Contredisant le secrétaire d’Etat John Kerry, le Mossad, l’agence israélienne de renseignement a démenti jeudi les informations selon lesquelles son chef aurait mis en garde des sénateurs américains contre une proposition de loi qui imposerait des sanctions à l’Iran si les négociations en cours sur le nucléaire ne parviennaient pas à un accord d’ici leur échéance en juin.

L’agence Bloomberg avait écrit mercredi que le chef de l’agence d’espionnage, Tamir Pardo, s’opposait à de nouvelles sanctions et Kerry a également cité les prétendus propos de Pardo.

Mais le Mossad a fait savoir jeudi que la position de Pardo n’avait pas été rapportée avec exactitude.

« Le chef du Mossad Tamir Pardo a rencontré il y a deux jours une délégation de sénateurs américains, à la demande de ceux-ci et avec la permission du Premier ministre », a indiqué l’agence dans un rare communiqué.

« Contrairement à ce qui a été publié, le chef du Mossad n’a pas dit qu’il s’opposait à des sanctions supplémentaires contre l’Iran, il a souligné lors de la réunion extraordinaire l’efficacité des sanctions contre l’Iran qui, pendant quelques années, ont amené l’Iran à la table des négociations ».

Le communiqué a également mentionné que le chef du Mossad Pardo avait dit aux sénateurs qu’il croyait à l’approche « de la carotte et du bâton », mais qu’il n’y avait pas assez de bâtons disponibles en Occident.

« Pardo a affirmé que sans une pression ferme, il ne serait pas possible de réaliser des compromis significatifs, du côté iranien. »

Mercredi, le secrétaire d’Etat Kerry avait dit que « l’un des agents de renseignement israélien les plus gradés » avait averti une délégation du Congrès américain en visite que davantage de sanctions reviendrait à « jeter une grenade dans le processus ».

Le communiqué du Mossad a reconnu que Pardo fait référence à des sanctions comme « lancer une grenade dans le processus », mais que son intention était la description d’une crise temporaire qui conduirait à une reprise des négociations dans le cadre de conditions plus favorables pour l’Occident – et non pas que la grenade éliminerait les chances de négociation un accord.

La déclaration du Mossad a également souligné que Pardo avait exprimé en des termes non équivoques qu’il s’opposait aux termes de l’accord en cours de négociation avec l’Iran, et que celui-ci conduirait à une course aux armements dans la région.