Dans sa défense, Sara Netanyahu dénonce un procès abusif et « bizarre »
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Dans sa défense, Sara Netanyahu dénonce un procès abusif et « bizarre »

L'épouse du Premier ministre affirme que le tribunal du travail n'a pas le pouvoir de statuer sur cette action en justice puisque la plaignante n'a jamais été son employée directe

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

L'épouse du Premier ministre Benjamin Netanyahu, Sara Netanyahu, à la résidence du Premier ministre à Jérusalem, le 13 octobre 2016 (Crédit : Marc Israel Sellem / Pool / Flash90)
L'épouse du Premier ministre Benjamin Netanyahu, Sara Netanyahu, à la résidence du Premier ministre à Jérusalem, le 13 octobre 2016 (Crédit : Marc Israel Sellem / Pool / Flash90)

Sara Netanyahu, l’épouse du Premier ministre Benjamin Netanyahu, a déposé jeudi une lettre dans son dossier de défense dans le cadre du procès pour mauvais traitement, qualifiant l’action en justice de « bizarre et laide » et accusant le tribunal du travail qui devra statuer sur l’affaire de ne pas avoir la compétence requise pour statuer.

La plaignante, Shira Raban, est une juive ultra-orthodoxe de 24 ans, mère de trois enfants, qui a récemment travaillé comme femme de ménage à la résidence du Premier ministre pendant un mois. La plainte qui demande 225 000 shekels en dommages et intérêts affirme que Sara Netanyahu a insulté la jeune employée sans relâche tout au long de son bref séjour à la résidence du Premier ministre.

Le dossier d’accusation recense de nombreux cas d’abus verbal et des demandes déraisonnables de la part de Sara Netanyahu, et affirme que Rabban craignait pour sa sécurité alors qu’elle travaillait à la résidence.

Netanyahu aurait interdit à l’ancienne membre du personnel de manger, de boire ou de se reposer et lui a demandé de changer de vêtements des dizaines de fois par jour. Elle devait également se laver les mains environ 100 fois par jour avec de l’eau chaude, et devait les essuyer avec une serviette séparée de celle utilisée par la famille Netanyahu, précise le dossier d’accusation.

La lettre de défense de Sara Netanyahu, déposée par son avocat Yossi Cohen, décrit les accusations comme « une tentative d’extorsion laide et bizarre qui révèle l’impudence de Rabban ».

La lettre disait que Rabban n’a travaillé à la Résidence du Premier ministre que 70 heures au total et qu’elle n’a rencontré Sara Netanyahu qu’ « à quelques occasions pendant cette période de temps ».

Vue de la résidence du Premier ministre à Jérusalem, le 23 juin 2009 (Crédit : Yossi Zamir / Flash90)

La lettre a également fait valoir que le tribunal régional du travail de Jérusalem, qui a été saisi de l’affaire, ne pouvait pas statuer sur Sara Netayahu, étant donné qu’elle n’était pas l’employeur direct de Rabban.

« Nous ne parlons pas d’un procès dans le cadre légal normal mais plutôt d’un stratagème médiatique absurde. Même les médias les plus inclinés ne croient pas la demanderesse », affirmait la lettre. « Elle est devenue un objet de moquerie et de critique sévère. »

Le mois dernier, le juge Eyal Avrahami a demandé à Rabban de déposer un nouveau dossier d’accusation, exigeant que le langage injurieux utilisé pour décrire les autres employés de la résidence soit retiré, en particulier le terme « esclave ». Il a également demandé à ce que toute information « non pertinente » soit enlevée du dossier.

Plusieurs anciens employés ont affirmé avoir été maltraités par l’épouse du Premier ministre. Menny Naftali, un ancien gardien de la résidence, a reçu une indemnité de 170 000 shekels (environ 43 735 $) l’année dernière pour maltraitance alors qu’il travaillait là-bas.

Les Netanyahu ont nié tout acte répréhensible et ont affirmé que ces allégations était une chasse aux sorcières politique lancées par les médias qui leurs étaient hostiles.

Par ailleurs, Benjamin Netanyahu fait face à deux enquêtes criminelles, connues sous le nom d’Affaire 1 000 et 2 000, et a été interrogé vendredi pour la septième fois pour suspicion de corruption dans le cadre de l’enquête pour des cadeaux illégaux et des faveurs qu’il aurait acceptés d’hommes d’affaires pour défendre leurs intérêts.

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