L’ambassadeur américain en Israël a condamné jeudi un plan de construction de 1 500 unités de logement en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, annoncé comme une mesure de représailles suite à la formation du gouvernement palestinien d’union nationale.

« Nous nous opposons à la construction de colonies en Cisjordanie ainsi qu’aux annonces d’une telle initiative », a déclaré Dan Shapiro à la radio de l’armée. « Nous aimerions le réaliser indépendamment de ce cas litigieux de nouveau gouvernement de transition palestinien. »

La déclaration de Shapiro est la première réaction officielle américaine à la décision du ministère du Logement et de la Construction d’émettre des appels d’offres pour 1 500 unités, annoncée jeudi matin.

Le ministre du Logement et de la Construction Uri Ariel a qualifié l’initiative de « réaction sioniste appropriée devant un gouvernement terroriste palestinien. »

Parmi les projets de logements approuvés par le ministère, plus de 700 logements sont prévus à Efrat et de Beitar Illit au sud de Jérusalem, 76 à Ariel, 78 à Alfei Menashe, 155 à Givat Zeev, et 400 dans le quartier nord de Jérusalem de Ramat Shlomo.

Quelque 38 logements supplémentaires seraient construits à l’extérieur des grands blocs de colonies de Cisjordanie, à Geva Binyamin, au nord de Jérusalem.

L’annonce de la construction dans les implantations est intervenue après l’entente des partis palestiniens Fatah et le Hamas et la formation d’un gouvernement d’union nationale lundi, mettant un terme à sept années d’hostilité.

Israël et les Etats-Unis considèrent le Hamas comme un groupe terroriste. Si Israël s’oppose au gouvernement et appelle à son boycott, les États-Unis pour leur part ont déclaré qu’ils continueraient à s’entretenir avec Ramallah, suscitant la colère de certains officiels à Jérusalem.

Pourtant, selon Shapiro, les États-Unis ne reconnaissent pas le Hamas comme représentant légitime du peuple palestinien, malgré la formation du nouveau gouvernement.

« Nous n’avons aucune illusion sur le Hamas ; Le Hamas est une organisation terroriste », a-t-il affirmé.

« Nous n’avons pas de liens avec le Hamas et nous ne traitons pas avec eux, nous ne leur apporterons aucune aide, et ne travaillerons pas avec un gouvernement qui compte le Hamas comme membre. »

Le nouveau cabinet palestinien assermenté lundi, considéré comme un cabinet intérimaire technocratique destiné à mener les Palestiniens vers de nouvelles élections, ne comprend pas de ministres du Hamas.

Les États-Unis, l’UE, l’ONU et la Russie, la France, le Royaume-Uni ont tous accepté de travailler avec lui.

Lundi soir, Jérusalem a fustigé les Etats-Unis pour avoir annoncé qu’ils traiteraient avec le nouveau gouvernement palestinien d’union nationale. Pour les responsables israéliens, Washington devrait exhorter le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas de dissoudre son pacte avec le Hamas et de reprendre les négociations de paix avec Israël, au lieu de s’associer avec un groupe terroriste.

Le Secrétaire d’Etat américain John Kerry a répondu aux critiques mercredi, disant qu’Abbas « a précisé que ce nouveau gouvernement technocratique s’engage à respecter les principes de non-violence ainsi que les négociations, à reconnaître l’Etat d’Israël, honorer les accords précédents et les principes du Quartet. »

« D’après nos connaissances sur la composition de ce gouvernement technocratique, qui n’inclut pas de ministres affiliés au Hamas et reste attaché aux principes énoncés, nous traiterons avec lui, comme il se doit », conclut-il.