Israël a rejeté jeudi avec force l’allégation du président américain Barack Obama selon laquelle les opposants à l’accord nucléaire avec l’Iran avaient été incapables de présenter de meilleures options.

Israël a aussi ajouté qu’un bon accord était encore possible si la communauté internationale, menée par Washington, maintenait le régime des sanctions contre Téhéran.

« Nous avons toujours exposé une alternative, qui est un meilleur accord bloquant efficacement le chemin de l’Iran vers la bombe et qui lie la levée des sanctions à des changements tangibles dans le comportement iranien », a déclaré jeudi un responsable israélien.

Le fonctionnaire a également contesté l’affirmation d’Obama que l’ensemble de la communauté internationale soutenait l’accord de Vienne, que les États-Unis et les cinq puissances mondiales ont signé mardi avec l’Iran.

Il a également indiqué que le gouvernement israélien etait convaincu qu’il peut persuader les parlementaires américains de s’opposer à l’accord. « Nous croyons que nous pouvons gagner sur le fond, » a-t-il affirmé au Times of Israel.

Défendant l’accord mercredi lors d’une longue conférence de presse, le président américain a fait valoir que les opposants à l’accord n’avaient pas proposé d’alternative meilleure sur la façon de traiter avec les ambitions nucléaires de l’Iran.

« Quant aux objections du Premier ministre Netanyahu, ou en l’occurence, d’une partie des dirigeants républicains qui se sont déjà exprimés, aucun d’entre eux n’a présenté à moi, ou au peuple américain, une meilleure alternative », a déclaré Obama.

Le président a ajouté qu’il n’avait encore entendu parler d’une meilleure solution à l’impasse nucléaire iranienne, arguant qu’il n’y avait que deux options : l’impasse nucléaire peut être soit résolue diplomatiquement, à travers l’accord négocié avec le P5+1, ou par la guerre. « Voici les options », a déclaré Obama.

Mais le responsable israélien, parlant sous condition d’anonymat, a contesté cet argument, en disant que la communauté internationale aurait dû « insister pour un meilleur accord » par le maintien et même l’intensification des sanctions sur l’Iran en insistant qu’elles ne soient levées qu’après que le regime iranien démontre la conformité avec les exigences du P5+1.

Le fonctionnaire a également exprimé son désaccord avec l’argument d’Obama qu’il aurait été impossible de maintenir le régime de sanctions internationales contre l’Iran.

« Nous ne pensons pas que les sanctions se seraient effondrées; tout au contraire, » poursuit le fonctionnaire, » nous croyons sincèrement que les sanctions auraient pu être maintenues en place, si le leadership américain l’avait voulu ».

En raison de la puissance économique mondiale des États-Unis, leurs sanctions auraient affecté directement le comportement économique international, a-t-il expliqué.

« Si vous êtes une société allemande ou suisse et que vous voulez faire des affaires en Iran, mais, ce faisant, devez renoncer au marché américain, cela aurait été facile. Si elles sont forcées de choisir entre les économies américaine ou iranienne, qu’auraient fait les personnes les plus rationnelles ? »

Lors de sa conférence de presse mercredi, Obama avait affirmé qu’il est « absolument inexact » qu’il était possible, en l’absence d’un accord, de « maintenir les sanctions en place avec la même vigueur et l’efficacité que nous avons en ce moment. »

Le régime de sanctions internationales a nécessité la collaboration de tous les pays à travers le monde, « beaucoup d’entre eux veulent vraiment acheter du pétrole à l’Iran », a dit Obama.

« L’imposition de sanctions – leur coopération avec nous – leur a coûté des milliards de dollars, ce qui leur est difficile. Ils avaient été disposés à le faire parce qu’ils ont cru que nous étions sincères dans nos tentatives de résoudre pacifiquement la question nucléaire ».

Si, toutefois, la communauté internationale avait vu que les États-Unis s’éloignaient d’un accord, le régime de sanctions serait tombé, a fait valoir le président.

« Nous aurions pu encore maintenir certaines de nos sanctions unilatérales, mais cela aurait été beaucoup moins efficace – comme cela avait été le cas avant que nous avons été en mesure de mettre en place ces sanctions multilatérales. »

« Les voisins de l’Iran – ceux qui connaissent le mieux l’Iran- sont unis dans leur opposition à l’accord »

Le haut responsable israélien a également contesté l’affirmation d’Obama que « 99 % de la communauté mondiale » estime que l’accord de Vienne résout de façon satisfaisante la menace nucléaire iranienne.

« L’ensemble de la communauté internationale ne soutient pas l’accord. Il y a beaucoup d’oppositions, en particulier des pays de la région », a dit l’officiel. « Les voisins de l’Iran – ceux qui connaissent le mieux l’Iran – sont unis dans leur opposition à l’accord. »

On estime qu’Israël pourrait faire pression sur le Congrès américain contre l’accord, mais le fonctionnaire a refusé de révéler si Jérusalem avait l’intention d’envoyer des représentants sur la Colline du Capitole ou si le Premier ministre envisageait de mener des conversations téléphoniques avec des membres du Congrès.

« Nous allons défendre notre cause auprès de tous ceux qui sont interressés à l’entendre », a annoncé le haut fonctionnaire, ajoutant : « Nous croyons que nous pouvons gagner sur le fond. »

Le fonctionnaire a également répondu à l’affirmation du ministre britannique des Affaires étrangères Philip Hammond qu’Israël se serait opposé à tout accord avec l’Iran.

« Ces propos viennent de quelqu’un qui faisait partie du processus de prise de décision à Vienne. Il a la tâche de justifier l’accord, quand il est de plus en plus évident pour les gens qui étudient les détails de cet accord qu’il est de plus en plus difficile à le justifier ».

Hammond, qui doit rencontrer des responsables israéliens jeudi à Jérusalem, a déclaré mercredi aux parlementaires britanniques qu’ « Israël ne veut pas d’accord avec l’Iran. » Au contraire, selon lui, « Israël veut un état de confrontation permanente, et je ne pense pas que ce soit dans l’intérêt de la région ».