Huit des onze principaux dirigeants des partis politiques en lice pour la Knesset se sont échangés des coups et ont fait campagne jeudi dans le premier débat de ce type en Israël.
 
Au débat, diffusé sur la Deuxième chaîne après avoir été enregistré plus tôt dans la journée, ne participaient pas les deux candidats au poste du Premier ministre, le chef du Likud Benjamin Netanyahu et le chef de file de l’Union sioniste Isaac Herzog, qui ont tous deux choisi de rester à l’écart, de meme que Yaakov Litzman le chef du parti ultra-orthodoxe Yahadout HaTorah.

L’économie et le processus de paix ont dominé le débat souvent houleux au cours duquel les petits partis se disputaient le terrain d’entente politique et les votes des indécis.

Les experts ont salué les performances du leader de HaBayit HaYehudi Naftali Bennett et de la chef du Meretz Zahava Gal-on dans le débat à huit, tandis qu’Avigdor Liberman, le chef du parti Yisrael Beytenu, brillait moins.

Ayman Odeh, le leader à la voix douce de la liste conjointe (arabe) a effectué une première apparition majeure à la télévision nationale, qui a prodigué à la minorité arabe d’Israël un podium sur la scène nationale. Son parti pourrait remporter environ 12 sièges, selon la plupart des sondages.

Les sujets électoraux du coût de la vie et du processus de paix étaient les questions plus abordées, alors que le programme nucléaire de l’Iran n’a presque pas été mentionné.

Les discussions sur des sujets tels que l’enrôlement des ultra-orthodoxes dans l’armée et le rôle des Arabes dans la société israélienne ont été ponctuées par des piques violentes des candidats envers leurs rivaux.

Le chef du parti Yesh Atid, Yair Lapid, a critiqué le leader du Shas Aryeh Deri sur le chômage ultra-orthodoxe, en disant que ce n’était pas juste que la classe moyenne payait pour que les religieux puissent étudier et ne pas servir dans l’armée.

Liberman a attaqué Odeh pour sa condamnation des Arabes qui accomplissent un service national et lui demanda pourquoi il était candidat à la Knesset au lieu de vivre dans les Territoires palestiniens.

« Vous vous définissez comme un Palestinien. Aller chez Abu Mazen », lui a lancé Liberman, en référence au président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.

La journaliste Yonit Levy, qui modérait le débat, intervint, soulignant qu’Odeh était citoyen israélien.

Gal-on a laissé entendre que Bennett et l’extrême-droite étaient responsables de l’assassinat du Premier ministre Yitzhak Rabin.

« Ne vous avisez pas de m’accuser de l’assassinat de Rabin, » a répliqué Bennett.

Il a aussi rejeté l’accusation de chef du parti Shas, Aryeh Deri, que la majorité juive ashkénaze HaBayit HaYehudi avait essayé de jouer la carte ethnique en faisant appel à l’ex-joueur de football séfarade Eli Ohana (qui a plus tard renoncé). « Nous sommes tous des Juifs, » a-t-il dit.

Odeh, le seul non-Juif dans la salle, a alors répondu : « Vous dites que nous sommes tous des Juifs – et moi je dis que nous sommes tous des humains. »

Les Israéliens se rendront aux urnes le 17 mars.

Le débat a été le premier de son genre à présenter les chefs des partis de l’ensemble du spectre politique.

Le dernier débat télévisé entre des candidats au poste de Premier ministre a eu lieu en 1996, entre Netanyahu et le chef du gouvernement d’alors Shimon Peres.