La négociatrice israélienne Tzipi Livni a salué « l’engagement pour le processus de paix » de l’émissaire des Etats-Unis au Proche-Orient Martin Indyk, qui a démissionné vendredi après l’échec de la dernière relance des pourparlers, a rapporté dimanche le journal Haaretz.

« Il s’est personnellement engagé en faveur du processus de paix, comprenant parfaitement quels sont les enjeux et notamment l’importance pour l’avenir d’Israël de parvenir à un accord », a indiqué Tzipi Livni, ministre de la Justice et chargée des pourparlers avec les Palestiniens, citée par le journal Haaretz.

« C’est ce qui l’a guidé dans les moments difficiles et c’est ce que nous continuerons à faire », a plaidé la ministre, qui a maintenu vaille que vaille des contacts avec la direction palestinienne, rencontrant ainsi en mai à Londres le président de l’AP Mahmoud Abbas, une initiative très critiquée au sein de son gouvernement.

Dans un programme TV, on cite des officiels israéliens fustigeant l’envoyé de paix américain qui a démissionné vendredi. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ne veut plus rien avoir à faire avec le diplomate américain Martin Indyk qui a annoncé sa démission vendredi de son poste d’envoyé spécial pour les négociations israélo-palestiniennes, a-t-on annoncé à la TV israélienne vendredi soir.

En ce qui concerne Netanyahu, Indyk « est grillé », a annoncé la Dixième chaîne, reprenant les propos d’un officiel israélien anonyme.

Il se dit que le mécontentement du Premier ministre avec Indyk, l’ancien ambassadeur américain en Israël, provient moins du rôle de l’envoyé américain dans la rupture des négociations de paix que de ses commentaires dans les semaines qui ont suivi l’arrêt de ces négociations en avril.

Netanyahu considère qu’Indyk a critiqué de manière disproportionnée Israël pour l’échec de l’effort de paix de neuf mois mené par les Américains. Le Premier ministre pense qu’Indyk a souligné de manière excessive ses activités de construction d’implantations, tout en négligeant de mettre l’accent sur le rôle des Palestiniens dans la rupture des négociations.

Dans un discours à l’Institut Washington peu après que les négociations aient été arrêtées ce printemps, Indyk a critiqué les deux parties pour l’échec de négociations de paix.

Le même mois, un article du Yedioth Ahronoth, annoncé comme étant basé sur un briefing d’Indyk, a cité des officiels américains anonymes donnant une évaluation cinglante de la gestion de négociations par Netanyahu.

On a indiqué que l’Autorité palestinienne du président Mahmoud Abbas avait complètement abandonné la possibilité d’une solution négociée, et avait averti Israël que les Palestiniens auront un Etat par tous les moyens, soit par organisations internationales soit par la violence.

Les officiels ont souligné que la construction actuelle d’implantations par Netanyahu est la « principale question à critiquer » dans l’échec de l’effort de Kerry entre juillet 2013 et avril 2014 d’obtenir un accord de paix permanent.

Le département d’Etat américain a annoncé vendredi que Indyk allait retrouver son poste de vice-président au centre de réflexion Brookings, mais qu’il continuera néanmoins à « travailler étroitement » avec le secrétaire d’Etat John Kerry et l’administration du président Barack Obama sur le dossier israélo-palestinien.

Kerry a salué son « infatigable travail pour promouvoir la paix entre Israéliens et Palestiniens », et a souligné « l’engagement de l’administration à poursuivre cette tâche en vue d’aboutir à une solution de long terme ».

Signe du peu d’espoir de raviver les négociations qui se sont achevées fin avril, après neuf mois et sans aucune avancée, le département d’Etat a annoncé que John Kerry n’avait pour l’heure pas l’intention de remplacer Indyk de façon permanente.

Son adjoint Frank Lowenstein va lui succéder en qualité d’émissaire par intérim.