L’Iran a développé ces dernières années un large programme balistique avec de nombreux missiles de différentes portées qui inquiètent les Etats-Unis mais aussi certains pays de la région, en particulier Israël.

Différents types de missiles

L’Iran a développé ces dernières années plus de quarante types de missiles. Les missiles les plus puissants, Ghadr F et Sejil 2, ont tous les deux une portée d’environ 2 000 kilomètres et sont capables d’atteindre Israël, ennemi juré de l’Iran, mais aussi toutes les bases américaines dans la région.

L’Iran a aussi testé des missiles Ghadr H et Imad, d’une portée de 1.700 kilomètres. Ce dernier missile a été testé fin 2015, après l’accord nucléaire avec les grandes puissances en juillet de la même année. Ce qui a valu à l’Iran des sanctions de la part des Etats-Unis en janvier 2016.

L’Iran a aussi développé des missiles de précision de portées allant de 100 à 700 kilomètres, notamment le missile Zolfagar qui a été utilisé en juin pour frapper des positions du groupe jihadiste Etat islamique (EI) en Syrie en représailles à des attentats contre le Parlement iranien et le mausolée de l’imam Khomeiny à Téhéran.

D’autres missiles sol-mer et sol-air ont également été fabriqués, dont le dernier Sayad 3, avec un rayon d’action de 120 kilomètres et capable de prendre pour cible des avions de chasse, des missiles ou des drones.

« Cités souterraines »

En octobre 2015, la télévision iranienne a montré les images de « cités souterraines » avec des dizaines de missiles entreposés dans d’immenses tunnels et capables d’être envoyés depuis des silos sous terre.

En mai dernier, les Gardiens de la révolution, l’armée d’élite du pays, en charge du programme balistique, a révélé la construction de la troisième usine souterraine pour fabriquer des missiles.

Selon les responsables des Gardiens de la révolution, l’Iran possède trois « cités souterraines » de missiles, qui sont capables d’être utilisées dans un laps de temps très court.

Ces dernières années, l’Iran a aussi développé du combustible solide, ce qui rend l’utilisation des missiles plus rapide, et des missiles à deux temps, renforçant leur précision.

Système anti-missile russes S-300

Aux missiles de fabrication iranienne il faut ajouter le système anti-missile russe S-300, que l’Iran s’est procuré après l’accord nucléaire de juillet 2015. Il est récemment devenu opérationnel, notamment pour protéger les sites nucléaires.

Téhéran développe aussi son propre système anti-missile Bavar 373, qui est « plus avancé que le S-300 », selon les responsables iraniens.

Lanceur de satellite

L’Iran a annoncé jeudi le test d’un lanceur de satellite capable de placer des satellites de 250 kilogrammes à une altitude de 500 kilomètres et l’inauguration de son premier centre de lancement de satellite dans la province de Semnan (Est de Téhéran).

Les Etats-Unis, la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne ont condamné vendredi ce test en affirmant qu’il était contraire à la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations unies adoptée en juillet 2015 pour entériner l’accord nucléaire avec les grandes puissances.

Ils estiment que la résolution interdit à l’Iran les tests de missiles et que la technologie utilisée pour les lanceurs de satellites est identique à celle des missiles balistiques.

La résolution 2231 « appelle l’Iran à ne mener aucune activité liée au développement de missiles conçus pour porter des charges nucléaires » pendant une période de huit ans.

Téhéran a rejeté ces accusations en affirmant que ses missiles ne sont « conçus » pour porter des charges nucléaires et que le pays n’a pas l’intention de produire des bombes atomiques, comme l’a encore affirmé vendredi le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif.