Le leader du principal parti de l’opposition, le parti travailliste britannique, Jeremy Corbyn, a rencontré mardi les dirigeants de la communauté juive du Royaume-Uni pour la première fois depuis qu’il a remporté les primaires au mois de septembre.

« La réunion a donné lieu à des clarifications importantes sur l’opinion du chef de l’opposition sur les questions clés pour la communauté juive », a déclaré le Conseil des représentants des Juifs britanniques dans un communiqué mardi.

Souvent accusé d’avoir des positions anti-Israéliennes, Corbyn et deux de ses principaux conseillers ont rencontré le président du Conseil des représentants Jonathan Arkush et la directrice générale, Gillian Merron, et ont évoqué « un éventail de questions d’intérêt et qui préoccupent la communauté juive britannique », a indiqué le groupe juif.

« Nous avons eu une réunion positive et constructive et nous avons été heureux que M. Corbyn ait donné un engagement très solide sur le droit d’Israël de vivre dans des frontières sûres et reconnues dans le cadre d’une solution à deux Etats au conflit israélo-palestinien », a déclaré Arkush, selon le communiqué.

Il a ajouté qu’il y avait eu un accord dans certains domaines clés mais qu’ « il y avait encore des questions sur lesquelles le leader du parti travailliste pourrait prendre des engagements plus fermes ».

Le dirigeant juif décrit la discussion de mardi comme étant « le début d’une conversation entre la communauté juive et le Parti travailliste » et a ajouté qu’une autre réunion aura lieu plus tard cette année.

Jonathan Arkush, vice président du Conseil des députés (Crédit : Autorisation)

Jonathan Arkush, vice président du Conseil des députés (Crédit : Autorisation)

Corbyn a été critiqué par des membres de la communauté juive du Royaume-Uni pour avoir sympathisé avec le Hamas et le Hezbollah – des groupes terroristes ouvertement déterminés à détruire Israël – et est largement considéré comme étant l’un des députés britanniques les plus hostiles à Israël.

Il a publiquement approuvé un embargo sur les armes envoyées à Israël et le boycott des universités israéliennes impliquées dans la recherche d’armes. Il a récemment été critiqué dans l’eau quand il a défendu un ministre anglican qui a publié des théories conspirationnistes antisémites en ligne.

« Il devrait faire plus pour répondre aux préoccupations profondes et réelles sur les réunions passées avec des personnes ou des organisations extrémistes ou qui ont des opinions antisémites », a ajouté Arkush. « Nous souhaitons aussi que la direction du parti travailliste montre avec plus de clarté qu’il maintiendra son opposition de longue date des boycotts contre Israël ».

En septembre, le Conseil des députés a félicité Corbyn pour son élection à la tête du parti, en disant qu’il espérait le rencontrer pour qu’il réponde aux préoccupations concernant certaines de ses positions.

Peu après son élection, Corbyn a été critiqué pour avoir évité de dire le mot « Israël » lors d’un discours à un événement organisé par le Labour Friends of Israel.

A la fin du discours, qui a porté sur la reprise du dialogue et qui prônait un retour au processus de paix, aucune référence directe n’a été faite sur Israël. Un homme, qui était au fond de la salle, a interrompu le discours en criant : « Dites le mot Israël. Dites le mot Israël ».

Le chef du Parti travailliste britannique Jeremy Corbyn parlant à la conférence annuelle du Parti travailliste à Brighton, en Angleterre, le 29 septembre 2015 (Crédit photo: Leon Neal / AFP)

Le chef du Parti travailliste britannique Jeremy Corbyn parlant à la conférence annuelle du Parti travailliste à Brighton, en Angleterre, le 29 septembre 2015 (Crédit photo: Leon Neal / AFP)

Arkush avait déclaré en décembre qu’une réunion avec le chef de l’opposition nouvellement élu serait « une épreuve décisive sur la façon dont les relations seront entre le parti travailliste et la communauté juive. Il le sait, et je le sais », avait rapporté le Jewish Chronicle.

Il y a sept ans, Corbyn avait proposé d’accueillir des représentants du Hamas et du Hezbollah au Parlement britannique.

Il a ensuite expliqué qu’il avait utilisé le mot « amis » d’une manière « collective » pour décrire les organisations extrémistes islamistes lors d’un discours de 2009 mais qu’il n’approuvait pas leur point de vue.

« J’ai accueilli nos amis du Hezbollah pour avoir une discussion et un débat et j’ai dit que je voulais que le Hamas fasse partie de ce débat. J’ai rencontré le Hamas au Liban et j’ai rencontré Hezbollah dans ce pays et au Liban », avait-il affirmé.