Des soldats israéliens ont tué le Père Noël et l’ont ensuite accusé d’avoir essayé de poignarder des Israéliens. C’est le scénario d’une bande dessinée publiée dans le journal quotidien de l’Autorité palestinienne.

Le dessin, publié le 28 décembre dans Al-Hayat Al-Jadida, met en scène un Père Noël ensanglanté, qui vient de recevoir une balle de la part d’un Israélien. La légende dit : « Il avait tenté de perpétrer une attaque au couteau ».

Le Père Noël est représenté devant le mur de sécurité avec le Dôme du Rocher et l’église du Saint Sépulcre en arrière plan. Il semblerait que le Père Noël tentait de franchir un checkpoint pour entrer à Jérusalem avant de recevoir une balle.

Un autre dessin a été publié dans le même journal le 26 décembre, représentant le Père Noël accosté par deux soldats israéliens avec une Étoile de David sur le casque. L’un d’eux tient une arme sur la tempe du Père Noël et le second soldat porte un couteau, probablement pour le placer près du Père Noël, mettre en scène une attaque au couteau et leur donner un prétexte pour le tuer.

Dessin paru dans le quotidien de l'AP, Al-Hayat Al-Jadida, le 26 décembre 2016. (Crédit : PMW)

Dessin paru dans le quotidien de l’AP, Al-Hayat Al-Jadida, le 26 décembre 2016. (Crédit : PMW)

Ces dessins témoignent des croyances de nombreux Palestiniens, qui sont relayées par les médias. Ils pensent que les soldats israéliens tuent des Palestiniens et placent ensuite des couteaux à proximité pour simuler une attaque et justifier le meurtre.

Les Israéliens ont accusé les médias de l’Autorité palestinienne d’inciter à la violence au moyen d’une telle rhétorique et de tels dessins.

Deux jours après la publication du deuxième dessin, une Palestinienne a tenté de poignarder un soldat au checkpoint de Qalandiya et a été légèrement blessée après avoir reçu une balle dans la jambe de la part des forces de sécurité israéliennes.

Cette attaque est la dernière d’une série de tentatives d’attaques au couteau au checkpoint de Qalandiya, un poste frontalier très fréquenté entre Jérusalem et Qalandiya, un camp de réfugiés au nord de la capitale.

Bien que les responsables du Fatah, et notamment le chef du parti et Président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, aient condamné l’antisémitisme, des illustrations anti-juives font régulièrement leurs apparitions dans les médias officiels du parti.

Ce n’est pas la première fois que des dessins et un récit chrétien sont employés par l’AP pour illustrer la présence israélienne en Cisjordanie.

Il y a trois ans, Abbas a publié des vœux pour Noël, très élaborés, dans lequel il a décrit Jésus comme « le messager palestinien qui deviendra une lumière qui guidera des millions de personnes dans le monde ».

Bien qu’il se soit à nouveau engagé à revenir à la table des négociations avec Israël, il a été très critique de la politique israélienne, notamment au sujet de l’accusation à l’encontre de Jérusalem, tenue pour responsable, selon l’AP, de la détresse des chrétiens en Israël.

« Nous célébrons Noël à Bethléém sous occupation », a écrit Abbas. « En cette veille de Noël, nos cœurs et nos prières vont vers les millions de personnes à qui l’on refuse le droit de pratiquer leur religion dans le pays ».

Il est cependant intéressant de souligner que malgré l’usage d’illustrations à teneur chrétienne par l’Autorité Palestinienne pour condamner Israël, le nombre de chrétiens en Cisjordanie à drastiquement diminué depuis que l’AP contrôle la région.