Le président allemand Joachim Gauck a publiquement demandé « pardon au nom de l’Allemagne », aux familles des victimes d’un massacre commis par l’armée allemande durant la Seconde Guerre mondiale dans les montagnes du nord de la Grèce où il s’est rendu vendredi.

« Avec honte et douleur, je demande pardon au nom de l’Allemagne aux familles des victimes », a déclaré M. Gauck lors d’un déplacement à Liguiades, un village situé dans la région d’Epire, à 400 kilomètres au nord-ouest d’Athènes, près de la frontière avec l’Albanie.

« Je m’incline devant les victimes d’un crime monstrueux », a ajouté le président allemand, soucieux « d’exprimer, ce que les auteurs (du crime, ndlr) et beaucoup de responsables politiques d’après-guerre n’ont pas voulu exprimer: que ce qui s’est passé fut d’une injustice brutale ».

Dans ce village, le 3 octobre 1943 les nazis avaient tué plus de 80 personnes, dont des dizaines d’enfants, en représailles à des attaques des résistants grecs contre l’armée allemande.

Le président allemand était accompagné sur les lieux du souvenir par le président de la République grec, originaire de la région, Carolos Papoulias, 84 ans, qui a participé à la résistance antinazie de 1942 à 1944. M. Papoulias a étudié en Allemagne et séjourné dans ce pays pendant la dictature des colonels.

« Ce sont ces phrases non-dites qui constituent une seconde faute car elles effacent les victimes de la mémoire », a encore affirmé M. Rau.

L’un de ces prédécesseurs, le président Johannes Rau s’était rendu en 2000 sur les lieux d’un autre crime sanglant commis par les nazis, à Kalavrita, dans le Péloponnèse, reconnaissant à ce sujet la culpabilité allemande sans toutefois demander « pardon ».

Lors de sa visite de deux jours en Grèce entamée à Athènes, Joachim Gauck a été confronté à la revendication de réparations financières réclamées à son pays en compensation des crimes commis lors de l’occupation du pays par les nazis (1941-1944) et d’un emprunt forcé à la Grèce contracté en 1942.

Ce vieux débat ravivé par la crise qui fait porter à l’Allemagne la responsabilité de l’austérité drastique imposée à la Grèce depuis 2010 est notamment porté par le président grec et l’opposition radicale de gauche Syriza.