Les partis politiques rivaux du Hamas et du Fatah doivent libérer immédiatement les prisonniers politiques appartenant au groupe adverse et élargir la liberté politique dans les territoires sous leur contrôle respectif, a déclaré un parlementaire du Hamas jeudi.

Ismail Al-Ashqar, membre de la commission des libertés établie en vertu de l’accord de réconciliation Fatah-Hamas signé la semaine dernière, a déclaré au journal Al-Resalah affilié au Hamas que cinq des dix sujets examinés à la première réunion de la commission mercredi seront appliqués avant même la formation du gouvernement.

Selon l’accord, un gouvernement technocrate d’unité devait être formé dans les cinq semaines à venir.

Selon Ashqar, le Fatah et le Hamas libéreront immédiatement tous les prisonniers politiques arrêtés suite à la violente prise de pouvoir de la bande de Gaza par le Hamas en 2007 ; autoriseront la liberté politique, « sans interventions ou limitations » ; mettront fin aux arrestations et au harcèlement politique ; et permettront la liberté de la presse et la liberté de circuler aux membres du groupe rival.

« La commission a exigé l’application immédiate [de ces questions] », a déclaré Al- Achqar Resalah. « Toute équipe qui y fera opposition assumera l’entière responsabilité d’entrave à la réconciliation. »

Actuellement, les journaux officiels de l’Autorité palestinienne sont interdits dans la bande de Gaza, et les publications du Hamas sont interdites en Cisjordanie. Les membres de l’organisation sont régulièrement convoqués pour des enquêtes menées par le gouvernement de l’opposition, et sont souvent emprisonnés sans procès.

L’atmosphère de détente était palpable dans la ville de Cisjordanie d’Al-Bireh, près de Ramallah, mercredi, lorsque quelque 1 000 partisans du Hamas sont descendus dans les rues pour les funérailles des frères Adel et Imad Awadallah, des dirigeants du Hamas éliminés par Israël en 1998.

Les corps des deux frères, et celui d’un terroriste suicide du Hamas, avaient été remis par Israël plus tôt dans la journée.

Un certain nombre de questions de « liberté personnelle » devront attendre la formation du gouvernement d’union prévue pour juin, précise Ashqar.

Il s’agit notamment de réembaucher des fonctionnaires licenciés en raison de leur affiliation politique, de permettre le fonctionnement des organismes de bienfaisance associés aux mouvements politiques, de mettre fin au filtrage sur fond politique, et de permettre aux membres du Fatah bannis de la bande de Gaza par le Hamas de revenir.

Hisham Abdul Razeq, un ancien ministre AP des Affaires des prisonniers et membre du comité des libertés, reste sceptique quant à toute avancée avant la formation du nouveau gouvernement.

« Nous avons échoué par le passé sur un grand nombre de questions », a déclaré Abdul Razeq à l’agence d’information Maan mercredi. « Mais nous abordons une nouvelle étape qui débutera pour de bon avec la formation d’un gouvernement provisoire représentant tous les Palestiniens. »