Le pouvoir en Syrie a accusé Israël d’avoir bombardé vendredi son aéroport militaire dans la région de Mazzé, près de Damas, selon l’agence officielle de presse Sana.

Cette frappe aurait tué des responsables syriens de haut rang, ont déclaré des personnes présentes sur place vendredi, selon un article paru dans la presse saoudienne.

Les personnes citées par le journal al-Arabiya ont affirmé que plusieurs responsables de haut rang appartenant au régime syrien du président Bashar Assad ont été tués lors du bombardement de l’aéroport militaire dans le sud ouest de Damas.

Cette information n’a pas encore été confirmée.

Sana qui a annoncé la frappe, qu’elle a mis sur le compte des missiles israéliens, a signalé qu’il y avait eu un incendie suite à la frappe mais n’a pas évoqué de blessé.

Citant une « source militaire », l’agence a précisé que « l’aviation israélienne a tiré plusieurs missiles dans la nuit » à partir du Golan sur l’aéroport de Mazzé, dans la banlieue ouest de Damas, provoquant des incendies.

« Les forces armées syriennes mettent en garde l’ennemi israélien contre les répercussions de cette agression flagrante et affirment leur intention de poursuivre la guerre contre le terrorisme jusqu’à l’éradication de ce fléau », a ajouté la même source, sans faire état de victime.

Celle-ci accuse Israël de soutenir les « organisations terroristes » impliquées dans la guerre en Syrie. Dans la terminologie officielle syrienne, les rebelles et les organisations djihadistes contre lesquels lutte le régime de Bachar al-Assad sont qualifiés de « terroristes ».

Interrogée plus tôt par l’AFP sur les explosions à Mazzé, l’armée israélienne s’est refusée à tout commentaire.

Selon plusieurs médias locaux, les secouristes ont été envoyés sur les lieux de la frappe.

Le journal libanais al-Meyadeen a annoncé que la frappe, qui visait un dépôt où étaient stockées des munitions, avait blessé 4 soldats.

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), « ces tirs de missiles ont visé des dépôts de munitions à Mazzé et provoqué huit explosions ».

L’aéroport militaire de Mazzé, situé à 8 km de Damas, abrite les services de renseignements de l’armée de l’air qui disposent là-bas d’une vaste prison. Il sert également de base d’où les troupes mènent leur attaque contre les rebelles. Le régime syrien avait accusé Israël d’avoir mené des raids contre cette base en décembre dernier.

Selon les médias syriens, une série d’explosions a touché vendredi cet aéroport où plusieurs ambulances ont été dépêchées. Le correspondant de l’AFP sur place a vu un large incendie et de la fumée s’élevant de la base militaire.

Le 7 décembre, l’agence Sana a affirmé que les environs de cette base avaient été touchés par des missiles sol-sol israéliens, tirés à partir du plateau du Golan par Israël. Il s’agissait alors de la deuxième frappe contre des positions militaires proches de Damas en l’espace de huit jours.

Israël, officiellement en état de guerre avec la Syrie, affirme rester à l’écart du conflit qui fait rage chez son voisin. L’Etat hébreu y mène toutefois des opérations ponctuelles notamment contre l’un de ses grands ennemis, le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, engagé dans le conflit aux côtés du président Bachar al-Assad.

L’armée, qui refuse de commenter les articles de la presse étrangère sur ses opérations militaires, a refusé de commenter cette information.

Les vidéos postées en ligne, qui sont censées être des films de l’attaque de vendredi, montrent des incendies et on peut entendre les sirènes des ambulances.

En avril 2016, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a admis qu’Israël avait attaqué des dizaines de convois d’armes en Syrie destinés au Hezbollah.

Judah Ari Gross et l’AFP ont contribué à cet article.