Le cabinet du Premier ministre a approuvé dimanche une coupe de 1,2 milliards de shekels dans le budget 2017-2018 afin de financer la relocalisation de l’avant-poste d’Amona, d’établir la nouvelle entreprise de radiodiffusion publique et de construire de nouvelles écoles dans les communautés ultra-orthodoxes.

Ces coupes effectuées dans les budgets des ministères de l’Education, de la Santé et des Affaires sociales figureraient parmi les mesures d’austérité approuvées par les ministres lors du vote.

Ces réductions s’élèvent à presque 2 % du budget total. Elles ont ont été adoptées lors d’un vote du cabinet dimanche, après que le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le ministre des Finances Moshe Kahlon et d’autres hauts responsables des ministères, ont reconnu que ces baisses devraient être approuvées par la Knesset lors de l’adoption du budget global pour les années 2017-2018 à la fin du mois.

Actuellement, le budget 2017 s’élève à 359,7 milliards de shekels. Il a été prévu de l’augmenter pour atteindre 376,7 milliards de shekels pour 2018, selon le ministère des Finances.

Les mesures d’austérité approuvées dimanche ont été estimées nécessaires par le ministère des Finances. Il l’a justifié par le coût de la construction temporaire de logements pour les habitants d’Amona, mais aussi le financement de la future corporation de radiodiffusion publique et la construction de nouvelles institutions d’enseignement au sein des communautés ultra-orthodoxes, conformément aux accords de coalition.

Ces coupes budgétaires s’élèveront à plus de 1 % du budget total des ministères de la Santé et de l’Education.

Une école haredi dans l'implantation ultra orthodoxe de Beitar Illit, le 27 août 2014. (Crédit : Nati Shohat/Flash90)

Une école haredi dans l’implantation ultra orthodoxe de Beitar Illit, le 27 août 2014. (Crédit : Nati Shohat/Flash90)

Le ministère a indiqué que les fonds épargnés permettraient également de couvrir en partie les coûts des bus publics blindés en Cisjordanie, l’emploi des travailleurs palestiniens en Israël et la réponse aux différents accords de coalition qui ont été déterminés depuis la première proposition de budget.

Avant le vote, le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan a promis de se prononcer contre les coupes proposées, disant que soustraire 37 millions de shekels aux fonds de son ministère serait « un coup dur porté aux nouveaux programmes, comme l’application de la loi dans le secteur arabe et le renforcement de la sécurité à Jérusalem », selon les médias israéliens.

De nombreux politiciens de l’opposition ont réagi avec colère aux baisses souscrites. Shelly Yachimovich, députée de l’Union sioniste, les a qualifiées de « brutales » et de « lâches » sur Twitter, tout en ajoutant qu’elles « approfondiront la pauvreté », puisque « les services fondamentaux sont attaqués. »

Ofer Shelah, député du parti Yesh Atid, a également dénoncé ces coupes budgétaires, annonçant qu’elles « toucheront les services auxquels nous avons droit en tant que citoyens » et qu’ « elles démontrent les dégâts commis dans l’économie israélienne et à nous tous » par Kahlon pendant son mandat de ministre des Finances.

Isaac Herzog, chef de l’opposition, a critiqué lundi cette décision.

Cette initiative montre que « ceux qui sont proches [du Premier ministre] obtiennent un million de shekels. Ceux qui extorquent obtiennent un million de shekels » a indiqué le président de l’Union Sioniste au début de la réunion hebdomadaire de sa faction.

Marissa Newman a contribué à cet article.