Israël se doit d’être profondément inquiet par plusieurs évolutions au cours des dernières quelques heures.

Tout d’abord, dimanche soir, il y avait la poursuite des manifestations et des affrontements violents dans plusieurs villes et villages arabes à travers le pays.

Dimanche, c’était la troisième nuit consécutive de protestations arabes en Israël. Cela commence davantage à ressembler à des manifestations soigneusement planifiées, notamment dans le sud – proche de Omer, par exemple – qu’à des échauffourées spontanées.

Le député arabe israélien Ahmed Tibi a déclaré lundi matin que ce sont des manifestations de jeunes Arabes consommés par la frustration et la colère, mais il se pourrait bien qu’elles soient en fait orchestrées.

Une incitation à la haine survenue dans les mosquées du Néguev dimanche semble avoir été délibérément conçue par la branche nord du Mouvement islamique, proche du Hamas, visant à attiser la colère des Arabes en Israël et à provoquer des manifestations similaires à celles d’octobre 2000, au début de ce qui est devenu la deuxième Intifada.

Jusqu’à présent, les jeunes Arabes qui ont envahi les rues en Galilée et dans le Néguev correspondent à une infime minorité. De toute évidence, les dirigeants arabes israéliens – les maires et les politiciens – ne sont pas intéressés par une répétition des manifestations d’il y a 14 ans. Eux, au moins, tentent de ramener le calme.

Le deuxième sujet de préoccupation concerne la Cisjordanie. Dimanche soir ont eu lieu pour la première fois de grandes manifestations à Al-Arub, près de Hébron, au tombeau de Joseph, près de Naplouse, et à proximité de la zone industrielle à la périphérie de Tulkarem.

Jusqu’à présent, l’opinion publique palestinienne en Cisjordanie s’était généralement tenue à l’écart des affrontements et des manifestations de ces derniers jours.

Même vendredi dernier, le jour des funérailles de Mohammed Abou Khdeir, il n’y avait pas de marches ou de grandes manifestations en Cisjordanie.

Jérusalem-Est, en revanche, s’est enflammée – pas seulement dans le quartier de Shuafat d’Abou Khdeir, mais dans d’autres quartiers et villages.

Dimanche soir, cependant, les protestations ne se sont pas propagées en Cisjordanie.

La plupart des Palestiniens de Cisjordanie ne veulent pas d’une troisième Intifada ; l’Autorité palestinienne et ses forces de sécurité non plus. Par conséquent, il faut espérer que l’AP soit en mesure de contenir les manifestations et de maintenir le calme.

Les tirs de roquettes sur le sud sont maintenant devenus une chose banale.

Le slogan « le calme en échange du calme » s’est avéré vide de sens. Israël fait de son mieux pour empêcher l’escalade et répondre modérément à un assez grand assaut de missiles – 30 roquettes tirées sur le sud au cours de la seule journée de dimanche.

Mais ce qui a changé dans la nuit de dimanche, c’est la mort de sept terroristes du Hamas dans l’effondrement d’un tunnel dans la région de Rafiah. Le Hamas affirme qu’Israël a fait sauter le tunnel, provoquant leur mort.

Mais Tal Lev Ram, correspondant militaire à la radio de l’armée, a rapporté lundi matin que les sept ont été tués dans un « accident de travail » : ils sont entrés dans le tunnel, qui a été soufflé il y a quelques jours, et tandis qu’ils évaluaient les dégâts, celui-ci s’est effondré sur eux.

Le problème c’est que même s’il n’y avait pas de représailles israéliennes, le Hamas insisterait encore pour dire qu’Israël est responsable de la mort de ses sept membres. Et l’aile militaire du Hamas se considère par conséquent comme obligée de réagir de plus belle contre Israël.

La voie vers une escalade majeure, celle dont personne ne veut réellement, se raccourcit dangereusement.