Une première en son genre. Un débat public entre un ancien chef de l’espionnage saoudien et un ancien chef du renseignement militaire israélien aura lieu lundi à Bruxelles.

Le prince Turki bin Faisal Al-Saud , le directeur de l’Intelligence générale de l’Arabie saoudite de 1979 à 2001, discutera des questions urgentes de politique étrangère et de sécurité du Moyen Orient avec Amos Yadlin, qui a dirigé le renseignement militaire d’Israël entre 2006 et 2010, après avoir été commandant adjoint de l’ armée de l’air israélienne.

Al-Saud, le plus jeune fils de l’ancien roi Fayçal, a été ambassadeur du royaume aux États-Unis entre 2005 et 2007. Il est actuellement le président du Centre du Roi Fayçal pour la recherche et les études islamiques à Riyad et a donné de nombreuses conférences sur les relations entre l’Arabie saoudite et l’Occident.

Le débat entre Al-Saud et Yadlin, qui dirige actuellement l’Institut d’études de sécurité nationale de réflexion à Tel-Aviv, sera animé par un chroniqueur du Washington Post et David Ignatius.

Le débat de lundi ne sera pas le premier d’Al-Saud avec des responsables israéliens. En février, lors d’une table ronde sur la sécurité à Munich sur les pourparlers de paix israélo-palestinien, Al-Saud a salué la ministre de la Justice, Tzipi Livni, pour ses efforts pour parvenir vers un accord final.

Al-Saud a dit à Livni de manière chaleureuse qu’il comprenait « pourquoi vous êtes le négociateur pour Israël ». On l’a également vu assis en discussion avec l’ancien Premier ministre israélien Ehud Barak.

Al-Saud est un solide partisan de l’Initiative de paix arabe qu’Israël a accueillie fraîchement. En 2010, à la même conférence de Munich, il s’était disputé publiquement avec l’ancien vice-ministre des Affaires étrangères, Danny Ayalon, sur les dons saoudiens au gouvernement palestinien. Les deux hommes, plus tard, ont présenté des excuses publiques et se sont serré la main.

Bien qu’Israël et l’Arabie saoudite n’aient pas de relations formelles, les deux pays sont de fidèles alliés des États-Unis et sont profondément opposés au programme nucléaire du régime iranien.

Au cours des dernières années, de nombreux rapports médiatiques ont fait surface, alléguant des communications non officielles entre les deux pays.