La Conférence des responsables de culte en France (CRCF) rencontrera le Président de la République le 1er juillet 2015 à 11h30, afin de lui présenter et lui remettre sa déclaration sur la crise climatique.

Le 1er juillet 2015, la Conférence des responsables de culte en France (CRCF) sera reçue à l’Elysée par le Président de la République, François Hollande, Ségolène Royal, ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, Bernard Cazeneuve, Ministre de l’Intérieur, ainsi que Nicolas Hulot, envoyé spécial du président de la République pour la Protection de la planète.

A cette occasion, la CRCF fera part de sa mobilisation quant aux enjeux climatiques et présentera une déclaration commune qu’elle remettra au président de la République à l’issue de la rencontre.

Fruit de la réflexion initiée le mois dernier lors du colloque co-organisé avec la Commission du développement durable du Sénat, “CDP/COP21 – le climat : quels enjeux pour les religions ?”, ce texte aura pour objectif de sensibiliser et de transmettre l’exigence de responsabilité de l’être humain au sein de la nature et de la création.

Les membres de la CRCF observeront ce jour un jeûne pour le Climat et seront accompagnés, lors de l’audience, par Laura Morosini et Martin Kopp, représentants de cette initiative interreligieuse.

La CRCF s’inscrit ce faisant dans une tradition de collaboration interreligieuse sur le climat à l’occasion des COP.

La CRCF a été créée le 23 novembre 2010. Elle regroupe six instances responsables du bouddhisme, des églises chrétiennes (Catholique, Orthodoxe, Protestante), de l’islam et du judaïsme.

Cette initiative est justifiée par la volonté des responsables de culte d’approfondir leur connaissance mutuelle, par le sentiment de contribuer ensemble à la cohésion de notre société dans le respect des autres courants de pensée, et par la reconnaissance de la laïcité comme faisant partie du bien commun de notre société.

Les membres de la CRCF comptent parmi leurs rangs :

Mgr Georges PONTIER et Mgr Pascal DELANNOY (Conférence des évêques de France) / Le pasteur François CLAVAIROLY et le pasteur Laurent SCHLUMBERGER (Fédération protestante de France) / Le métropolite Emmanuel et le métropolite Joseph (Assemblée des Evêques Orthodoxes de France) / M. le Grand Rabbin de France Haïm KORSIA et M. Joël MERGUI, président du Consistoire (Consistoire central israélite de France) / Le recteur Dalil BOUBAKEUR et M. Anouar KBIBECH (Conseil français du culte musulman) / M. Olivier WANG-GENH et Madame Marie Stella BOUSSEMART (Union Bouddhiste de France)

Ils ont lancé un appel au président de la République au nom de leur foi respective :

« Nous, membres de la Conférence des responsables de culte en France, prenons la parole ensemble pour partager notre conviction : au-delà des problématiques techniques, économiques et géopolitiques, la crise climatique relève d’un défi spirituel et moral.

C’est d’abord notre rapport à la création comprise comme don de Dieu et à la nature qui est en jeu.

Ayant perdu de vue sa relation à la nature et son intime interdépendance avec tout ce qui constitue celle-ci, l’humanité s’est fourvoyée dans un rapport de domination et d’exploitation mortifère de l’environnement.

Nous sommes mis au défi de repenser et d’habiter autrement notre rapport à la création et à la nature. Nous faisons un. En détruisant l’environnement, l’humanité se détruit elle-même ; en le préservant, nous nous préservons nous-mêmes, nous préservons notre prochain et les générations futures.

Notre conscience spirituelle et morale est interpellée.

Nous sommes mis au défi d’agir pour la justice, d’œuvrer pour la paix, de préparer de toute urgence un futur sûr et viable pour nos enfants, en sortant de l’ère des énergies polluantes et en revoyant nos modèles économiques de production et de consommation sans limite.

Nous appelons à un sursaut des consciences vers une action climatique conséquente et à une remise en question de nos valeurs et de nos attitudes. Refusons l’indifférence et l’avidité. Ouvrons-nous à la compassion et à la fraternité. Sortons de nos égoïsmes. Soyons solidaires et prenons le bien commun pour boussole. Persévérons et valorisons chaque action. »

Ils appellent à l’adoption d’un accord contraignant applicable à tous qui :

– engage à sortir à temps de l’ère des énergies fossiles et vise un ensemble d’objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre qui garde le réchauffement moyen global bien en deçà de +2 °C, doté de règles assurant la transparence, la responsabilité et un processus de révision des objectifs régulier ;

– protège les populations les plus vulnérables aux impacts des changements en leur permettant de s’adapter à ces impacts et en prenant en compte les pertes et dommages causés ;

– favorise un développement écologiquement responsable et la lutte contre la pauvreté en garantissant un financement adéquat, le transfert de technologies et le renforcement des savoirs et des compétences.

Le texte poursuit : « Bien que la COP21 soit une étape clé, nous sommes convaincus que les défis posés par les changements climatiques ne peuvent être relevés de façon effective par les Etats seuls, mais surtout par une mobilisation individuelle et collective, aujourd’hui et dans les années à venir.

Nous appelons les membres de nos communautés à prendre conscience des enjeux de la COP21 et à faire évoluer leurs propres modes de vie.

Nous nous engageons à enseigner et transmettre, à partir de nos textes fondateurs et de nos traditions respectives, l’exigence de prise de conscience, d’éveil et de responsabilité de l’être humain au sein de la nature et de la création. »