Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a rencontré jeudi à Ramallah des centaines de partisans en liesse lors d’une cérémonie en l’honneur de son retour d’un voyage officiel aux Etats-Unis.

« Nous avons pris la caution, et nous gardons la caution », a déclaré Abbas énigmatiquement devant un parterre de partisans.

Des propos rapportés par l’agence de presse officielle palestinienne Wafa. « Vous connaissez toutes les conditions et les circonstances, et je vous affirme que la capitulation n’est pas une option. »

La « caution » peut se référer aux territoires réclamés par les Palestiniens ou au droit de retour des réfugiés palestiniens. Abbas n’a guère précisé.

Au cours d’une réunion qui s’est tenue lundi à Washington, le président américain Barack Obama a exhorté Abbas à prendre des décisions politiques difficiles et à prendre des « risques » pour parvenir à la paix, au même titre que le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Le chef de l’Autorité palestinienne a réitéré de son côté son rejet de l’exigence israélienne que son statut d’Etat juif soit inscrit dans un futur accord de paix. Selon lui, la reconnaissance palestinienne de l’Etat d’Israël est suffisante.

« Tout le monde comprend les grandes lignes d’un futur accord de paix », a déclaré Obama. Un accord qui reflèterait les lignes d’avant 1967 avec échanges de territoires.

Abbas a remercié Obama pour son hospitalité et le « soutien économique et politique des États-Unis accordé à l’Etat palestinien afin qu’il puisse tenir sur ses propres pieds. »

Il a tenu également à souligner les positions palestiniennes : « Travailler sur une solution basée sur la légitimité internationale et les frontières – les frontières de 1967 – afin que les Palestiniens puissent avoir leur propre État indépendant avec Jérusalem-Est pour capitale et trouver une solution juste et durable au problème des réfugiés.»

Dans le même temps, le ministère des Affaires étrangères palestinien a informé Abbas qu’ils étaient fin prêt à réclamer l’adhésion complète aux institutions internationales si Israël ne procède pas à la phase finale de libération des prisonniers, incarcérés avant la signature des Accords d’Oslo, et prévue pour le 29 mars.

Israël a accepté de libérer 104 prisonniers en quatre étapes, sur une période de neuf mois, en contrepartie de la promesse palestinienne de ne pas réclamer l’adhésion à des instances internationales.

Plusieurs membres du cabinet israélien, dont le ministre de l’Economie Naftali Bennett et le vice-ministre de la Défense Danny Danon, ont exprimé publiquement leur opposition à la quatrième phase de libération, qui inclut 14 citoyens israéliens.

Selon Reuters, Israël a averti Abbas qu’il ne procèderait pas à la dernière phase de libération de terroristes si le chef de l’Autorité palestinienne refuse de prolonger les négociations après leur échéance au mois d’avril.

Rebecca Shimoni Stoil a contribué à cet article.