La chaîne Al-Jazeera America a annoncé mercredi la nomination d’un nouveau patron sur fond de démissions et d’une plainte pour antisémitisme et sexisme.

Al Anstey a été nommé PDG de la chaîne, détenue par le Qatar et qui avait été lancée aux Etats-Unis en 2013. Il était auparavant directeur général d’Al-Jazeera English après avoir travaillé pour la chaîne britannique ITN et la chaîne américaine CBS.

Il remplace Ehab al-Shihabi, qui avait lancé Al-Jazeera America en 2013.

Cette nomination, à effet immédiat, a lieu après les démissions de plusieurs responsables et une plainte pour antisémitisme et sexisme. La chaîne a démenti ces allégations dans un communiqué publié lundi.

« Ces informations sont fausses et malveillantes et sont destinées à nuire au talent et à la diversité exceptionnels des salariés et aux valeurs qu’Al-Jazeera America promeut », a fait valoir la chaîne.

Le groupe « ne tolère aucun comportement discriminatoire et nous sommes très fiers de la diversité de notre entreprise et de nos dirigeants. Les récentes attaques selon lesquelles nous serions antisémites, sexistes et anti-américains sont absurdes », a affirmé l’ex-PDG al-Shihabi, cité dans le communiqué lundi.

Marcy McGinnis, ancien vice-président, a expliqué dans le New York Times qu’il avait démissionné parce qu’il y avait une « culture de la peur » à Al-Jazeera, et que les gens « craignaient de perdre leur emploi s’ils contrariaient Ehab » al-Shihabi.

La directrice des ressources humaines, Diana Lee, et la vice-présidente exécutive chargée de la communication, Dawn Bridges, ont aussi démissionné.

Un ancien employé a en outre porté plainte contre Al-Jazeera pour antisémitisme, discrimination et représailles contre des employés.

Selon sa plainte, Matthew Luke affirme qu’un responsable d’Al-Jazeera a déclaré à ses employés que « quiconque soutient Israël devra mourir brûlé en enfer ».

La chaîne a été lancée en 2013 grâce à des investissements massifs qui ont servi à acheter la chaîne câblée Current TV et à embaucher des centaines de journalistes, y compris des reporters connus d’autres chaînes comme CNN ou MSNBC.