Mesdames et Messieurs,

Je suis très heureux d’accueillir aujourd’hui le Premier ministre Benjamin NETANYAHOU au palais de l’Elysée et je voulais vous remercier, Monsieur le Premier ministre, pour votre venue après que nous avons l’un et l’autre assisté et prononcé un discours à la cérémonie d’hommage aux victimes de la rafle du Vel d’Hiv ensemble.

Cette visite s’inscrit dans une relation active entre nos deux pays.

Nous avions nous-mêmes d’ailleurs échangé téléphoniquement dès le lendemain de mon élection le 8 mai dernier.

Nous nous étions vus à Strasbourg le 1er juillet en marge de l’hommage qui avait été rendu à monsieur KOHL et je suis très sensible à votre présence aujourd’hui, je vous l’ai dit tout à l’heure pour une cérémonie qui était très émouvante et je pense qu’il était important pour beaucoup que vous puissiez être là et ensuite pour cet entretien que nous venons d’avoir.

Le président français Emmanuel Macron (au milieu) avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) et son épouse Sara (à gauche) au Parlement européen à Strasbourg, en France, le 1er juillet 2017 (Crédit : AFP Photo / Patrick Hertzog)

Le président français Emmanuel Macron (au milieu) avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) et son épouse Sara (à gauche) au Parlement européen à Strasbourg, en France, le 1er juillet 2017 (Crédit : AFP Photo / Patrick Hertzog)

Je tiens avant tout à présenter ce matin mes condoléances au Premier ministre NETANYAHOU pour le décès des deux policiers israéliens ce vendredi lors d’une attaque à Jérusalem et redire ici que la France condamne cet acte odieux et se tient aux côtés des familles de victimes et de leurs proches et nous dénonçons comme nous le faisons systématiquement à chaque fois avec beaucoup de force et de constance toute forme de violence.

La France à cet égard rappelle, et je tiens à le faire officiellement et personnellement, le soutien indéfectible et inconditionnel à la sécurité d’Israël.

J’appelle aussi à ce titre à une reprise des négociations entre les Israéliens et les Palestiniens dans le cadre de la recherche d’une solution à deux Etats, Israël et Palestine vivant côte à côte dans des frontières sûres et reconnues avec Jérusalem comme capitale.

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C’est la ligne constante de la diplomatie française à laquelle je tiens profondément et à ce titre, la France se tient prête à appuyer tous les efforts diplomatiques menés dans ce sens selon les paramètres de paix reconnus par la communauté internationale.

« La France à cet égard rappelle, et je tiens à le faire officiellement et personnellement, le soutien indéfectible et inconditionnel à la sécurité d’Israël »

 Emmanuel Macron

Nous en avons évidemment discuté à l’instant avec le Premier ministre NETANYAHOU, il est important pour cela de s’assurer que les conditions de la négociation et de la paix ne sont pas remises en cause dans les faits et que le droit international est respecté par tous et je pense ici à la poursuite des constructions dans les colonies ; nous avons échangé sur ce point et j’ai rappelé quelle était la position française et ma position sur ce sujet.

Je souhaite vraiment que dans le contexte international qui est le nôtre aujourd’hui, tout puisse être fait pour que les négociations avancent, et que précisément la nature du risque régional et de la recomposition qui est à l’œuvre puisse permettre l’ouverture de nouvelles négociations sur ces sujets.

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Nous avons très longuement évoqué la situation au Proche-Orient avec le Premier ministre et toutes les questions régionales. Et je dois dire ici que je partage les inquiétudes israéliennes sur l’armement du Hezbollah au Sud Liban et que nous recherchons et rechercherons la stabilité du Liban dans le respect de toutes ses communautés et que sur ce sujet, je compte poursuivre les actions diplomatiques qui permettront de limiter réduire, éradiquer ce risque.

Des femmes agitent des drapeaux libanais ou du groupe terroriste chiite du Hezbollah devant des portraits du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei (à droite) et le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah, pendant un discours de ce dernier commémorant les dix ans de la deuxième guerre du Liban, à Bint Jbeil, le 13 août 2016. (Crédit : AFP/Mahmoud Zayyat)

Des femmes agitent des drapeaux libanais ou du groupe terroriste chiite du Hezbollah devant des portraits du guide suprême iranien, l’ayatollah
Ali Khamenei (à droite) et le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah, pendant un discours de ce dernier commémorant les dix ans de la deuxième guerre du Liban, à Bint Jbeil, le 13 août 2016. (Crédit : AFP/Mahmoud Zayyat)

Nous avons bien évidemment parlé de la Syrie dont le conflit dure depuis plus de six ans et a provoqué des centaines de milliers de victimes et des millions de réfugiés, j’ai réaffirmé au Premier ministre la nécessité d’enclencher à mes yeux une transition inclusive et durable en Syrie pour garantir la sécurité de la région permettre le retour des réfugiés et rechercher une paix juste pour les Syriens.

Sur ces sujets, la convergence de vue entre nos deux pays est grande et mue par le souci d’assurer la sécurité et la stabilité dans toute la région. Nous sommes également unis dans la lutte contre les groupes terroristes quels qu’ils soient et je veux ici dire et redire que mon travail sur ce sujet sera sans relâche tant ces groupes pour la région, pour l’Europe et pour notre pays ont agi dans les derniers mois et les dernières années avec évidemment les conséquences que nous connaissons.

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Le Premier ministre m’a également exprimé ses inquiétudes face au régime iranien et je l’ai assuré de notre vigilance en particulier sur la mise en œuvre stricte de l’accord sur le nucléaire signé en juillet 2015 dans toutes ses dispositions mais avec la volonté de pouvoir enclencher un dialogue exigeant avec Israël sur le suivi de ce protocole.

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Vous l’avez compris, au-delà donc du sujet du processus de paix, nous avons longuement échangé sur toutes les questions de la région, et sur notre volonté commune d’agir le plus efficacement et le plus rapidement possible pour assurer à la fois la stabilité et une lutte active contre toutes les formes de terrorisme.

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Le ministre français de l'Economie Emmanuel Macron, visite le Technion (Israel Institute of Technology), dans la ville israélienne de Haïfa, - 6 septembre 2015. (Crédit : Neal Badache / FLASH90)

Le ministre français de l’Economie Emmanuel Macron, visite le Technion (Israel Institute of Technology), dans la ville israélienne de Haïfa, – 6 septembre 2015. (Crédit : Neal Badache / FLASH90)

Sur le plan bilatéral, nos deux pays entretiennent des liens anciens depuis les premières heures de la création de l’Etat d’Israël et extrêmement denses dans tous les domaines.

Je souhaite pour ma part et je crois que c’est le souhait du Premier ministre, nous en avons parlé, que ces relations puissent être encore renforcées.

Aussi dans les prochains mois, je demanderai au ministre de l’Economie de se rendre avec une délégation d’entreprises pour étendre justement dans les différents domaines ces liens ; je m’étais moi-même rendu à l’été 2015 au congrès DLD de Tel Aviv et j’avais pu voir la vitalité de l’écosystème israélien.

Donc je souhaite que cette visite puisse se tenir rapidement et je me rendrai moi-même dans les prochains mois à l’invitation faite par le Premier ministre à laquelle je suis très sensible mais qui permettra à la fois sur les sujets économiques comme sur les sujets de sécurité de pouvoir continuer à échanger.

Je pense que dans le domaine de l’économie, du digital, de la cyber-défense comme de la technologie cyber, nous avons beaucoup de choses à faire ensemble et mon souhait est de renforcer encore nos liens.

Enfin, nous avons évoqué avec le Premier ministre la saison culturelle croisée qui se tiendra en France et en Israël en 2018 avec un programme riche et pluridisciplinaire que nous attendons avec impatience qui sera là aussi un temps fort de la relation et qui mobilisera des artistes, des intellectuels nombreux.

J’avais eu l’occasion de les rencontrer lorsque je m’étais rendu en Israël à l’été 2015 et je souhaite que nous puissions aussi utiliser cette saison comme un élément d’intensité et d’illustration de cette relation.

Voilà, Mesdames et Messieurs, ce que je souhaitais ici rappeler suite aux échanges que nous venons d’avoir avec le Premier ministre NETANYAHOU et avant de nombreux échanges que nous nous apprêtons à avoir pour pouvoir faire le suivi de cette discussion en lui redisant la joie et l’honneur qui ont été les miens aujourd’hui de le recevoir à Paris.