Les pinçons, les colombes, les escargots et les tortues seront au programme lorsque la théorie de l’évolution entrera dans le programme des écoles israéliennes pour la première fois l’année prochaine.

Pourtant, la question de l’ancêtre commun entre les hommes et les primates ne sera pas comprise dans le programme, a-t-on annoncé dimanche au ministère de l’Education.

Jusqu’à maintenant, la théorie de l’évolution ne faisait pas partie du programme des collèges et des lycées israéliens. On enseignait uniquement le récit biblique des origines de l’humanité dans les établissements scolaires.

Seuls les étudiants qui choisissaient de suivre des cours de spécialité de biologie découvraient la théorie de Darwin au cours de leur éducation.

Le nouveau plan du ministère de l’Education présenté dimanche renouvelle les programmes scolaires de quatrième et troisième dans toutes les écoles publiques pour y incorporer la théorie scientifique de l’évolution par la sélection naturelle.

La référence aux origines communes entre l’humanité et les primates reste toujours absente.

Selon la Deuxième chaîne d’information israélienne, la décision du ministère d’omettre la question de l’évolution humaine a été prise en raison de possibles critiques de la part des populations orthodoxes et ultra-orthodoxes d’Israël.

Le judaïsme orthodoxe strict interprète littéralement le récit biblique de la création. Cette lecture écarte donc la possibilité d’une évolution humaine à partir d’un ancêtre commun avec les singes modernes comme les chimpanzés, les gorilles et les orangs-outans.

Le Dr Ariel Chipman, maître de conférence au Département d’Ecologie, d’Evolution et de Comportement à l’Université hébraïque de Jérusalem, a déclaré au site d’information Ynet qu’omettre la question de l’évolution humaine était la seule solution pour la comité professionnel d’introduire la théorie de la sélection naturelle dans les programmes.

Il explique que l’évolution humaine en particulier n’est pas vraiment fondamentale. Pour lui, les principes de l’évolution darwinienne par la sélection naturelle sont les éléments importants.

« Il n’y a pas beaucoup de différence entre les deux [les animaux et l’Homme] », déclare-t-il. « Si cela permet [au gouvernement] d’introduire la théorie de l’évolution, qui est un sujet fondamental, dans le système d’éducation, alors, en ce qui en concerne, c’est une nouvelle bienvenue. »

Le ministère de l’Education a reconnu que l’omission de l’évolution humaine de l’éducation publique n’était pas l’idéal, mais qu’il s’agissait d’un compromis pour ménager les croyances des populations religieuses.

Le professeur Hagai Netzer de l’Université de Tel Aviv, membre du comité professionnel responsable de la décision, a déclaré à Ynet que la question de l’évolution humaine est « un sujet très sensible pour l’Etat d’Israël ».

Il s’agissait donc d’éviter en toute conscience les sujets qui « suscitent des polémiques dans certains courants » de la société.

« Je pense que tous les sujets de la théorie de l’évolution doivent être présents. La question est de savoir comment les présenter à toutes les sensibilités de l’éducation », a souligné Netzer.

« Il faut comprendre qu’avec certains sujets, nous devons accorder la liberté à l’enseignant d’insister sur certains points ou non ».