Le député du Likud David Amsalem a proposé mercredi d’augmenter le salaire du Premier ministre Benjamin Netanyahu pour que son salaire dépasse celui des hauts responsables de la police. Cette suggestion a été rejetée par la suite par le Premier ministre israélien.

S’adressant à la chaîne de télévision Hadashot (ancienne Deuxième chaîne), Amsalem a noté l’écart entre le salaire mensuel du Premier ministre et celui du chef de la police Roni Alsheich.

« Le chef de la police reçoit 97 400 shekels [par mois] et un policier perçoit 6 000 NIS », a déclaré Amsalem. « Donc, s’il [Alsheich] était payé 40 000 shekels et que [le policier] recevait 10 000 shekels, ne serait-ce pas mieux ? Cela ne semble-t-il pas plus juste ? ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu préside la réunion hebdomadaire du cabinet à son bureau à Jérusalem le 7 novembre 2017 (Crédit : AFP PHOTO / POOL / Ariel Schalit)

« Si j’étais le commissaire de police, je ne prendrais pas les 100 000 shekels, ma conscience ne le permettrait pas », a affirmé Amsalem.

Le législateur du Likud a également déclaré qu’il cherchait à obtenir une augmentation pour son chef de parti et son Premier ministre par le biais d’une loi.

L’appel à augmenter le salaire du Premier ministre et à réduire les salaires des autres hauts fonctionnaires a été rapidement rejeté par Netanyahu.

« Le Premier ministre Netanyahu respecte beaucoup le député David Amsalem, mais en ce qui concerne les salaires, il ne partage pas son opinion », a précisé un communiqué du bureau du Premier ministre. « Le Premier ministre ne pense pas qu’il soit nécessaire de changer le salaire du Premier ministre ou les salaires des autres fonctionnaires. »

Selon les chiffres présentés par le reportage, le Premier ministre gagne 48 815 NIS par mois, contre 84 400 shekels pour le chef d’état-major, le salaire mensuel du chef de la police est de 82 700 shekels et la présidente de la Cour suprême gagne 92 973 shekels.

Il n’était pas immédiatement clair pourquoi Amsalem a cité un chiffre erroné concernant le salaire d’Alsheich.

Un fonctionnaire de police, qui a tenu à garder son anonymat, a critiqué mercredi la proposition d’Amsalem, la liant aux enquêtes sur Netanyahu.

« Il s’agit d’une campagne coordonnée et orchestrée contre la police et ses officiers de haut rang », a déclaré cette source anonyme à la chaîne de télévision. « Le calendrier de cette campagne est étroitement lié aux affaires sensibles faisant l’objet d’une enquête de la police. »

L’appel d’Amsalem était la dernière proposition d’une série de tentatives du député du Likud de contrôler la police, accusé par certains dans le parti de Netanyahu de mener une chasse aux sorcières contre le Premier ministre.

Plus tôt mercredi, les législateurs ont débattu du projet de loi d’Amsalem qui interdirait à la police de donner aux procureurs de l’Etat leur avis sur le dépôt d’actes d’accusations criminelles contre des suspects en lecture préliminaire.

Roni Alsheich, à gauche, le chef de la police, le Premier ministre Benjamin Netanyahu, au centre, pendant une cérémonie en l’honneur d’Alsheich dans les bureaux du Premier ministre à Jérusalem, le 3 décembre 2015. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Amsalem avait également proposé un projet de loi accordant l’immunité aux premiers ministres sur les enquêtes pour corruption. Malgré les menaces des législateurs du Likud de faire tomber le gouvernement si ce projet de loi ne passait pas, la proposition a été temporairement retirée de la table en raison des désaccords au sein de la coalition.

Les efforts d’Amsalem interviennent alors que Netanyahu fait l’objet de deux enquêtes pour corruption.

L’affaire 1 000 concerne des allégations selon lesquelles Netanyahu et sa femme, Sara, auraient accepté des cadeaux de bienfaiteurs milliardaires s’élevant à des centaines de milliers de shekels en cigares et en champagne du producteur hollywoodien d’origine israélienne Arnon Milchan.

L’affaire 2 000 implique un accord secret présumé entre Netanyahu et l’éditeur du journal Yedioth Ahronoth, Arnon Mozes, où le Premier ministre aurait entravé la distribution du journal rival Israel Hayom, propriété de Sheldon Adelson, en échange d’une couverture plus favorable du Yedioth.

Le Premier ministre nie tout acte répréhensible dans les deux affaires.

Un troisième cas, concernant une affaire de corruption présumée entourant l’achat de sous-marins à une entreprise allemande par Israël, a touché un certain nombre de personnes proches de Netanyahu, mais le Premier ministre n’est pas un suspect dans cette affaire.