Kibboutz Ein Hashlosha – En dépit des attaques de roquettes qui se sont abattues dans les kibboutz à la frontière de la bande de Gaza, Yehuda Kedem affirme qu’il votera pour Isaac Herzog de l’Union sioniste lors de ces élections.

Kedem, 84 ans, le fondateur d’une communauté qui a immigré de l’Argentine au moment de la création de l’État, nous a indiqué son raisonnement, qui est par ailleurs celui de nombreux kibboutzniks dans la région, et qui ne repose pas uniquement sur des considérations socio-économiques : il repose sur son espoir de voir une coexistence se mettre en place avec les Palestiniens qui vivent à moins d’un kilomètre dans la bande de Gaza.

Les bannières de l’Union sioniste flottaient aux entrées des kibboutz qui bordent la frontière entre la bande de Gaza et Israël. Les petites communautés collectives votent historiquement et massivement pour le parti travailliste, mais dans les villes du Sud, non loin de là – à Sdérot, Ofakim et Netivot –, les partis de droite règnent.

La dichotomie entre les deux camps voisins ne pouvait pas être plus frappante, mardi, alors que le pays se rendait aux urnes. Lors des élections de 2013, Sderot a voté à 36 % en faveur de l’alliance Likud-Yisrael Beitenu, à 16 % pour le parti ultra-orthodoxe Shas et à 16 % pour HaBayit HaYehudi.

Le parti travailliste n’avait remporté que 3 % des votes de la ville.

« Nous pensons que notre avenir repose sur la sécurité et la stabilité », a déclaré Kedem, mais « il n’y a aucune raison de supposer qu’un gouvernement formé par Herzog ignorera la question de la sécurité. »

« Ce n’est pas le monopole de [Premier ministre Benjamin] Netanyahu », a-t-il maintenu. Il a souligné la stagnation du processus de paix pendant le mandat du Premier ministre et a ajouté, qu’au final, un accord de paix avec les Palestiniens serait plus bénéfique pour une sécurité durable.

A Sderot, cependant, les résidents qui ont témoigné pour Le Times of Israel ont affirmé qu’ils voteraient en gardant en tête le problème imminent de la sécurité.

Sderot a subi plus d’une décennie de fréquents tirs de roquettes depuis la bande de Gaza, et les habitants expliquent qu’ils voteront pour le Likud ou HaBayit Hayehudi en raison des promesses de ces partis qui affirment qu’ils maintiendront le calme dans le Sud d’Israël.

« A part Netanyahu – qui y a-t-il d’autres ? », s’interroge un commerçant de la ville alors qu’il nous indiquait le chemin pour le bureau de vote le plus proche, qui se situe dans une école du centre de la ville.

Tout le long de l’avenue principale de la ville (nommée de manière appropriée « Menahem Begin », le fondateur du Likud), des bannières de Netanyahu flottaient, flanquées des visages d’autres hommes de droite : les chefs de partis Naftali Bennett, Moshe Kahlon et Eli Yishai.

Le moteur d’un camion qui placardait des affiches de Netanyahu grondait près du marché central. Il n’y avait pas un seul panneau visible pour un parti de gauche.

Tal Biton, 25 ans, est le propriétaire d’un magasin d’électronique dans le centre de la ville. Il a indiqué qu’il avait voté pour le Likud, car ce dernier a permis qu’une « routine quotidienne » de calme généralisé s’installe depuis son ascension au pouvoir en 2009.

Un arrêt de bus dans la ville frontalière d'Ein Hashlosha avec des bannières exhortant les résidant à voter pour l'Union sioniste et sa candidate Tzipi Livni  (Crédit : Ilan Ben Zion/Times of Israel)

Un arrêt de bus dans la ville frontalière d’Ein Hashlosha avec des bannières exhortant les résidant à voter pour l’Union sioniste et sa candidate Tzipi Livni (Crédit : Ilan Ben Zion/Times of Israel)

Malgré l’économie chancelante dans le Sud, qui a subi un énorme revers pendant le conflit de l’été dernier, il souligne que le prolongement de la ligne de train entre Sderot et Netivot, engagé par le gouvernement du Likud, est une amélioration importante de la qualité de vie des résidents du sud.

« Ce n’est pas parfait, mais ça s’améliore », maintient-il.

Certains résidents, explique-t-il, ont choisi de voter pour Kahlon, dont le programme économique a obtenu les faveurs des électeurs de la classe Mizrahi, principalement ouvrière, de la ville.

Laura, une immigrante ukrainienne, âgée d’une soixantaine d’années, informe qu’elle a voté pour Netanyahu aussi, car « il faut du calme en Israël ». Tout le reste suivrait, explique-t-elle, si le calme est instauré. Beaucoup de ses compatriotes immigrants de l’ancienne Union Soviétique soutiennent encore le ministre des Affaires étrangères Avigdor Liberman du parti nationaliste Yisrael Beitenou, mais révèle-t-elle, elle trouve que ses positions sont trop extrêmes.

« Liberman doit être dans le gouvernement, mais avec Netanyahu », affirme Laura.

Se faufilant parmi les vergers et les champs à la frontière de la bande de Gaza, Dima, un chauffeur de taxi et père d’un enfant, qui a grandi à Sderot, a déclaré que la sécurité est primordiale pour les habitants de la ville. « C’est pourquoi j’ai voté pour Bennett », le chef de HaBayit HaYehudi.

« Nous élevons nos enfants dans la peur, s’insurge-t–il. C’est pourquoi la ville [penche] vers la droite pure et dure ».

Il a salué les décisions militaires difficiles prises par l’administration Netanyahu en réponse aux tirs de roquettes, en affirmant que seules les représailles du cabinet [de sécurité] assureraient le calme, dont le Sud a bénéficié depuis que le conflit de l’été dernier a pris fin.

Itzik Vaks, 60 ans, du kibboutz Magen, a déclaré que la guerre de Gaza de l’été dernier n’a pas affecté son vote.

Comme pour les élections de 2013, il a voté pour Meretz. La dernière fois, un peu moins de 60 % de la communauté avait voté pour le parti de gauche, et 17 % avaient voté pour les travaillistes. (Les partis de droite ont seulement obtenu 4 % des voix.)

Vaks, 60 ans, a rejeté une politique de défense fondée sur le tac au tac, en expliquant que ce n’était « pas une solution » au conflit israélo-palestinien, et que cela ne ferait que provoquer un autre conflit qui sera plus violent la prochaine fois.