WASHINGTON — David Shulkin, secrétaire d’Etat aux Affaires des vétérans, est devenu le premier membre juif de l’administration Trump après la fille du président Donald Trump à s’exprimer sur les suprématistes blancs et les néo-nazis qui ont défilé à Charlottesville en Virginie.

Shulkin, qui s’est exprimé mercredi 14 août depuis le terrain de golf de Trump situé à Bedminster, dans le New Jersey, a précisé qu’il livrait ses « opinions personnelles en tant qu’Américain et en tant que Juif américain », selon le New York Times.

« Et selon moi – en particulier – je pense qu’en tirant les leçons de l’histoire, nous savons que garder le silence sur ces questions n’est simplement pas acceptable ».

Selon le Washington Post, Shulkin a déclaré que c’est « un déshonneur pour les vétérans de notre pays de voir les nazis et les suprématistes blancs ne soulever aucune contestation et nous devons tous nous exprimer sur ce sujet-là en tant qu’Américain ».

Shulkin n’a pas condamné le président, qui a déclaré, mardi 13 août, qu’il y avait des « gens très bien des deux côtés » à Charlottesville, où des suprématistes blancs et des contre-manifestants se sont affrontés samedi. A l’apogée des violences, un suprématiste blanc présumé au volant d’une voiture avait lancé son véhicule contre un groupe de manifestants, tuant une jeune femme de 32 ans, Heather Heyer, et faisant au moins 19 blessés.

Le Post a fait savoir que Shulkin a estimé que Trump avait fait un « bon travail » en dénonçant le fanatisme suite aux événements de Charlottesville.

Trump a répété à plusieurs reprises que manifestants et contre-manifestants étaient tous deux responsables des violences qui avaient éclaté durant les événements du vendredi 11 et du samedi 12 août. Au cours de la marche nocturne du vendredi, organisée à la lumière des torches, et du rassemblement avorté de samedi, des participants avaient arboré des drapeaux nazis et avaient par moment scandé des slogans racistes et antisémites.

La fille de Trump, Ivanka, haute-conseillère bénévole auprès de son père, avait dénoncé les événements dès le dimanche, tweetant : « Il ne peut y avoir de place dans la société pour le racisme, le suprématisme blanc et les néo-nazis ».

Deux hauts-responsables juifs, qui ont partagé la tribune avec le président durant la conférence de presse de Trump, mardi dernier, n’ont pas encore publiquement fait part de leur point de vue sur le discours de Trump.

Gary Cohn, directeur du Conseil économique national du président, aurait été « dégoûté » et « profondément troublé » par les propos qui ont été tenus, ont indiqué des sources au New York Times, mais n’a fait jusqu’à présent aucun commentaire public.

Jared Kushner, gendre du président, a pour sa part gardé le silence.

Le discours de Shulkin est survenu alors que pratiquement tous les grands pontes de l’armée américaine, dans des déclarations sortant de l’ordinaire, ont condamné les suprématistes blancs de Charlottesville. Le dernier à le faire a été le président des Chefs d’Etat-major, le général Joe Dunford.

« J’étais en voyage alors j’ai suivi par bribes ce qui est arrivé à Charlottesville et j’ai été très attristé par les événements là-bas et par la mort de la jeune femme frappée par un véhicule », a-t-il déclaré selon le département de la Défense. « Je peux absolument et sans ambiguïté vous dire qu’il n’y a aucune place – aucune place – qui puisse être faite au racisme et au fanatisme dans l’armée américaine ou aux Etats-Unis dans leur ensemble ».

Dunford s’est exprimé après les chefs des armées, des forces aériennes, de la Navy, des marines et après que le Bureau de la garde nationale ont posté des déclarations similaires sur les réseaux sociaux.

« Ils s’adressaient directement à leurs troupes et au peuple américain : A nos soldats, nous disons clairement que ce genre de racisme et de fanatisme ne va pas exister dans nos troupes », a expliqué Dunford. « Et au peuple américain, nous rappelons les valeurs auxquelles nous sommes fidèles au sein de l’armée américaine qui reflètent celles des Etats-Unis ».