Ce qui a commencé le 12 juin au croisement près d’Alon Shut, dans le Gush Etzion en Cisjordanie, avec l’enlèvement et le meurtre de trois adolescents israéliens, pourrait se conclure près de l’implantation d’Alon Shvut, où la dernière roquette tirée par le Hamas de Gaza – quelques minutes avant le début de la trêve mardi matin – a touché le sol.

Un long fil connecte les faits, de l’enlèvement et le meurtre à l’escalade du conflit que le Hamas a délibérément initié de Gaza contre Israël. L’organisation islamique voulait l’escalade contre Israël, et dans une certaine mesure contre l’Autorité palestinienne, pour améliorer sa réputation auprès des Palestiniens et le public arabe mais aussi pour s’assurer de la survie économique de son pouvoir à Gaza.

Il est bien sûr trop tôt pour déterminer si le cessez-le-feu actuel va durer plus longtemps que les cessez-le-feu précédents. Comme on pouvait s’y attendre, dans les dernières minutes avant 8h00, le Hamas a lancé une salve de roquettes dans plusieurs directions. Une roquette est tombée dans la ville palestinienne de Beit Sahour, près de Bethlehem. Apparemment, rien n’a changé.

Cependant, l’annonce du cessez-le-feu par le seul adulte responsable du Moyen-Orient, l’Egypte – cette fois après avoir consulté le Hamas et le Jihad islamique, plutôt qu’unilatéralement – indiquerait peut-être que cette fois, il y aurait une chance que cela soit un succès. Les Egyptiens, cette fois-ci, ont fait une chose différente.

Contrairement à ce qu’ils avaient fait il y a trois semaines, quand leur proposition de cessez-le-feu a été rejetée par le Hamas, ils ont fait venir une délégation du Hamas au Caire. Ils ont donné l’impression aux dirigeants du Hamas que l’on s’adressait à eux eu lieux de leur donner l’impression qu’on leur crachait à la figure.

De plus, le fait que les factions palestiniennes aient accepté le cadre de travail égyptien et ont abandonné la voie qatarie-turque, marque une victoire significative de l’Egypte dans la bataille pour obtenir la primauté régionale. Et dans une moindre mesure, cela empêche le Hamas de refuser de mettre fin au conflit.

La question cruciale pour le Hamas tourne autour du fait de savoir ce que le Hamas arrivera à obtenir lors des négociations indirectes qui prennent place au Caire entre la délégation israélienne et la délégation palestinienne (qui est composée de représentants du Hamas et du Jihad islamique).

Le seul fait que le Hamas ait accepté l’égide égyptienne et la formulation du Caire – la fin immédiate des hostilités pour pouvoir négocier – est une sorte de défaite humiliante pour le Hamas. Pendant presque trois semaines, le Hamas a rejeté avec insistance la proposition d’un cessez-le-feu sans condition pour que l’on aborde ses demandes. Mais lundi soir, il a changé de cap.

Ce changement démontre la position difficile dans laquelle le Hamas se trouve actuellement. Il possède encore plein de roquettes et sa direction n’est pas touchée. Mais ses infrastructures militaires ont été sévèrement endommagées.

Et pire encore, les infrastructures civiles de gaza ont été endommagées. Des milliers de maisons ont été détruites, et des dizaines de milliers en partie détruites. Il y a plus de 1 800 personnes mortes, selon les chiffres du ministère de la Santé du Hamas – Israël affirme que plus de 900 d’entre eux sont des combattants du Hamas – et plus de 9 500 blessés.

Si, après tout ça, les négociations en Egypte se terminent sans que le Hamas n’obtienne des résultats probants sur la levée du blocus, cela portera un coup dur à la réputation de l’organisation dans l’opinion publique palestinienne.

Un autre aspect va déterminer le statut du Hamas. Cela concerne sa capacité à reconstruire la bande de Gaza. Le fait est qu’aucune hiérarchie palestinienne – l’AP aussi bien que le Hamas – ne pourrait mener à bien ce projet.

Le coût des dommages infligés à Gaza s’élèvent à plus de plusieurs milliards de dollars, et le Hamas ne peut certainement pas s’atteler à cette tâche tout seul.

Le gouvernement de l’AP – le gouvernement d’union Fatah-Hamas avec lequel le gouvernement israélien refuse de coopérer – promet d’essayer de rétablir le courant et l’électricité. Mais la reconstruction va prendre des années. Les milliers et les milliers d’habitants de Shajaiya, Beit Hanoun et d’autres quartiers, vivront dans des tentes en attendant, ne soutiendront pas le Hamas ou l’AP tant qu’ils n’auront pas de nouveaux logements.

A moins qu’il n’y ait une reconstruction spectaculaire et urgente de Gaza, ceux qui profiteront de cette destruction massive seront, malheureusement, les organisations encore plus extrémistes. Déjà très actifs à Gaza, ces groupes vont trouver un terrain fertile pour recruter.

De petits groupes et factions affiliés à Al-Qaïda, qui peuvent faire passer le Hamas pour des petits scouts, pourraient, dans les prochains jours, tirer sur Israël pour humilier le Hamas.

Ce qui amène la question de ce qu’Israël ferait dans ce cas-là. Est-ce qu’il relancerait une campagne à Gaza, ou est-ce qu’il retournerait à sa politique d’avant l’opération Pilier de défense de 2012 qui considérait que le contrôle du Hamas répondait à l’intérêt sécuritaire et était une force protectrice pour l’Etat d’Israël ?