Le chimiste américain Carl Djerassi, l’un des pères de la pilule contraceptive, est mort dans la nuit de vendredi à samedi à l’âge de 91 ans, a annoncé à Vienne Klaus Albrecht Schröder, le directeur du musée de l’Albertina.

Carl Djerassi avait réussi en 1951 la synthèse de la progestérone, l’hormone qui régule le cycle menstruel.

Cette découverte allait ensuite lui permettre de développer le premier contraceptif oral, en coopération avec les pharmacologues américains Gregory Pincus et John Rock.

Carl Djerassi avait également contribué à la synthèse de la cortisone, employée dans de très nombreux traitements médicaux.

Il écrivait par ailleurs de la poésie et des nouvelles, et était collectionneur d’art.

Il possédait notamment l’une des plus importantes collections privées du peintre allemand Paul Klee (1879-1940), qu’il avait léguée au musée d’art moderne de San Francisco et à l’Albertina.

Carl Djerassi était né à Vienne le 29 octobre 1923 d’un père bulgare et d’une mère autrichienne. L’adolescent juif avait été ensuite chassé de sa terre natale par les nazis, dès l’annexion de l’Autriche par l’Allemagne de Hitler en 1938.

Le même sort avait été subi au même moment par d’innombrables universitaires et scientifiques, dont les Prix Nobel Richard Willstätter (chimie 1915), Erwin Schroedinger (physique 1933) et Victor Hess (physique 1936), et aussi par de futurs Prix Nobel comme l’écrivain et philosophe Elias Canetti (littérature 1981), Walter Kohn (chimie 1998) et Eric Kandel (médecine 2000).