Le Premier ministre islamo-conservateur turc Ahmet Davutoglu a dénoncé jeudi la publication par l’hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo d’une caricature du prophète Mahomet, jugeant que la liberté d’expression n’était pas « la liberté d’insulter ».

« La publication de cette caricature est une grave provocation (…) la liberté de la presse ne signifie pas la liberté d’insulter », a déclaré Davutoglu à la presse à Ankara avant de prendre l’avion pour une visite à Bruxelles.

« Nous ne pouvons accepter les insultes faites au prophète », a insisté le chef du gouvernement.

A la « une » du premier numéro sorti après la tuerie qui a décimé sa rédaction, Charlie Hebdo a publié mercredi un dessin de Mahomet la larme à l’œil et tenant une pancarte « Je suis Charlie », le slogan des millions des manifestants qui ont défilé en France et à l’étranger pour condamner les attaques djihadistes qui ont fait 17 morts en trois jours à Paris.

Davutoglu a participé dimanche, aux côtés du président français François Hollande et d’une quarantaine d’autres chefs d’Etat et de gouvernement, à la grande marche organisée à Paris, notamment pour défendre la liberté de la presse.

Comme celles qu’il avait déjà publiées dans le passé, la caricature de Mahomet à la « une » de Charlie Hebdo a provoqué de nombreuses réactions outrées et menaçantes de dirigeants politiques et d’autorités religieuses dans tout le monde musulman.

Le journal turc d’opposition Cumhuriyet a publié « par solidarité » cette caricature ainsi qu’un encart en turc reprenant l’essentiel des articles et des dessins de Charlie Hebdo.

Plusieurs sites internet turcs ont égalé affiché ce dessin de Mahomet.

Un tribunal turc a ordonné quelques heures plus tard le blocage de toutes les pages web affichant le dessin du prophète, la qualifiant « d’insulte pour les croyants ».