De nouvelles accusations de harcèlement sexuel ont fait surface vendredi contre le célèbre présentateur Haim Yavin. Une journaliste a raconté que, pendant une interview, il l’avait projetée sur un lit et qu’il lui était monté dessus.

C’est dans un post paru sur Facebook que la journaliste Naomi Ron décrit sa rencontre avec Yavin qui, selon elle, a eu lieu dans les années 1970. C’est la deuxième fois que Yavin est accusé de faits similaires.

Ron explique dans sa publication qu’elle lui avait demandé une interview, qu’il avait d’abord refusé. Six mois plus tard, la secrétaire de Yavin l’avait contactée et lui avait dit qu’il était prêt à la rencontrer. Ron l’avait alors invité à son appartement.

La journaliste israélienne Naomi Ron (Crédit : Facebook)

« Je n’avais aucune raison d’être soupçonneuse », écrit-elle. « Après trente minutes de questions et de réponses, il m’a dit : ‘Ce sont de bonnes questions, ce sera un bon article, mais il y a d’autres choses qu’on pourrait faire ».

« Il s’est levé, il m’a attrapée, il m’a jetée sur le lit et il m’est monté dessus », poursuit-elle. « J’ai dû réellement me débattre pour me sortir de son emprise ».

« Après qu’il a compris que rien ne se passerait, il a continué l’interview. Quand il est parti, il m’a dit : ‘Je veux que vous sachiez que je pars d’ici frustré et déçu ».

Contacté par la chaîne Hadashot (ancienne Deuxième chaîne), Yavin s’est refusé à tout commentaire.

Les accusations de Ron surviennent quelques jours après celles lancées par une journaliste de Haaretz, Neri Livneh, qui a indiqué que Yavin s’était rendu coupable de harcèlement sexuel pendant une rencontre de travail dans les années 1980, lui promettant une offre d’emploi alléchante si elle devenait « très, très amie » avec lui.

Yavin, présentateur renommé de l’émission « Mabat » en primetime de la Première chaîne qui a existé entre 1968 et 2008 – et qui, à l’époque, assumait également de hautes fonctions au sein de l’association de radiodiffusion israélienne – aurait invité Livneh à une réunion, durant laquelle il a énuméré les femmes dont il avait fait avancer la carrière.

« Puis il m’a dit : ‘J’ai une offre formidable pour toi. Si on devient bons amis – je veux dire, très, très bons amis »… puis il m’a fait un clin d’oeil au cas où je ne comprenne pas, « j’aurais un super travail pour toi », a raconté Livneh.

Yavin, en réponse, a qualifié ce récit « d’insensé », disant que « ce n’est jamais arrivé ».

Portrait de la journaliste Neri Livneh (Crédit : Flash90)

Yavin a déjà été accusé de harcèlement sexuel dans le passé. Fin 2016, deux femmes avaient ainsi accusé l’ancien présentateur de télévision de toucher les femmes de manière inappropriée et répétée et de faire des commentaires déplacés sur leurs corps.

Ces accusations ont fait surface après que Yavin a dit dans une interview accordée au journal Yedioth Ahronoth que l’atmosphère, auparavant, « était bien plus libre… Si on disait quelque chose, qu’on tapotait, qu’on prenait dans ses bras, qu’on embrassait même, c’était à moitié légitime. Aujourd’hui, on est accusé de harcèlement. Mais je préférais la manière dont les femmes réagissaient à ce moment-là. Si vous pinciez les fesses d’une femme, elle vous donnait une gifle. Aujourd’hui, elle va directement chez un avocat. Je préfère une gifle et que l’histoire soit terminée ».

Lundi, Livneh a confié qu’Alex Gilady, président du groupe Keshet, lui avait montré son sexe durant une rencontre organisée à son domicile il y a des années.

Dans une interview accordée lundi à la Dixième chaîne, Livneh s’est rappelée que Gilady, qui avait alors 56 ans, l’avait contactée en 1999 lorsqu’elle avait 45 ans et lui avait demandé de la rencontrer pour lui faire une importante proposition.

Livneh a expliqué qu’elle s’attendait fortement à ce que Gilady lui offre un poste d’animatrice dans une émission de télévision. Pendant la soirée, Gilady l’avait emmenée boire un café, puis dîner, tout en la présentant à des personnalités mondaines et à des contacts au plus haut de la hiérarchie des médias israéliens qu’il avait été amené à rencontrer. A un moment, Gilady lui avait demandé de l’accompagner dans sa villa privée, disant qu’il voulait regarder une émission qui devait être diffusée.

Elle avait accepté. Lorsqu’ils étaient arrivés, a-t-elle raconté, il était monté à l’étage puis il était redescendu en portant un peignoir par-dessus sa chemise et sa cravate. Il avait ôté son pantalon.

Selon Livneh, Gilady avait alors ouvert le peignoir, exposant son pénis, et a pressé la jeune femme de « lui parler ».

Livneh Livneh a précisé qu’elle avait choisi de s’exprimer pour afficher son soutien à Oshrat Kotler qui, la semaine dernière, a raconté aux téléspectateurs qu’elle avait reçu une « proposition indécente » de la part de Gilady il y a 25 ans, lorsqu’il était directeur-général de Keshet.

A 2009 portrait of Alex Gilady. (Photo credit: Abir Sultan/Flash 90)

Un portrait d’Alex Gilady en 2009 (Crédit : Abir Sultan/Flash 90)

Gilady avait initialement contacté cette dernière en lui offrant de présenter une émission le matin, avait expliqué Kotler. Après avoir refusé ses demandes de l’emmener dîner, lui disant qu’elle était mariée, il avait répondu : « Mais qu’est-ce que cela a donc à voir ? Est-ce que vous ne savez pas comment on monte en grade à Hollywood ? »

Kotler, qui a indiqué ne pas considérer l’incident survenu avec Giladi comme du harcèlement mais qui a insisté sur le fait qu’il était « indécent », a noté qu’elle n’en avait pas parlé plus tôt parce qu’elle s’inquiétait de l’impact possible que cette révélation pourrait avoir sur sa carrière.

Elle lui avait immédiatement demandé de se couvrir puis d’appeler un taxi pour la ramener chez elle. Il avait fait appel à son chauffeur privé. Durant le trajet depuis la villa, a ajouté Livneh, le chauffeur s’était tourné vers elle et avait noté qu’elle rentrait plus tôt que prévu, indiquant que « cela prend habituellement beaucoup plus de temps ».

Les propos de l’employé lui avaient fait comprendre que le comportement adopté par Gilady était habituel.

Après la publication par Livneh de son histoire, dimanche, Gilady a répondu à Haaretz dans un communiqué qui disait que les accusations étaient « majoritairement vraies » mais que rien n’était illégal.

« Ce que les adultes font dans leurs maisons, dans leurs maisons privées et dans le cadre des relations personnelles relève du domaine privé », a-t-il dit.