Alexandre le Grand venait de mourir et ses héritiers se disputaient le contrôle de son empire fracturé. Dans le tumulte qui a suivi, une famille aisée, vivant dans ce qui est maintenant le Nord d’Israël, a cherché à sauver sa fortune et a caché des objets de valeur dans une grotte de stalactites isolée.

Le trésor, qui comprend des bijoux – d’un type rare – en argent, quelques pièces de monnaie et des perles en agate noires et blanches cachées dans une lampe, reposait tranquillement dans la grotte de calcaire depuis plus de 2 300 ans jusqu’à ce qu’un groupe de spéléologues israéliens soit passé par là le mois dernier.

La découverte apporte un éclairage sur la vie des gens ordinaires à la fin du IVe siècle avant notre ère, ont indiqué dimanche les experts. Ces stalactites formées sur une partie de la poterie aideront les géologues à mieux comprendre leur croissance.

Reuven Zakai, son fils Chen, et un ami, spéléologues amateurs et membres du Club israélien de spéléologie, se sont aventurés profondément en février dans le gouffre isolé. Le sol boueux était jonché de fragments de poterie datant de millénaires, et après quelques heures d’exploration, ils revinrent vers l’entrée.

« Nous avons vu une autre fissure », a confié Zakai au Times of Israel dans les laboratoires de l’Autorité des Antiquités d’Israël à Jérusalem.

Elle était à peine assez large pour s’y faufiler, mais Chen est parvenu à y entrer et a senti les deux pièces au sommet d’un rocher logé à l’intérieur. Le reste du trésor était dessous.

Zakai explore des grottes depuis des années mais n’avait jamais trouvé quelque chose d’analogue.

« Vous trouvez ici et là des morceaux de poterie et autres, mais un trésor de cette importance, c’est exaltant. »

Parce que la grotte, dans un lieu tenu secret du Nord d’Israël, se trouvait dans un endroit très fréquenté par des visiteurs, le trio a rassemblé la découverte et a contacté l’AAI. Ils sont revenus vendredi avec des archéologues et ont découvert le reste du magot.

Pendant que le Dr Eitan Klein expliquait l’importance de la découverte, il vit un petit fragment de la toile, jusqu’à présent inaperçu, dans lequel elle avait été enveloppée dans l’antiquité.

Bien que le sac se soit depuis longtemps désintégré, le trésor est resté intact : cinq bracelets en argent, un ensemble de boucles d’oreilles ornées, deux sceaux – un de pierre et un autre de verre -, huit perles en agate blanches et noires et deux pièces d’argent portant le visage d’Alexandre le Grand.

Alexandre, vêtu de la peau du lion de Némée, assume le personnage d’Hercule, et un Zeus assis figure de l’autre côté de la pièce.

Des numismates travaillent encore pour déterminer quand et où précisément les pièces ont été frappées, ce qui permettra de dater le trésor avec plus de précision.

Klein a déclaré qu’un lot de perles comme celles trouvées, nichées dans une lampe à huile en argile, était une découverte rare : « Elles ont l’air toutes neuves, comme si elles venaient d’être achetées. »

Tenant un des anneaux d’argent dans sa main gantée, Klein a dit qu’il était d’un style jusqu’alors inconnu et que cela aidera à identifier la date de futures découvertes de ce genre.

« Ces articles étaient précieux pour ces personnes. Ils n’auraient pas fait un tel effort, entrer dans une grotte inaccessible, ramper profondément à l’intérieur et les cacher dans une fissure difficile à atteindre pour rien », a déclaré le Eitan Klein, le directeur-adjoint de l’Unité pour la prévention du vol des antiquités.

Que le trésor n’ait pas été récupéré suggère que ses propriétaires n’ont pas survécu.

Klein a déclaré que les propriétaires étaient vraisemblablement aisés, puisque les objets étaient d’une valeur considérable.

« Ces articles étaient chers dans les temps anciens et toujours de nos jours. »

« C’est la première fois que nous trouvons des preuves de personnes ayant fui [leurs maisons] pendant la période d’Alexandre le Grand et de ses successeurs et qui se cachèrent dans des grottes », a-t-il dit.

Amir Ganor, chef des opérations de la lutte contre le vol à l’AAI, a salué « le comportement civique exemplaire » des spéléologues qui ont signalé leur découverte.

« Après le trésor d’or de Césarée, c’est la deuxième fois en un mois que des citoyens ont signalé d’importantes découvertes archéologiques et nous nous félicitons de cette tendance importante », a déclaré Ganor dans un communiqué.

« Leurs actions aideront à compléter les connaissances archéologiques actuelles sur le développement de la société et de la culture en Terre d’Israël dans l’antiquité. »

Des archéologues devraient commencer une étude approfondie de la grotte, qui,lors d’un examen rapide durant le week-end, a déjà mis à jour des objets qui auraient 6 000 ans.

« Il pourrait y avoir des surprises », affirme  Klein.