JTA – Ils faisaient partie du problème. Maintenant, ils sont à la pointe de la solution.

Une start-up de Tel Aviv dirigée par de jeunes immigrants juifs américains en Israël, des olim, s’en prend à l’industrie des options binaires majoritairement frauduleuses du pays, qui génèrerait dix milliards de dollars par an.

Wealth Recovery International, qui appartient à d’anciens employés des options binaires et en emploient d’autres, a utilisé sa connaissance du fonctionnement interne de l’industrie à son avantage.

« Comme j’ai travaillé dans l’industrie, je comprends comment fonctionnent ces entreprises », a déclaré Austin Smith, 33 ans, cofondateur de Wealth Recovery International, qui se présente lui-même comme un ancien fraudeur, pendant une interview dans les bureaux de son entreprise. « Je me sens une responsabilité d’avancer et d’aider les gens. »

En l’absence d’actions sérieuses contre la fraude aux options binaires par les autorités israéliennes, Wealth Recovery a aidé deux douzaines de victimes présumées de l’industrie à récupérer plus de quatre millions de dollars au total. L’entreprise a rapidement grandi depuis sa fondation début 2016, en aidant parfois les victimes de ses propres employés.

Publicité de 2013 pour Banc de Binary. (Crédit : capture d'écran YouTube)

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L’industrie des options binaires a émergé en Israël pendant la dernière décennie. Selon le Times of Israël, qui enquête depuis plus d’un an sur le sujet, plus de 100 entreprises basées en Israël ont arnaqué des centaines de milliers de personnes dans le monde entier, à hauteur de plusieurs milliards de dollars, et sont responsables d’au moins un suicide.

Une régulation, poussée par les reportages du Times of Israël, visant à fermer toute l’industrie devrait commencer son parcours législatif pendant la prochaine session de la Knesset.

Des milliers d’olim du monde entier ont joué un rôle en aidant les entreprises d’options binaires à cibler les étrangers dans leur langue maternelle. D’anciens employés de plusieurs compagnies ont indiqué que plus de la moitié de leurs collègues étaient des olim, et que la plupart étaient Américains. L’argent a été une attraction majeure, les employés gagnant souvent plusieurs fois ce qu’ils auraient pu espérer à Tel Aviv, l’une des villes les plus chères du monde.

« Travailler dans le binaire a fait de moi une personne terrible »

« David Roth », un Américain de 24 ans originaire de Caroline du Sud, a demandé à être désigné par le pseudonyme qu’il a utilisé comme vendeur chez Wealth Recovery pour se protéger des représailles des entreprises d’options binaires. Après avoir fait son alyah il y a quelques années et avoir servi comme soldat combattant dans l’armée israélienne, il a brièvement travaillé dans un fast food de Tel Aviv et gagnait environ 1 000 dollars par mois, avant de trouver du travail dans les options binaires. Dans ses bons mois de vente, Roth gagnait plus de 30 000 dollars, majoritairement composés de commissions.

« C’est un pays difficile, et je suis seul ici. J’ai essayé de me construire quelque chose pour me replier, dit-il. Travailler énormément dans un resto de burgers pour 4 à 5 000 shekels par mois max ne me menait nulle part. Le problème c’est que travailler dans les options binaires a fait de moi une personne terrible, et cela a fini par me briser. »

Les anciens employés des options binaires ont décrit une culture dépravée de l’industrie. Formés à mentir et à appliquer une pression maximale, les vendeurs ont travaillé tard la nuit pour vendre à des clients à l’étranger. Les managers les ont encouragés à n’avoir aucune pitié, que leur cible soit un retraité ou un malade atteint du cancer.

Au bureau du centre de Tel Aviv de Numaris Communication, qui a été le fournisseur des ventes et d’autres services de la marque BinaryBook, Smith et un autre ancien employé ont décrit une culture vulgaire et fêtarde, tout droit sortie du « Loup de Wall Street ». Après avoir remporté un gros dépôt, les vendeurs jouaient le clip d’une chanson adaptée d’un épisode de la série « South Park ». Tout le bureau reprenait en chœur le refrain « et c’est parti » en faisant référence au dépôt du client.

BinaryBook, qui fait face à une action judiciaire au Royaume-Uni, n’a pas répondu à de multiples demandes d’entretiens. Wealth Recovery et le cabinet juridique Hamm de St. Louis ont commencé à préparer une action collective contre un autre fournisseur de services de la marque, Ukom, au nom de 120 clients américains.

En février, quelques semaines après une réunion d’urgence entre les autorités d’Amérique du Nord et d’Europe sur la fraude des options binaires, le FBI a annoncé enquêter sur l’industrie dans le monde entier. En 2013, les Etats-Unis ont interdit la vente d’options binaires à leurs citoyens, à l’exception d’une poignée d’échanges régulés.

Au printemps 2016, Israël a interdit aux entreprises d’options binaires de viser ses citoyens, mais les a laissé cibler des clients-victimes à l’étranger. En août, le président de l’Agence juive pour Israël, Natan Sharansky, a appelé le gouvernement à fermer l’industrie « répugnante et immorale ».

Le bureau du Premier ministre a condamné en octobre les « pratiques sans scrupule » de l’industrie, et a appelé à son interdiction dans le monde entier.

La députée Karin Elharar, présidente de la commission de Contrôle de l'Etat de la Knesset, à droite, le président de l'Autorité des titres israélienne, Shmuel Hauser, troisième à droite, et d'autres participants à une session sur la répression de la fraude des options binaires, le 2 janvier 2017. (Crédit : Luke Tress/Times of Israël)

La députée Karin Elharar, présidente de la commission de Contrôle de l’Etat de la Knesset, à droite, le président de l’Autorité des titres israélienne, Shmuel Hauser, troisième à droite, et d’autres participants à une session sur la répression de la fraude des options binaires, le 2 janvier 2017. (Crédit : Luke Tress/Times of Israël)

En réponse aux articles du Times of Israël, la commission de Contrôle de l’Etat de la Knesset a organisé une session spéciale le 2 janvier sur l’échec du gouvernement à arrêter la fraude des options binaires, puis une deuxième en février.

Malgré les arguments des défenseurs de l’industrie, les réunions ont débouché sur un projet de loi qui devrait interdire totalement les options binaires.

Michael Oren, ancien ambassadeur d’Israël aux Etats-Unis et actuel vice-ministre, a affirmé que les options binaires était une menace à l’image internationale de l’Etat juif et a appelé les olim à rester éloignés de cette industrie pour leur propre bien, et celui de leur pays d’adoption.

Il a déclaré que la Knesset devrait lancer une enquête sur l’industrie.

« Le schéma des options binaires pourrait ruiner les relations internationales d’Israël, a-t-il dit à JTA. Je voudrais dire aux olim : votre morale et les intérêts d’Israël devraient vous dissuader de vous engager dans ce type d’activités. Il y a assez de travail dans d’autres domaines. »

« De dangereux criminels

Wealth Recovery a fourni un autre emploi à un nombre faible mais croissant d’olim américains, dont la plupart ont une vingtaine ou une trentaine d’années. Smith et ses deux copropriétaires ont fait leur alyah depuis les Etats-Unis, comme la plupart de leurs employés. Près de la moitié de son équipe, dont Smith et un autre cofondateur, vient de l’industrie des options binaires. Les autres ont choisi de travailler pour Wealth Recovery plutôt que d’y entrer.

Les anciens employés des options binaires ont été essentiels au succès de Wealth Recovery. Leur maîtrise totale de l’anglais et leur connaissance des arnaques les ont préparés à vendre les services de l’entreprise. Ils ont utilisé certaines des mêmes méthodes de vente pour Wealth Recovery que dans leurs emplois précédents, notamment en utilisant un pseudonyme. Mais ils affirment que leur motivation est passée du mensonge au client à leur protection de l’industrie des options binaires.

« Je n’ai plus rien à cacher à mes clients. Je les aide, a dit Roth. Mais c’est vraiment facile pour les gens du binaire de nous appeler, et beaucoup de directeurs de ces entreprises sont de dangereux criminels. Vous ne voulez pas avoir des problèmes avec eux. »

Yanir Melech, à gauche, et Roni Rimon, soutiens des options binaires, et Nimrod Assif, à droite, avocat de victimes de l’industrie, pendant la réunion de la commission du Contrôle de l’Etat, à la Knesset, le 28 février 2017. (Crédit : Simona Weinglass/Times of Israël)

Yanir Melech, à gauche, et Roni Rimon, soutiens des options binaires, et Nimrod Assif, à droite, avocat de victimes de l’industrie, pendant la réunion de la commission du Contrôle de l’Etat, à la Knesset, le 28 février 2017. (Crédit : Simona Weinglass/Times of Israël)

Smith, que ses clients connaissaient sous le nom de Mitch Williams, a parlé pour la première fois de son entreprise avec son vrai nom pour cet article, dans le cadre d’une tentative visant à se positionner comme un opposant public à l’industrie des options binaires, ce qui lui apportera, espère-t-il, un autre genre de protection.

« Je veux me différencier de toute la fraude qui m’entoure. Je veux que les gens sachent ce qu’ils devraient chercher dans une entreprise légitime de recouvrement, a-t-il dit. Avec un peu de chance, les entreprises d’options binaires y penseront à deux fois avant de s’en prendre à moi maintenant que mon nom est dans les journaux. »

Smith a aussi commencé à investir plus lourdement en publicité. Il s’exprimera pendant une conférence anti-fraude organisée à la fin du mois à Miami, et parrainera Stephen Young, chauffeur de la ligne intérieure de NASCAR, pendant plusieurs courses en août. Young a fait une réduction à Wealth Recovery car il a lui-même été arnaqué par les options binaires.

D’anciens employés des options binaires, dont Smith a dit qu’ils avaient souvent besoin d’être « déprogrammés » quand il les embauchait, ont aussi été un atout pour Wealth Recovery dans le domaine de la collecte d’informations, le fond de commerce de l’entreprise.

Wealth Recovery a amassé des renseignements en développant ses sources au sein de l’industrie des options binaires et en fouillant les registres publics. Et pourtant, pour obtenir que l’une de ses affaires soit jugée par un tribunal, la compagnie s’est basée sur une approche que Smith appelle le « choc et l’admiration » pour faire pression et obtenir plus de quatre millions de dollars en accords judiciaires.

« La clef est de s’en prendre aux petits employés, ceux qui travaillent au téléphone et prennent l’argent, dit-il. Ils paniquent et font pression sur leurs chefs pour un accord, ou ils se tournent contre l’entreprise pour laquelle ils travaillent. »

Le haut du site internet du FBI, dominé par un avertissement sur la fraude aux options binaires, le 15 mars 2017. (Crédit : capture d'écran FBI)

Le haut du site internet du FBI, dominé par un avertissement sur la fraude aux options binaires, le 15 mars 2017. (Crédit : capture d’écran FBI)

L’avocat israélien Nimrod Assif, qui a représenté des victimes de la fraude des options binaires et défendu une action immédiate du gouvernement contre les auteurs présumés de cette fraude, a indiqué que l’industrie du recouvrement comptait elle aussi des fraudeurs, mais n’a pas donné de noms en particulier.

Assif a recommandé aux victimes de se tourner vers des avocats expérimentés, comme lui, qui savent comment construire une affaire juridique en utilisant des informations obtenues légalement et acceptables, mais a dit que le plus important restait les résultats.

« Cette industrie du recouvrement est un peu problématique, a-t-il dit. D’abord, c’est du travail juridique, et il faut être un avocat autorisé pour représenter les victimes dans ce pays. Ensuite, je sais que des fraudeurs sont également présents dans cette industrie. »

« Je dirai que si vous mettez de côté les sujets éthiques, la première priorité est d’obtenir le remboursement des victimes. Donc si ces entreprises peuvent faire ça, c’est bien. »

Le mois dernier, l’Autorité américaine de régulation des industries financières, une association interne de surveillance de l’industrie des marchés, a publié un avertissement contre les options binaires et les « arnaques au recouvrement ».

« Est-ce que quelqu’un fait ça ?

Elevé dans l’état de New York par des « parents juifs réformés aimants », Smith a longtemps été entraîné dans la fraude. Il a passé la majorité de sa vingtaine dans le sud de la Floride à diriger des arnaques fructueuses impliquant des ampoules, des acteurs enfants, des multi-propriétés, ainsi que des ventes de prêts immobiliers, entre des passages en désintox’ pour une addiction à l’héroïne. Il a fait son alyah en 2014 pour étudier à la yeshiva orthodoxe Aish HaTorah de Jérusalem, espérant que la religion l’aiderait à mener une vie plus vertueuse.

Mais après quelques mois, Smith a emménagé à Tel Aviv et trouvé un emploi dans les options binaires, montant dans l’industrie et apprenant comment elle fonctionne réellement.

Le témoignage de Smith sur son retournement contre l’industrie est devenu un genre de mythe fondateur chez Wealth Recovery. L’histoire commence après un point de rupture chez Numaris, la seconde des deux entreprises d’options binaires pour lesquelles il a travaillé en un an.

En janvier 2016, il a commencé un voyage désespéré dans le nord d’Israël. Au retour d’une visite sur la tombe de son sage juif préféré, le rabbin Moshe Haim Luzzatto, il a fait monter un auto stoppeur orthodoxe et l’a finalement rejoint dans sa nombreuse famille, pauvre, pour la havdalah, la prière qui marque la fin du Shabbat.

A la fin de la soirée, l’auto-stoppeur a béni Smith, prédisant qu’il ferait quelque chose sans précédent pour le peuple juif. L’expérience a eu un effet en profondeur, et quand Smith est revenu à Tel Aviv ce soir-là, pendant un gros orage, l’idée de Wealth Recovery lui est venue, alors que le bruit de la porte de son immeuble claquait.

« Comme une tonne de briques, l’idée m’a frappé, raconte-t-il. J’ai pensé : ‘qu’est-ce qu’il se passe si l’argent revient aux gens à qui il a été pris ? Est-ce que quelqu’un fait ça ?’ »

Fred Turbide, un Canadien qui s'est suicidé à cause des options binaires, et son épouse Maria Chaves-Turbide (Crédit : autorisation)

Fred Turbide, un Canadien qui s’est suicidé à cause des options binaires, et son épouse Maria Chaves-Turbide (Crédit : autorisation)

Quelques jours après son voyage épiphanique, Smith a quitté Numaris, et en février 2016, il a pris l’avion pour les Etats-Unis pour lancer Wealth Recovery dans le sous-sol de ses parents. Sa première recrue a été sa collègue Lee Eller, 26 ans, avec qui il avait travaillé chez Numaris.

Après des années à passer d’une entreprise d’options binaires à une autre tout en poursuivant une carrière de musicienne en Israël, Eller est récemment retournée chez ses parents après que sa mère a subi une rupture d’anévrisme. Eller, qui croit à l’astrologie et à la puissance métaphysique de la pensée, entre autres philosophies spirituelles, a affirmé que c’était son travail dans les options binaires qui était à l’origine de la maladie de sa mère.

« Je pense que c’est à cause de moi que ma mère est malade, a-t-elle dit. Toute ma vie a tourné autour de la douleur des gens, donc j’ai apporté beaucoup de douleur dans ma vie. Je pense que vous obtenez ce que vous demandez, et que j’ai par erreur demandé cela. »

La grande révélation de Smith et Eller a eu lieu peu après, sous la forme de Steve Koel, 52 ans, un homme d’affaires de Caroline du Nord dont ils avaient géré le compte BinaryBook chez Numaris dès novembre 2015.

Quelques semaines après la fondation de Wealth Recovery, une source chez Numaris leur a dit que les directeurs étaient sur le point de fermer le compte de Koel, sur lequel il avait déposé près de 1,5 million de dollars, la grande majorité de toutes ses économies.

L’argent de Koel était géré par plusieurs personnages prétendant être des courtiers de Londres. Il avait au début observé des retours importants, dont certains lui avaient même été payés, mais ensuite, ses gestionnaires de compte avaient commencé à faire des transactions perdantes qui semblaient absurdes.

Koel, père divorcé, a dit ne pas avoir perçu les signes qu’il allait être arnaqué, comme l’absence de documentation de ses transactions, en partie parce qu’il comptait gagner de l’argent pour payer le traitement de son plus jeune fils, qui avait récemment été handicapé par une rupture d’anévrisme.

« Il faut comprendre, c’était la tempête dans ma vie. Le climat autour de moi était très triste, et les arnaqueurs se sont nourris de ça, a-t-il dit. Pour être honnête, il y a aussi eu de l’avarice de ma part. Mais les choses ont ensuite commencé à aller de travers. »

Quand Smith a appelé en mars 2016, Koel a dit qu’il a eu « l’impression de ne pas avoir d’autre choix que de dire oui. »

Haggai Carmon en Ukraine, en mission pour me gouvernement américain. (Crédit : autorisation)

Haggai Carmon en Ukraine, en mission pour me gouvernement américain. (Crédit : autorisation)

Avec l’aide d’Haggai Carmon, un litigeur et enquêteur israélien qui a travaillé pendant des décennies pour le département américain de la Justice, Wealth Recovery a fait pression sur Ukom, une entreprise située à Césarée, pour qu’elle rende l’argent de Koel en avril 2016. Carmon, qui est aussi l’auteur de plusieurs romans d’espionnage, a pris 10 % de la somme au début, et Wealth Recovery 20 % à la fin, ce qui reste des taux classiques.

Koel était fou de joie et envoie toujours des clients potentiels à Wealth Recovery.

« Ces mecs sont des chevaliers blancs, qui arrivent avec un plan, des avocats et un réseau international d’information, a-t-il dit. Mitch était une source de thérapie totale pour moi pendant que je traversais ça. Mitch est un mec bien. Mitch peut rester chez moi autant qu’il le veut. »

Quand il lui a été demandé son impression sur Israël, qu’il n’a jamais visité, après son expérience, il a répondu: « Ce n’est pas quelque chose d’israélien ou d’humain, c’est quelque chose d’humain. Et puis, ce sont des Juifs qui m’ont aidé au final. »

Smith et Eller ont utilisé l’aubaine de l’affaire de Koel pour payer des prêts commerciaux et revenir à Tel Aviv en juillet 2016. Ils ont ramené un troisième co-propriétaire, le cousin orthodoxe de Smith de Californie qui a demandé à ne pas être cité, et ont commencé à embaucher d’autres employés. En mars 2016, Wealth Recovery a emménagé dans ses bureaux actuels, et s’est associé quelques mois après avec un cabinet juridique local, Birman Law, qui s’est installé dans le bureau voisin.

Ce mois-ci, Wealth Recovery et Birman Law ont accepté le cas d’une femme de Hong Kong qui a « investi » depuis février 2015 environ 10 millions de dollars auprès d’Options XO, une firme d’options binaires. En un mois l’été dernier, la femme, une retraitée célibataire qui a demandé à ne pas être citée, a déposé 2,75 millions de dollars avec des versements quasi quotidiens de 125 000 dollars. Après des pertes de plus en plus importantes, elle a dit que sa famille et des amis lui avaient prêté environ huit millions de dollars pour tenter de récupérer son dépôt initial.

« Le coût n’est pas que financier. J’ai perdu ma tranquillité d’esprit. Je suis très nerveuse. Ma santé s’est détériorée, a-t-elle dit. Le fardeau de devoir rembourser ma famille pèse sur moi chaque jour. »

Offre d'emploi pour Prime Sales, une entreprise d'options binaires israélienne, avec une image tirée du film "Les loups de Wall Street". (Crédit : capture d'écran)

Offre d’emploi pour Prime Sales, une entreprise d’options binaires israélienne, avec une image tirée du film « Les loups de Wall Street ». (Crédit : capture d’écran)

Quand son compte s’est de nouveau vidé le mois dernier, la femme a dit que ses « courtiers » avaient commencé à faire pression sur elle pour qu’elle dépose encore plus d’argent, mais elle n’avait plus de ressources. Elle vit maintenant de l’aide de sa famille, et a commencé à chercher des avocats pour l’aider à négocier avec Options XO. Ce n’est que lorsque Wealth Recovery lui a montré une présentation décrivant la structure commerciale présumée d’Options XO et exposant les identités de ses employés qu’elle a compris qu’elle avait été victime d’une arnaque, a-t-elle expliqué.

« Ma grande erreur a été de ne pas réaliser que les personnes chez Options XO étaient mauvaises et que tout était faux, dit-elle. C’était difficile de trouver quelqu’un qui comprenait les options binaires. Les avocats disaient de simplement payer ce montant, et qu’on verrait après. Wealth Recovery et Birman Law ont compris tout de suite ma situation et ont été très ouverts. »

Tomer Levi, le directeur exécutif de Toro Media, le fournisseur de services d’Options WO, a répondu à un appel de JTA et dit : « je ne sais pas ce qu’est Options XO, et je ne sais pas de quoi vous parlez » avant de raccrocher.

Environ une heure après, l’avocat de Levi a appelé et dit qu’il ne pouvait pas parler d’Options XO puisqu’il ne représentait pas la compagnie. L’avocat, Alon Mizrahi de la firme de Tel Aviv FWMK, a dit avoir été embauché par Toro Media.

« Options XO n’est pas notre client, a-t-il dit. Options XO est un courtier d’un autre pays, et nous représentons un autre client. C’est une entité légale différente. »

Mizrahi a refusé de dire si Toro Media avait une relation avec Options XO. Il a cependant dit qu’il soupçonnait Wealth Recovery et Birman Law d’appartenir à un même groupe qui accédait illégalement à des informations sur les entreprises d’options binaires et les utilisait pour « menacer et diffamer » Toro Media et d’autres. Il a demandé à ce que les autres questions lui soient envoyées par e-mail pour qu’il puisse vérifier les réponses, mais n’a jamais répondu quand l’e-mail a été envoyé.

« Ce ne sont pas des amateurs »

Plusieurs opposants à l’industrie des options binaires ont reconnu que Wealth Recovery était du bon côté du combat. Carmon a dit que Smith et Eller lui avaient présenté l’industrie quand ils avaient travaillé ensemble sur l’affaire Koel.

« En tant qu’anciens de l’intérieur, ils savaient comment me l’expliquer et m’ont fourni des informations pertinentes, a-t-il dit. Ce ne sont pas des amateurs. Ils m’ont donné une formation qui a duré plus de quatre mois. »

En février, les avocats israéliens Carmon et Assif ont lancé StopScams.com pour représenter les victimes de la fraude des options binaires. Comme Wealth Recovery, Carmon a dit que le groupe ciblait les individus plutôt que les entreprises, qui peuvent disparaître, et avait jusqu’ici réglé ses affaires à l’amiable pour obtenir des résultats rapides pour ses clients.

US money (photo credit: Abed Rahim Khatib/Flash 90)

Des dollars américains. Illustration. (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)

Yossi Haezrachy, partenaire du cabinet juridique Friedman – Haezrachy de Tel Aviv, a indiqué que les coups d’investigation des entreprises comme Wealth Recovery faisaient d’elles un atout pour les victimes de la fraude comme pour les avocats qui les représentent. Son cabinet a porté plainte au nom de plusieurs victimes devant des cours israéliennes, qui ne se sont jamais prononcé sur de telles affaires, à la connaissance de Haezrachy.

« Ces entreprises [de recouvrement] sont vraiment une bénédiction, a-t-il dit. Bien sûr, elles prennent une part, comme toutes les entreprises, mais elles fournissent une adresse aux victimes qui n’ont personne vers qui se tourner et elles obtiennent des informations que les avocats ne peuvent pas avoir. »

Haezrachy a dit que son cabinet avait été la cible de « vives menaces » et de médisances d’entreprises d’options binaires, et qu’il comprenait donc le désir d’anonymat des employés de Wealth Recovery. Mais, comme beaucoup d’autres, il a affirmé que seule une action de l’Etat pourrait finalement fermer l’industrie.

« Au final, le gouvernement va devoir nettoyer ce bazar. Et je suis certain qu’il le fera, a-t-il dit. D’ici deux ans, il n’y aura plus d’entreprises d’options binaires en Israël. »

Comme il connait intimement le fonctionnement de la fraude, Smith voit les choses différemment. Il a prédit que les entreprises d’options binaires survivraient en allant dans d’autres pays et dans d’autres secteurs, et qu’elles avaient déjà commencé à le faire par anticipation d’une répression en Israël.

Wealth Recovery a prévu de les suivre. La semaine dernière, Smith est allé à Chypre pour y trouver un bureau, et il a tissé des relations avec des avocats du monde entier. Parallèlement, Wealth Recovery a commencé à enquêter sur la fraude au diamant en Israël, qui s’élèverait à plusieurs milliards de dollars.