros) pour leurs obsèques, ont rapporté les médias israéliens.

Selon le site d’informations Ynet, l’exigence de la société funéraire pour un total de 200 000 shekels (43 000 euros) est venue après que les familles ont refusé que les victimes soient enterrées dans des tombeaux de plusieurs étages, mais ont opté pour des enterrements a même le sol au cimetière Har Hamenuchot de Jérusalem.

Mais cette décision survient après plusieurs jours de confusion au sujet des funérailles, indique Haaretz.

Le gouvernement aurait mis la pression sur l’une des familles pour qu’elle accepte d’enterrer leur proche défunt en Israël, et cela malgré leur réticence, selon le dirigeant de ZAKA Yehuva Meshi-Zahav.

Certains articles indiquaient précédemment que c’était les familles qui avaient demandé à ce que l’enterrement ait lieu en Israël.

Comme les victimes n’étaient pas des citoyens israéliens, et que les enterrements n’étaient pas des obsèques d’Etat, aucune procédure claire n’a été mise en place pour déterminer qui prendrait en charge les coûts des funérailles. Le lieu de l’enterrement n’était pas clair non plus.

Les pompes funèbres Yemenite du mont des Oliviers avaient proposé des concessions dans l’ancien cimetière pour 15 000 euros par concession, selon des sources proches des familles. Mais la société refuse d’admettre que le prix était top élevé et affirme à Haaretz « qu’il y a un coût, et nous leur avons fait une proposition juste ».

Mais, selon Meshi-zahav, les concessions étaient loin et dans un lieu pas sûr du cimetière, et le gouvernement a décidé de ne pas tenir les funérailles là, probablement pour des raisons de sécurité.

Une femme d’affaire a alors proposé aux familles d’enterrer leurs proches dans des concessions dans une section privée du cimetière Har Hamenuchot de Jérusalem, mais le règlement du cimetière ne permettait de procéder ainsi.

Le gouvernement et les familles se sont alors tournés vers les pompes funèbres séfarades, qui leur ont proposé un enterrement sur le mont des Oliviers, mais le gouvernement a refusé l’offre.

Au final, après le refus des familles d’enterrer les victimes dans des tombeaux de plusieurs étages, la société séfarade a accepté de leur accorder un enterrement au sol à Har Hamenuchot pour 50 000 shekels par famille – 40 000 pour la concession et 10 000 pour l’enterrement.

La société funéraire explique qu’elle s’est pliée en quatre pour aider les familles. « Nous les avons enterrés sans finaliser le coût », indique un membre de la société Avraham Gilo. « Le prix d’une concession pour un étranger dans cette section est de 90 000 shekel, nous allons leur demander 50 % de ce prix, peut-être même moins. Mais dans le même temps, nous les avons enterrés sans leur demander de l’argent car les victimes le méritaient : ils ont été tués parce qu’ils étaient Juifs. »

La foule rassemblée a la mémoire des victimes

La foule rassemblée a la mémoire des victimes

Beaucoup de tombes en Israël sont superposées, en raison du manque de place dans les cimetières de ce petit pays.

Des milliers de personnes endeuillées se sont rassemblées mardi pour les funérailles de Yoav Hattab, Yohan Cohen, François-Michel Saada et Philippe Braham, cinq jours après leur assassinat par un tireur islamiste dans un supermarché casher à Paris.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le président Reuven Rivlin et d’autres responsables israéliens et français ont assisté à la cérémonie.

Alors que les familles ont prononcé des éloges sincères à la mémoire de leurs proches, les dirigeants d’Israël ont dénoncé l’extrémisme islamique et le terrorisme qu’il engendre, et exhorté le monde à affronter la violence et rétablir la sécurité.

Le bureau de Netanyahu a annoncé dimanche que les funérailles auraient lieu à Jérusalem après que le Premier ministre a consenti à une demande des familles d’enterrer les quatre victimes en Israël.

La décision a été prise après que le ministère des Affaires étrangères a offert aux familles d’enterrer leurs proches en Israël, malgré le fait qu’ils ne sont pas des citoyens israéliens, et les familles ont accepté.