J’ai des ambitions raisonnables pour ce conflit parce que je voulais avoir des objectifs qui pourraient effectivement être atteints. Je n’ai pas parlé de changement de régime, de détruire le Hamas ou d’anéantir le Hamas. Ce n’est pas le but ici. L’objectif est plutôt de maintenir le calme pour la population civile d’Israël. C’est ce que je cherche, et c’est ce que nous allons réaliser.

Si nous sortons de ce conflit avec une longue période de répit, je vais considérer cela comme un succès. L’opération Plomb durci (hiver 2008-9) nous a donné près de quatre années de répit. L’opération Pilier de défense (novembre 2012) nous a donné 20 mois de répit. Davantage de répit, inutile de le dire, aurait été mieux.

Pour atteindre cet objectif, nous frappons le Hamas durement. Nous endommageons la machine de guerre du Hamas. Nous diminuons sa capacité à nous faire du mal. Et le Hamas est en train de perdre le soutien de la population locale à cause du préjudice qu’il cause à Gaza.

Il n’y a pas de solution parfaite, pas de solution magique. Il y a des limites à ce qui peut être obtenu par la force.

Je ne suis que trop conscient de certaines des limites de notre réponse. Le Hamas a maintenant la capacité et est équipé pour produire des roquettes à l’intérieur de Gaza ; nous faisons de notre mieux pour cibler ses ateliers. Nous ciblons les chefs terroristes clés, en sachant très bien qu’ils essaient de se tenir hors de portée, dans le réseau souterrain de tunnels et de bunkers renforcés qu’ils ont fabriqués pour eux-mêmes.

Mais sous la présidence d’Al-Sissi, l’Egypte a aujourd’hui une position très différente sur le Hamas que celle qu’avait le régime précédent de Mohamed Morsi. Nous voyons que l’Egypte a agi de manière sans précédent pour sceller les tunnels sous la frontière entre l’Egypte et Gaza. Nous espérons qu’en coopération avec nos forces de sécurité, l’Egypte limitera la capacité du Hamas à se réarmer.

Néanmoins, bien sûr, tant que le Hamas dirigera Gaza, la frontière sera sous tension. Je n’ai pas besoin de réaffirmer que je me suis opposé au désengagement en 2005. Je n’ai pas besoin de rappeler ma conviction de longue date que nos ennemis utiliseront toujours le territoire adjacent pour creuser des tunnels et tirer des roquettes sur nos frontières. D’où ma méfiance quand il s’agit de la Cisjordanie.

Je suis plein d’admiration pour la résistance manifestée par les israéliens et les couches de protection que nos forces de sécurité parviennent à garantir. La performance du Dôme de fer a dépassé toutes les attentes raisonnables. Que personne n’oublie les tentatives d’infiltrations déjouées par la mer et les tunnels du Hamas. C’étaient des méga-attaques potentielles. Si l’une d’entre elles avait réussi, on ne parlerait que de rien d’autre. Nous devons rester entièrement sur ​​nos gardes.

Merci tout de même à Monsieur Liberman et compagnie mais personne n’a besoin de me faire la leçon sur les dangers posés à Israël par le Hamas et l’extrémisme islamique. Quant aux suiveurs comme mes
« collègues » du Likud, Gideon Saar, Israel Katz, Danny Danon et consorts, je m’émerveille de leur manque arrogant de compétence.

Je sais que la réalisation des objectifs plus larges exigés par certains de mes collègues et une grande partie du public israélien coûterait un prix élevé. Nous courrons le risque d’avoir des soldats enlevés et tués, changer toute la dynamique de ce conflit à notre détriment.

Je sais avec quelle rapidité mes collègues politiciens changeraient de tons; Je sais avec quelle rapidité l’opinion publique changerait. La pression internationale atteindrait de nouveaux sommets, avec une critique humanitaire cinglante et une conséquence potentielle en pratique. Et nous nous retrouverions à nouveau accablé avec la responsabilité de Gaza. Je n’étais pas en faveur du désengagement de Gaza, mais cela ne signifie pas que je souhaite reprendre le contrôle de la bande de Gaza. Non, je ne le souhaite pas.

Une invasion terrestre est notre dernier choix. Je tiens à souligner, sans équivoque, que nous pourrions avoir à le faire, tout de même. Le Hamas pourrait nous obliger à le faire. Il a rejeté nos efforts pour désamorcer l’escalade dans les jours précédant le lancement de l’opération Bordure protectrice. Il a rejeté la proposition de cessez-le-feu égyptien lundi. Il n’a même pas honoré pleinement les cinq heures de trêve humanitaire d’aujourd’hui.

Je me permets d’ajouter que de faire rentrer des pays comme le Qatar et la Turquie dans la médiation n’est pas constructif. S’il y a une confusion sur qui sont les médiateurs, cela ne laisse rien présager de bon pour les chances de succès. Je vais m’en tenir aux Egyptiens.

Enfin, au cours des précédents conflits avec le Hamas, Il y avait un peu plus de stabilité au Moyen-Orient.

Aujourd’hui, je regarde la guerre, l’instabilité et/ou l’instabilité potentielle qui arrive simultanément de toutes parts – en Syrie, en Irak, au Liban, en Jordanie et en Cisjordanie. Nous luttons contre le Hamas à un moment de chaos suprême régional et où la diplomatie internationale se concentre sur le programme nucléaire de l’Iran.

Un Premier ministre responsable ne peut pas se permettre de se concentrer uniquement sur Gaza.

Donc, encore une fois, l’impératif d’être réaliste est l’un de mes objectifs. Donc, aussi, la nécessité est de travailler, si possible, avec les partenaires que nous avons dans cette région.