Givat Olga était jadis réputé pour deux choses: Shipudei Olga, un restaurant-grill qui apparaît souvent dans la liste des dix meilleurs de sa catégorie et la lutte constante de la municipalité pour combattre la pauvreté, la criminalité et le manque d’infrastructures.

Mais maintenant, la minuscule communauté côtière sera également connue comme la ville natale du chef du parti Koulanou, Moshe Kahlon.

Kahlon s’est rendu à Givat Olga mardi pour accompagner sa mère Missa au bureau de vote situé dans un centre communautaire. Il se rendait de chez lui, à Haïfa, vers Tel-Aviv, où son parti se réunira en attendant les résultats des élections.

En raison du système politique israélien, l’ancien ministre populaire du Likud est considéré comme susceptible de jouer le rôle de faiseur de rois une fois que les résultats seront connus, puisque son soutien pourrait être un cheville ouvrière dans tout gouvernement de coalition possible, même si son parti devrait se classer seulement à la cinquième place.

Dans la cité ouvrière de Givat Olga, l’homme connu pour avoir révolutionné le marché des télécommunications, est plus considéré comme un roi que comme un faiseur de rois.

Lors des précédentes élections, les résidents de Givat Olga – la grande majorité d’entre eux sont des immigrants d’Afrique du Nord, de l’ex-Union soviétique et d’Ethiopie – ont massivement voté pour le Likud du Premier ministre Benjamin Netanyahu et pour le parti religieux séfarade Shas.

Mais il est difficile de croire que il en sera de même pour cette élection. Les rues sont tapissées d’affiches du parti Koulanou et, alors que les militants du Shas interpellent les électeurs devant chaque bureau de vote en tapant dans leurs mains et en chantant, seule une poignée de partisans du Likud fait campagne à Givat Olga.

Lorsque Kahlon et sa mère sont arrivés, les militants locaux et nationaux de Koulanou ont applaudi, agité des drapeaux et entonné l’hymne du parti à l’aide d’un haut-parleur portable ; ils ont pratiquement bloqué l’une des principales artères de la ville, afin de pouvoir se rapprocher du chef de leur parti.

Selon sa sœur Leah Abutbul, Kahlon a craint que l’expérience soit trop pressante pour sa mère nonagénaire. Et en effet, Missa, une immigrante de Libye, a eu des larmes aux yeux quand son fils l’a accompagnée à travers la foule.

« Mais je lui ai dit, ‘Laisse-la s’émouvoir. C’est une bonne émotion » », a raconté Leah.

Abutbul ne vit plus dans la ville, mais travaille comme directrice du département de l’éducation de la municipalité de Hadera, qui gère également Givat Olga.

Kahlon ne pouvait pas rester longtemps, mais il a parlé brièvement aux journalistes de l’utilisation par le Likud de vieux enregistrements de ses propos, dans lesquels on pouvait l’entendre vantant les candidats du Likud.

Bien que Kahlon soit souvent loué pour son authenticité en tant que candidat, sa réponse à la tactique du Likud fut diplomatique: « Je ne suis pas en colère, juste déçu. »

Après le départ de Kahlon, beaucoup de militants sont partis. Mais Penina Sheetrit est restée.

«Je crois qu’il fera ce qu’il a promis de faire », dit-elle.

Sheetrit, qui a grandi à Olga, reconnait que si elle est d’accord avec la politique de Kahlon, «elle milite pour lui parce qu’il est de la famille ».

Sheetrit, une cousine eloignée de Kahlon, l’a décrit comme « digne de confiance, simple et humble ».

Arnon Tiram, un chauffeur de taxi d’Olga, âgé de 35 ans, confirme : « Moshe a toujours été un homme humble ».

Tiram a expliqué voter pour Kahlon pour ses aspects positifs, mais aussi pour son manque de côtés négatifs, ce qui, selon lui, n’est pas le cas des autres candidats. Les gens se plaignent toujours des politiciens et des partis, affirme Tiram . « Comme chauffeur de taxi, je rencontre toutes sortes de gens, mais personne n’a un jamais dit quelque chose de mauvais contre Kahlon. »