L’obus de mortier qui a tué le petit Daniel Tragerman, 4 ans, l’avant-dernier jour de la guerre de l’été dernier a été tiré depuis une installation des Nations unies, a annoncé lundi le lieutenant-général (à la retraite) Benny Gantz, qui était aux commandes de l’armée pendant la guerre qui a duré 50 jours.

« Je vais partager avec vous mon expérience douloureuse de rendre visite à 75 familles [endeuillées] dans les quatre derniers mois de mon service … je suis allé rendre visite à chaque famille [endeuillée pendant la guerre de Gaza]. Aucun média. Juste eux et moi », a déclaré Gantz, qui s’exprimait en anglais lors d’une conférence au Israël Law Center consacrée à la nécessité de modifier les lois de la guerre.

« Je suis allé et ai rendu visite aux familles des civils qui ont été tués. Cela inclut la famille de Daniel Tragerman, âgé de quatre ans, j’étais dans ce même kibboutz quand ils ont tiré ces mortiers provenant d’une installation de l’ONU à Gaza. »

Gantz était présent dans le kibboutz Nahal Oz – une communauté perchée à moins de 2 km de la bande de Gaza –, le 22 août 2014, quand un obus de mortier tiré depuis Gaza a atterri devant le domicile de la famille Tragerman, tuant le petit Daniel.

L’obus de mortier a atterri à l’extérieur et a envoyé des éclats d’obus dans leur maison. Daniel et sa famille avaient seulement trois secondes entre le moment où l’alerte a été lancée et l’impact de l’obus de mortier qui l’a tué.

L'ancien chef d'état-major de Tsahal, le lieutenant-général (à la retraite) Benjamin (Benny) Gantz face au Conseil des gouverneurs de l'Agence Juive à Jérusalem, le mardi 24 février (Crédit : David Schechter / Agence juive)

L’ancien chef d’état-major de Tsahal, le lieutenant-général (à la retraite) Benjamin (Benny) Gantz face au Conseil des gouverneurs de l’Agence Juive, à Jérusalem, le mardi 24 février. (Crédit : David Schechter / Agence juive)

La mère de Daniel Gila a déclaré lors de ses funérailles qu’il avait généralement une « discipline de fer » lorsqu’il s’agissait des alertes. Ce jour-là, il n’a pas eu le temps de se réfugier à temps dans la pièce renforcée de leur maison.

Gila Tragerman, avec son mari, Doron, à côté d'elle, fait l'éloge de leur fils de 4 ans, Daniel à ses funérailles, le 24 août, 2014 (Crédit : Hadas Parush / Flash90)

Gila Tragerman, avec son mari, Doron, fait l’éloge du petit Daniel à ses funérailles, le 24 août 2014. (Crédit : Hadas Parush / Flash90)

La guerre a coûté la vie à plus de 2 000 Palestiniens, près de la moitié d’entre eux sont soupçonnés d’avoir été des membres armés du Hamas et du Jihad islamique.

Un panel de l’ONU a présenté lundi dernier un résumé des événements qui ont touché le personnel et les installations de l’ONU pendant la guerre.

La commission d’enquête, comme on l’appelle, a examiné et étudié sept incidents impliquant la perte de 44 vies palestiniennes, au moins 227 blessés ou qui ont causé des dégâts sur les installations de l’ONU, selon une déclaration.

Le Conseil a également examiné trois incidents impliquant des armes trouvées dans les écoles de l’UNRWA, y compris les cas dans lesquels les groupes armés palestiniens ont peut-être utilisées les locaux de l’école de l’UNRWA pour lancer des attaques.

Un porte-parole de l’ONU n’était pas été encore en mesure de répondre aux allégations de Gantz au moment de la publication.

Évoquant les pratiques du Hamas qui visent principalement les civils israéliens et qui œuvrent depuis les zones peuplées par la population civile, Gantz a déclaré que les pays démocratiques doivent mettre à jour les lois de la guerre, revenir à la période « où les lois de la guerre étaient destinées à limiter les méchants » et pas un outil utilisé par les organisations terroristes dans des combats asymétriques comme cela est le cas aujourd’hui.