BOSTON — Après sept années passées au poste de doyen de la faculté de droit de Harvard, Martha Minow, célèbre spécialiste du droit, experte des droits de l’Homme et leader des causes juives, quittera ses fonctions à la fin de l’année universitaire.

Minow, qui avait commencé à enseigner au sein de la célèbre université en 1981, a déclaré qu’elle resterait sur le site et qu’elle prévoit de revenir à l’enseignement, selon un communiqué émis mardi par la faculté.

Elle aura eu le mérite de diversifier l’université, le corps étudiant et le personnel, d’avoir accru le nombre de cursus disponibles et d’avoir levé un chiffre record de fonds. Parmi les nouveaux programmes initiés sous sa gouvernance, un programme de droit juif et israélien sous la direction du professeur de droit Noah Feldman.

Elle a également influencé des étudiants, dont Barack Obama qui, en 2009, l’avait nommée au bureau du Legal Services Corp., dont elle est dorénavant vice-présidente. Dans son parcours figure une autre nomination notable non-universitaire, à la Commission indépendante et internationale sur le Kosovo.

Dans le monde de la philanthropie juive, Minow a été quatre ans présidente du bureau de la Charles H. Revson Foundation, et elle a été remarquée pour avoir fait avancer l’innovation au sein de l’éducation juive en tant que membre du bureau de la Covenant Foundation. Elle est également membre fondateur de la Jewish Women’s Archive à Boston.

Alan Dershowitz (photo credit: Yossi Zamir/Flash90)

Alan Dershowitz (photo credit: Yossi Zamir/Flash90)

Alan Dershowitz a salué son ancienne collègue qui, selon lui, ne s’est jamais éloignée de sa judéité.

“On peut dire qu’elle fait partie des quelques personnes qui occupent de hautes fonctions à Harvard qui n’hésitent pas à clamer leurs valeurs juives”, ce qui se reflète dans son enseignement et dans son érudition, a-t-il dit à JTA.

Dershowitz, professeur émérite à la faculté de Droit de Harvard, a souligné son implication dans les causes et dans l’éducation juives.

Parmi la douzaine de livres dont Minow est l’auteure, “Not Only for Myself,” dont le titre a été inspiré par une citation du philosophe juif Hillel. En tant que doyenne, a expliqué Dershowitz, Minow « a élevé les droits de l’Homme et le mondialisme au cœur de l’université ».

Dans le communiqué émis par l’université, le président de Harvard, Drew Faust, a salué Minow qui a pu, selon lui, renforcer la faculté de Droit, la rendant plus inclusive.

L’année dernière, la question de la diversité avait placé l’école sous les feux de l’information.

Un groupe d’étudiants avait fait campagne – avec succès – pour la suppression du logo de l’école, qui représentait l’écusson d’un propriétaire d’esclave de la région de Boston. Minow avait épousé la recommandation faite par un comité de supprimer ce sceau mais elle avait également noté dans un courrier adressé aux surveillants de la faculté l’importance de ne pas oublier les liens avec l’esclavage.

Au mois d’avril, une controverse avait vu le jour à l’occasion d’un débat consacré au conflit israélo-palestinien. Un étudiant en droit avait alors interrogé la députée israélienne Tzipi Livni : “Pourquoi êtes-vous aussi nauséabonde ? » Minow avait répondu dans un courriel envoyé à la communauté scolaire.

“Le commentaire était offensant et il a violé la confiance et le respect que nous sommes en droit d’attendre dans notre communauté”, a-t-elle dit. « De nombreuses personnes le perçoivent comme étant antisémite et personne ne peut considérer qu’il ait été approprié ».

L’étudiant avait ultérieurement présenté des excuses.

Lauréate de neuf doctorats honoraires et autres honneurs académiques, Minow a reçu l’été dernier le prix Gittler de la Brandeis University qui rend hommage aux contributions apportées aux relations raciales, ethniques ou religieuses.